Ernest Coumet

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Introduction

Ernest Coumet (5 septembre 1933 - 3 janvier 2003) est un historien des sciences et épistémologue français, « homme labyrinthe de l'histoire des sciences » et « remarquable » animateur de séminaires au Centre Alexandre Koyré et à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Biographie

Ernest Coumet est originaire des Basses-Pyrénées et plus précisément du pays Basque. Il est agrégé de philosophie, obtient en 1958 un DES avec un mémoire sur le « comportement inductif » à la faculté de Lettres et Sciences humaines de Bordeaux.

Tout d’abord professeur en lycée, pensionnaire à la Fondation Thiers puis chargé de recherches au CNRS, élève de Georges Canguilhem, en 1963 il commence à fréquenter le Centre Condorcet où il fait la connaissance décisive de Georges-Théodule Guilbaud.

En 1968 il soutient une thèse sur Mersenne, Frénicle et l’élaboration de l’analyse combinatoire dans la première moitié du XVII siècle. Jeune marié, en 1969 il perd sa femme , de qui il avait eu un fils en 1967. Il est alors maître-assistant à l’université Paris-X (Nanterre) puis à Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) en philosophie et épistémologie.

En 1977 il est élu directeur d’études à l’EHESS et accueilli par le centre Alexandre-Koyré où il dirige à partir de 1980 un séminaire d’histoire des sciences à l’âge classique et réanime la Revue de synthèse.

En 1982 il crée et anime avec Marc Barbut et Bernard Bru, au sein du Centre de mathématiques sociales (CMS) de l’EHESS le séminaire d’Histoire du calcul des probabilités dans lequel vont se rencontrer et publier historiens, économistes, sociologues et mathématiciens, européens et américains.

Dès le début des années 1990, Coumet lutte contre plusieurs maladies et en meurt en janvier 2003 ; il avait pris sa retraite en 1998 mais, bien qu’ayant abandonné peu après la direction du séminaire d’Histoire des probabilités, il continua à en être l’animateur. Comme l’a écrit Marc Barbut, cet homme était « foncièrement bon ».

Histoire des sciences et épistémologie

Trois grands axes de recherches : Logique au XIX siècle (Boole, Venn, Lewis Caroll) ; Probabilité aux XVI et XVII siècles à partir des orientations de Georges-Théodule Guilbaud sur une nouvelle lecture des travaux de Blaise Pascal, autour de la question du pari et de la géométrie du hasard, à la lumière de la Théorie des jeux et du rôle fondamental de la culture juridique; Histoire de l’histoire des sciences dans la lignée de Gaston Bachelard et Alexandre Koyré, réflexion sur l’œuvre de Paul Tannery, Pierre Duhem et Auguste Comte. Son article « La théorie du hasard est-elle née par hasard ? », significativement publiée en 1970 dans la Revue de l’École des Annales, a été pour toute une génération d’historien des sciences, le manifeste enthousiasmant d’une nouvelle histoire qui mettait à l’œuvre, dans un dévoilement révélateur, les approches internalistes et externalistes en débat, et habituellement opposées, à l’époque. Avec la bonhomie de son immense culture, c’est cette conception de l’épistémologie historique qu’Ernest Coumet a diffusée pendant 25 ans dans ses séminaires de l’EHESS, un lieu où il fut un « marginal » dans cette École « marginale ».

Publications

  • 1964 – Les jeux de hasard sont-ils une invention du diable, Mathématiques et Sciences humaines, t. 6, p. 23–24.
  • 1970 – La théorie du hasard est-elle née par hasard, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 3, mai-juin, p. 574–598.
  • 1987 – Alexandre Koyré. La Révolution scientifique introuvable ?, dans Science. The renaissance of a history. Proceedings of the international conference Alexandre Koyré, Paris, Collège de France, 10-14 june 1986, éd Pietro Redondi, n° spéc. de History and Technology, vol. IV, 1-4, p. 497–529.
  • 1998 – Auguste Comte. Le calcul des chances, aberration ridicule de l’esprit humain, colloque « Auguste Comte et l’idée d’une science de l’homme », org. Michel Bourdeau, François Chazel, Annie Petit et Bertrand Saint-Sernin, Paris, 26-27 nov 1998.

Il a également rédigé une cinquantaine d’autres travaux (29 publiés et 23 non publiés) listés dans le n 122 de 2001 de Revue de Synthèse.