Entrée principale du Collège de France, au no 11 place Marcelin-Berthelot
Fronton du Collège de France
Cour intérieure du Collège de France, donnant sur la rue Saint-Jacques
Le Collège de France, situé au n 11 place Marcelin-Berthelot dans le quartier latin de Paris (V arrondissement), est un grand établissement d'enseignement et de recherche. Il dispense des cours non diplômant de haut niveau dans des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. L'enseignement y est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française. Être nommé professeur au Collège de France est considéré comme la plus haute distinction dans l'enseignement supérieur français.
Histoire
Sa fondation remonte à l’époque de François I, lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de « lecteurs royaux ». Des humanistes payés par le Roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l'Université de Paris ignorait. Deux postes de professeurs furent initialement créés, un pour le grec et un pour l’hébreu, puis ce nombre passa rapidement à dix avec l'enseignement du droit français, du latin, des mathématiques et de la médecine. Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia » (Il enseigne tout), restera un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en France.
Le Collège Royal par Claude Chastillon - 1612
Ce fut sous le règne d'Henri II qu'il occupa son emplacement actuel, d'abord abrité dans les Collèges de Tréguier et de Cambrai. Leur réunion fut décidée par Henri IV et le projet d'un unique édifice arrêté pour les remplacer et installer également la Bibliothèque royale. Claude Chastillon devait en dessiner l'aspect. L'assassinat du roi limita l'exécution du projet et seule une partie du collège prévu fut réalisée sous la régence de Marie de Médicis (1612).
Ce ne fut qu'en 1772 que des travaux, menés par l'architecte Jean-François Chalgrin, apportèrent des agrandissements autour de la cour d'honneur. Les dernières modifications datent du milieu du XIX siècle. Elles furent dirigées par l'architecte Paul Letarouilly qui donna son aspect actuel au Collège de France. À partir de 1996 sont effectués des travaux dont le but est de créer de nouveaux espaces en sous-sol.
D'abord appelé « Collège royal », il connut différentes appellations (« Collège impérial »), avant de recevoir son nom actuel en 1870.
En 2009, le Collège de France accepte de parrainer le Collège Belgique, université d'été librement calquée sur le modèle de sa consœur parisienne, placée sur l'égide des Académies royale des sciences, des lettres et des beaux-arts, de langue et de littérature françaises et de Médecine de Belgique. L'année suivante, en 2010, pour la première fois de son histoire, le Collège de France s'associe à d'autres institutions d'enseignement supérieur et de recherche en créant la fondation Paris Sciences et Lettres - quartier latin.
Missions
À l'heure actuelle, le Collège est divisé en sept ensembles de disciplines (sciences mathématiques, sciences physiques, sciences naturelles, sciences philosophiques et sociologiques, sciences historiques, philologiques et archéologiques). Il compte 57 chaires, allant des « communications cellulaires » (Jean-Pierre Changeux) aux « équations différentielles et systèmes dynamiques » (Jean-Christophe Yoccoz) en passant par l'« histoire des syncrétismes de la fin de l'Antiquité » (Michel Tardieu) et la « philosophie du langage et de la connaissance » (Jacques Bouveresse), auxquelles il faut adjoindre les nombreuses sommités scientifiques européennes qui sont régulièrement invitées. Depuis 2004, une nouvelle chaire de création artistique a été instituée.
Le Collège de France dispense des cours non diplômants de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L'enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française. Une célèbre photo montre la foule qui venait y écouter Henri Bergson et dont une partie devait suivre le cours, ou tenter de le faire, depuis l'extérieur de la salle (fenêtres ouvertes).
Le Collège de France favorise l'interdisciplinarité comme en témoigne, par exemple, les travaux de la chaire de Philosophie de la connaissance, occupée par Jules Vuillemin de 1962 à 1990, et abordant des champs disciplinaires aussi divers que les mathématiques pures (algèbre, géométrie, analyse), la physique théorique (astronomie, relativité, mécanique quantique, chaos), les sciences de l'ingénieur, la philosophie et les humanités grecques et latines.
Le Collège de France met plusieurs de ses publications à disposition en accès libre sur le Web
Antenne
Il existe une antenne du Collège de France située dans l'Europôle méditerranéenne de l'Arbois à Aix-en-Provence, en lien avec l'Université Paul-Cézanne - Aix-Marseille III. Cette annexe est consacrée aux risques climatiques et sismo-tectoniques et accueille, entre autres chercheurs Xavier Le Pichon (chaire de géodynamique) et Édouard Bard (chaire d'évolution du climat et de l'océan).
Chaires et titulaires actuels
Cour intérieure du Collège de France, donnant sur la rue Saint-Jacques.
Les chaires du collège de France ne sont pas immuables et présentent une grande diversité dans leur dénomination. Depuis sa création sous François I, ce qui donne à cette institution unique une remarquable souplesse, elles peuvent évoluer en fonction des acquis de la science et de la recherche. Cette évolution apparaît lors du départ du titulaire (décès, retraite). Elle est très ouverte car les sciences peuvent succéder aux lettres et les lettres aux mathématiques. L'assemblée des professeurs décide de ces évolutions et attribue une chaire à un savant, non exclusivement sur ses titres universitaires - sans que cet élément soit toutefois la règle - mais d'abord sur la renommée et l'importance de ses travaux.
Plaque commémorative devant l'ancien laboratoire de Claude Bernard donnant sur la rue des Écoles.
Pierre Bourdieu, qui y a enseigné, le qualifiait de « lieu de sacralisation des hérétiques ». Parmi les professeurs ayant enseigné au Collège de France, on peut citer :
Chaque enseignant est élu par l'ensemble de ses pairs. Les chaires couvrent des champs variés, et ont parfois une définition plus thématique que disciplinaire.
Les professeurs assurent souvent une partie de leurs conférences en France ou à l'étranger. Beaucoup des cours et conférences du Collège de France sont diffusés sur son site web et disponibles en audio ou en vidéo. Certaines sont cependant diffusées sur France Culture.
Bibliothèques du Collège
Depuis 1936, le Collège a rassemblé les ouvrages en sa possession dans une bibliothèque générale, des bibliothèques spécialisées se développant auprès de quelques chaires.
Sa bibliothèque d'égyptologie est spécialisée sur l'Égypte pharaonique, l'Égypte chrétienne, sur les linguistiques hiéroglyphiques, hiératiques, démotiques et coptes, sur l'histoire et l'archéologie de l'Égypte et de la Nubie. Elle conserve les fonds d'archives scientifiques des professeurs titulaires de la chaire et d'égyptologues français et étrangers.
Égyptologie
Le Collège de France abrite le siège de la Société française d'égyptologie (secrétariat : entrée 22 rue des Bernardins, Paris V).
Le bâtiment
Le bâtiment principal est réalisé par l'architecte Jean-François Chalgrin en 1780. Il est entouré de bâtiments de laboratoires modernes. Deux autres immeubles sont dévolus au Collège de France à Paris, près du Panthéon et près du ministère de la Recherche.
En 1837, cette chaire est scindée en deux : une chaire d'histoire naturelle des corps inorganique, tenue par Élie de Beaumont jusqu'en 1874, et une chaire d'histoire naturelle des corps organiques.