Eurocopter EC665 Tigre

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Introduction

Tigre
Eurocopter EC665 Tigre
RôleHélicoptère d'attaque
ConstructeurAllemagne France Eurocopter
Premier vol27 avril 1991
Mise en service2003
Date de retraitToujours en service
Coût unitaire32 millions d'€
Nombre construit206 (fin 2007)
VersionsUHT : version antichar avec viseur de mât et missiles HOT 2

HAP : version d'appui-protection de 68 roquettes de 68 mm, de 4 missiles Mistral et d'un canon de 30 mm

HAD : version appui-destruction équipée de l'armement du HAP et de missiles antichars

ARH : version reconnaissance développée pour l'Australie équipée d'un canon de 30 mm, de roquettes de 70 mm et de missiles Hellfire
Équipage
2 (pilote + tireur)
Motorisation
MoteurRolls-Royce / Turboméca / MTU (MTU Aero Engines) MTR390
Nombre2
TypeTurbine
Puissance unitaire873 kW - 1 170 ch
Nombre de pales4
Dimensions
Diamètre du rotor13 m
Longueur15,80 m (hors tout, rotors tournant) - fuselage : 14,08 m
Hauteur3,83 m (HAP/HAD) - viseur de mât compris (UHT) : 5,20 m
Masses
À vide3060 kg
Carburant1080 kg
Maximale6100 kg
Performances
Vitesse maximale280 km/h
Plafond4000 m
Vitesse ascensionnelle642 m/min
Distance franchissable800 km (combat) - avec réservoirs externes : 1 300 km
Armement
Interne1 canon GIAT 30 de 30 mm en tourelle (HAP/ARH/HAD)

1 x 12,7 mm ou 20 mm en nacelle (UHT)
Externe2 paniers de 22 roquettes de 68 mm

4 missiles air-air Mistral (HAP/HAD) 8 missiles anti-char Trigat-LR et/ou HOT et/ou AGM-114 Hellfire
Avionique
Système de visée OSIRIS (Sagem)

L'Eurocopter Tigre (ou EC665) est un hélicoptère d'attaque construit par Eurocopter.

Histoire

En 1984, les gouvernements allemand et français définirent leur demande pour un hélicoptère multi-rôles pour le champ de bataille. Les entreprises retenues furent l'Aérospatiale et MBB qui travaillèrent en coopération.

Ce fut le 2 hélicoptère spécifiquement conçu pour les théâtres de combat européens. En Italie, un hélicoptère du même type avait déjà fait un premier vol : l'Agusta A.129 Mangusta.

Après une longue période de gestation peu fructueuse et en raison de son coût élevé, le programme fut d'abord annulé en 1986 puis repris l'année suivante. En novembre 1989, la société Eurocopter reçut un contrat pour fabriquer cinq prototypes dont une version allemande anti-char et une version française d'escorte. Le premier prototype vola le 27 avril 1991. Lorsque les divisions Hélicoptères des sociétés Aérospatiale et MBB fusionnèrent en 1992 pour former le groupe Eurocopter, le programme Tigre y fut intégré.

L'hélicoptère fit sa première apparition publique importante dans le film James Bond Goldeneye en 1995 où le vol d'un prototype est un élément essentiel de l'intrigue (il faut noter cependant que le vrai Tigre n'a pas de « cockpit éjectable » seuls les plexiglass latéraux sont éjectables. L'hélicoptère russe Kamov Ka-50 Hokum est le seul à être doté d'un système d'éjection du pilote).

La production en série commença en mars 2002. Le premier Tigre réceptionné (HAP 2001) a été livré à l'École franco-allemande (EFA) de l'Aviation légère de l'armée de terre en avril 2005.

En décembre 2001, l'Australie passe une commande pour 22 machines de type reconnaissance armée (ARH), avec tourelle canon, roquettes et missiles air-sol américains Hellfire. Une partie de l'assemblage aura lieu sur place.

En décembre 2005, l'Espagne commande 24 appareils équipés de moteurs plus puissants (de 14%), le Tigre HAD (appui feu & destruction) qui combine canon, roquettes et missiles air-sol.

Fin d'année 2007, l'EHAP (Escadrille d'hélicoptère d'appui protection) « Corsaires » du 5 RHC (Régiment d'hélicoptères de combat) possède 4 Tigre HAP sur les 8 que devrait compter l'escadrille quand elle sera complète. À terme, le régiment comptera 16 Tigre et le DAOS (Détachement ALAT des opérations spéciales) basé également à Pau en utilisera 4. 8 hélicoptères seront livrés en 2009. (17 ont été livrés à l'armée de terre française fin 2008)

Le Tigre ne sera opérationnel dans l'armée française (5 régiment d'hélicoptères de combat de Pau) qu'en décembre 2008 après sa phase d'expérimentation tactique ainsi que sa mise au standard naval. Cette dernière a été homologuée du Mistral le 9 décembre 2009 et est suivie le lendemain de tirs réels air-mer et air-sol de roquettes et canon sur les polygones de tir de l'île du Levant (de jour) et au camp de Canjuers (de nuit).

Fin mai 2010, le ministère allemand de la Défense a décidé de geler l'achat de nouveaux appareils suite à une répétition des défaillances sur les modèles UHT et à des retards de livraison. Seuls 11 des 80 modèles commandés ont été livrés par ailleurs dans une version non définitive au point que contrairement à leur homologues français (HAD et HAP), ils ne sont toujours pas opérationnels.

Caractéristiques de l'appareil

Le Tigre lors du défilé du 14 juillet 2008

Le coût unitaire d'un tel hélicoptère est de 32 millions d'euros (deux fois plus qu'un NH90). En 2007, l'hélicoptère Tigre commence seulement son expérimentation opérationnelle dans l'aviation légère de l'armée de terre française. À ce titre, ses capacités sont moins connues du grand public que celles d'hélicoptères concurrents (AH-64 Apache, Mi-28…) mais l’hélicoptère franco-allemand Tigre est un engin aux performances proches : pesant 6 tonnes, équipé d'un rotor quadripale de 13 mètres de diamètre et motorisé par deux turbines MTR 390 de 1285 ch de puissance chacune au décollage. Grâce à une cellule entièrement en matériaux composites, l'ensemble de la structure est allégé et s'en trouve plus maniable, avec une suppression des criques métalliques et un renforcement de la résistance en cas de crash au sol.

L'excellente manœuvrabilité (qui lui permet de faire un looping), conséquence de sa cellule en composite, lui permet notamment de se déplacer agilement à travers les différents théâtres d'opération, notamment les montagnes.

Le Tigre atteint la vitesse de 280 km/h pour une autonomie exceptionnelle de 800 km, sans réservoirs de convoyage supplémentaires.

De par sa conception récente, il ne nécessite qu'une faible maintenance pouvant être effectuée directement sur le théâtre des opérations avec une équipe de 4 ou 5 personnes, quatre ou cinq fois moins importante que pour les hélicoptères concurrents. Comme sur la plupart des hélicoptères de combat, pilote et tireur sont placés l'un derrière l'autre, ce qui permet de réduire la largeur de l'appareil et donc sa vulnérabilité aux tirs frontaux ennemis. Le tireur est placé à l'arrière de l'appareil. Aussi, pour améliorer sa visibilité, son siège est légèrement surélevé par rapport à celui du pilote.

Les versions appui-protection (HAP, HAD, HAR) sont équipées d'un viseur placé sur le toit du poste de pilotage. La version allemande UHT (Unterstützungshubschrauber Tiger) plus spécialisée dans le rôle antichar, le viseur est monté au-dessus du rotor principal. Sur cette version, le canon est installé dans une nacelle accrochée sous une ailette.

Avionique

Le Tigre dispose, de jour comme de nuit, d'une précision de destruction de cibles inégalée . Ses systèmes de visée calculent instantanément la trajectoire de la cible. À titre d'exemple, lorsque sa tourelle-canon tire une rafale de 10 obus de 30 mm, de jour ou de nuit, une cible mobile ou immobile, même distante de 1 km, n'a pratiquement aucune chance de survie . Ce type de conduite de tir n'existe sur aucun des hélicoptères en service jusqu'à présent (11/2007). Le Tigre doit largement sa légèreté à sa structure ultramoderne, constituée à 80 % de matériaux composites, essentiellement du Kevlar et des fibres de carbone. Sans être furtif, il renvoie une image radar et infrarouge minimale, grâce au design étudié des surfaces, aux peintures absorbantes utilisées et au système réducteur de signature thermique appliqué à l'échappement des turbines. Celles-ci sont par ailleurs séparées par une plaque blindée, afin d'éviter la perte des deux en cas d'impact direct sur l'une d'entre elles. L'avionique comprend les éléments suivants :

  • Une paire de bus de transfert de données redondants ;
  • Quatre écrans couleur multifonctions, deux pour le pilote et deux pour le tireur ;
  • Des systèmes de navigation autonomes ;
  • Un système de pilote automatique ;
  • Un générateur de carte numériques;
  • Des détecteurs d'alerte radar et laser.

Utilisateurs

Le Tigre sera utilisé par les pays suivants (nombre d'appareils en commande : ferme + option) :

  •  Allemagne: 80 version UHT
  •  Australie: 22 version ARH
  •  France: 40 HAD et 40 HAP
  •  Espagne: 24 version HAD

Suite à la décision du président de la République française de lancer en décembre 2008 un Plan de relance de l'économie française doté d'un budget de 26 milliards d'euros financé grâce à la dette de l'État, le Ministère de la Défense bénéficie de 2,325 milliards d’euros. « Vont être étudiées, dans le respect du modèle du Livre blanc, des commandes avancées de certains programmes d’armement tels (...) l’hélicoptère Tigre » .

Déploiement

Le premier déploiement en opérations de Tigre a lieu le 27 juillet 2009 lorsque trois appareils HAP du 5 régiment d'hélicoptères de combat de l'Aviation légère de l'armée de terre sont détachés au profit des Forces françaises en Afghanistan. Le 20 août 2009, l'un d'entre-eux a ouvert le feu pour la première fois en conditions opérationnelles. Douze roquettes ont été tirées en riposte à un tir de mitrailleuse lourde de 14,5 mm.

Apparitions

Le Tigre UHT faisant un looping (boucle)

Le Tigre au salon de l'aéronautique de Pau (Juin 2009)