Dune (film, 1984)

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Introduction

Dune
RéalisationDavid Lynch
Acteurs principauxFrancesca Annis

Kyle MacLachlan

Sting

Max von Sydow

José Ferrer
ScénarioFrank Herbert (roman)

David Lynch
PhotographieFreddie Francis
MusiqueToto

Brian Eno (Prophecy Theme)

Marty Paich (musique)
ProductionDino De Laurentiis
Société(s) de distributionUniversal Pictures
Budget40 000 000 $
Pays d’origineÉtats-Unis
Langue(s) originale(s)anglais
Durée137 min.
Sortie14 décembre 1984 (première)

Dune est un film américain de science-fiction réalisé par David Lynch, sorti en 1984, d’après Dune, premier roman d’une série écrite par Frank Herbert.

Synopsis

En l’an 10191 AG (Après la Guilde), une seule substance permet de voyager dans l’espace : l’Épice. Cette substance, la plus convoitée de l’univers, ne se trouve que sur la seule planète Arrakis, aussi appelée Dune, planète aride et hostile, couverte de sable. Le Duc Leto Atréides remplace ses ennemis, les Harkonnens, à la tête du fief d’Arrakis, et part s’y installer avec sa concubine Jessica et son fils Paul. Les membres de la Maison Atréides pressentent un piège, tendu par le baron Harkonnen, mais ils doivent obéir à la volonté de l’Empereur. Peu après leur installation sur Dune, les Atréides sont trahis par le médecin personnel du Duc Leto et décimés par une attaque conjointe des forces Harkonnen et des troupes de l’Empereur. Paul et sa mère parviennent à fuir et se retrouvent seuls survivants de la famille Atréides. Perdus en plein désert, ils y rencontrent les Fremen, peuple indigène d’Arrakis et véritable maîtres du désert. Les Fremen attendent la venue d’un Messie qui les délivrera. Se pourrait-il que ce soit Paul ?

Voir : le roman Dune

Fiche technique

  • Titre : Dune
  • Titre original : Dune
  • Réalisation : David Lynch
  • Scénario : David Lynch, d’après les romans éponymes de Frank Herbert
  • Production : Raffaella de Laurentiis, José López Rodero (assistant) et Dino de Laurentiis (producteur exécutif)
  • Sociétés de production : Twentieth Century Fox, Universal Pictures
  • Musique : Toto
  • Musique additionnelle : Brian Eno, Daniel Landis et Roger Eno (thème de la prophétie)
  • Photographie : Freddie Francis
  • Montage : Antony Gibbs
  • Mixage : Bill Varney, Steve Maslow et Kevin O'Connell
  • Décors : Anthony Masters
  • Costumes : Bob Ringwood
  • Directeur artistique : Benjamin Fernandez
  • Effets spéciaux mécaniques : Kit West
  • Effets spéciaux photo : Barry Nolan
  • Effets spéciaux visuels : Albert Whitlock
  • Superviseur des créatures : Carlo Rambaldi
  • Conception sonore, supervision son : Alan Splet
  • Directrice du casting : Jane Jenkins
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Format : Couleur - 2,35:1 - Dolby - 35mm
  • Genre : science fiction
  • Durée : 135 min (2 h 15)
  • Dates de sortie: 14 décembre 1984 (États-Unis); 6 février 1985 (France)

Distribution

Autour du film

Le film de Lynch

Lynch voulait, à l’origine, réaliser un film beaucoup plus long, sa première ébauche durant cinq heures. Le tournage eut lieu au Mexique, où les coûts étaient bien moindres qu’à Hollywood. Néanmoins, l’argent vint à manquer en cours de tournage, et les producteurs exigèrent un format plus court et une grande partie du scénario original fut coupée et remplacée par une narration en voix off.

Lynch réutilisa un certain nombre d'éléments de ses films antérieurs comme, par exemple, le personnage du navigateur de la Guilde qui provient vraisemblablement du bébé alien de son premier film, Eraserhead, et du personnage d'Elephant Man. Un autre procédé est l'utilisation de ronflements graves qui créent un malaise chez le spectateur lorsqu’ils sont utilisés sur de longues périodes.

La difficulté majeure pour profiter du spectacle est qu'il faut être introduit à l’univers de Dune. Le scénario reste complexe et mystérieux pour ceux qui ne connaissent pas cet univers. Malgré la beauté des images, le film a un grave défaut : il exige du spectateur une tension permanente et ne comporte aucune séquence de détente lui permettant de souffler ; aussi arrive t-on fatigué à la fin et quelque peu assourdi par un fond musical toujours fort. En termes financiers, le film fut un désastre (il ruina Dino de Laurentiis) et les contraintes imposées par la production firent que Lynch désavoua ce film, sans toutefois avoir fait retirer son nom du générique comme il l’avait envisagé (ce qu’il fera cependant sur la version longue diffusée à la télévision, signée Alan Smithee). Malgré son peu de succès, le film conserve un certain nombre de fans car c’est une œuvre qui sort incontestablement de l’ordinaire.

Les différents montages

Bien que Lynch ait enfin réussi à faire admettre que la « bonne » version était celle signée par lui au générique, et que cette version semble un très juste équilibre entre des besoins de producteur et des envies de réalisateur, il existe trois versions avec les images tournées par Lynch :

  • Version A : la version d’Hollywood, Universal, que l'on peut considérer comme la version « producteur ». Diffusée à l'origine sous forme de téléfilm à la télévision américaine (à ne pas confondre avec la mini série Dune), et également par certaines chaînes françaises, cette version dure à peu près 1 h 50 min. Elle ne met l'accent que sur l'action, la guerre armée et les conflits d'intérêts. Cette version est apparemment désavouée par Lynch et est fortement décriée par tous les fans du livre.
  • Version B : la version de David Lynch (au générique), la version « auteur ». Elle est reconnaissable à la séquence du début ou l’on voit Irulan, la fille de l’empereur, narratrice au début, introduire l’histoire (disparition, apparition en fondu enchaîné sur fond étoilé). Cette version dure 2 h 15 (135 min). Elle propose un juste équilibre entre les différentes dimensions du livre : astro-politique et éveil de l’esprit (conquête de l’esprit libre, de l'eau sur Arrakis) ; et les démarches artistiques de Lynch (le monde est dans un voile, il est obscurci). Cette version tout à fait honorable, mérite bien d'être reconnue car elle met le doigt sur la dimension spirituelle du film de Lynch et permet de comprendre pourquoi la musique et l'histoire ont à ce point marqué le monde de l'underground techno à ses débuts avec des messages clairs repris à tue-tête : « le dormeur doit se réveiller » (« the sleeper must be awaken »).
  • Version C : la version « retravaillée », sorte de version longue, recadrée au format TV (4/3), en deux parties, elles aussi pour une diffusion télévisée américaine (signé Alan Smithee au générique, pseudonyme utilise dans l'industrie cinématographique américaine pour signer un film auquel aucun réalisateur ne veut associer son nom). Sa durée est de 188 min (plus de 3 h). Cette version comporte la voix-off d’un homme, dont, de temps à autre, des illustrations viennent imager les propos pendant le prologue (prologue tentant pauvrement et à grands renforts d'erreurs – par exemple, le narrateur explique que l'action se situe en 10192 alors qu'en fait il s'agit de 10191, sans parler de la date erronée où le narrateur situe le Jihad Butlérien – d'expliquer le Jihad Butlérien et les forces en présence). La seule scène majeure qui y est présente est celle du bain des vers pour leur faire recracher « l’eau de vie ». Le montage est très maladroit et des séquences identiques se retrouvent à plusieurs endroits, de plus le bleu caractéristique des yeux des Fremen est souvent absent. Cette version est trop touffue, trop détaillée, explicative, et l'on a du mal à suivre les différentes histoires compilées dans la version de Lynch. On comprend que Lynch n'ait pas non plus reconnu cette version, préférant plus de zones d’ombres et plus d’ellipses.
  • Version D : la version hypothétique initialement envisagée de cinq heures. L’argent devait de toute façon manquer pour en tourner toutes les images.

C'est ainsi que Dune rejoint d'autres films ayant eu plusieurs vies :

  • Metropolis de Fritz Lang et ses versions remasterisées, restaurées ainsi que la version initiale définitivement perdue (quelques scènes manquantes).
  • La Guerre des étoiles et ses versions avec ou sans scènes ajoutées.
  • Blade Runner avec sa version producteur américaine et sa version producteur européenne (1982), sa version réalisateur corrigée pour le cinéma (1992), sa version réalisateur (2007) et sa version réalisateur dite « ultime » (fin 2007).
  • Napoléon ou Bonaparte et la Révolution, d’Abel Gance.

Récompenses et nominations

  • Récompenses :
  • Saturn Award 1985 : Meilleurs costumes
  • Nominations :
  • Saturn Awards 1985 : Meilleur film de SF, meilleurs maquillages et meilleurs effets spéciaux
  • Oscar 1985 : Meilleur son
  • Prix Hugo 1985 : Meilleure réalisation dramatique