Médecine
Il s'intéresse à une maladie sexuellement transmissible qui fait des ravages en Europe, la syphilis. Au XVI siècle, cette maladie porte différents noms selon les régions, qui ont chacun pour objectif de rejeter la faute sur son voisin. Ainsi, elle est connue comme la maladie espagnole, la gale napolitaine ou encore la vérole française. À partir du XVII siècle, le terme de maladie vénérienne est utilisée et le terme de syphilis n'est quant à lui largement utilisé qu'à partir du XIX siècle. Fracastoro fait la synthèse de ses travaux dans Syphilis Sive Morbus Gallicus (Syphilis, ou la maladie française) qui est publié en 1530. Écrit sous forme de poèmes et composé de trois livres, Fracastoro présente dans le premier tome l'apparition de la maladie et les troubles qu'elle cause, dans le deuxième les traitements possibles et l'étude du cas d'un homme qui aurait trouvé un remède par des bains de mercure et enfin le troisième tome est un conte allégorique où un beau berger du nom de Syphilis (qui en grec signifie un "don d'amitié réciproque" ) se voit atteint d'une maladie le rendant hideux après avoir mis en colère le dieu du Soleil Apollon. Mais au final, ce dernier est guéri par le bois de gaïac, un nouveau médicament révélé .
Une autre importante contribution à la médecine est son ouvrage De Contagione et Contagiosis Morbis (De la contagion et des maladies infectieuses) paru en 1546. Dans cet ouvrage il étudie plusieurs maladies et présente le diascordium qui est une préparation à base de scordium . Se basant sur l'étude de diverses maladies comme la syphilis, la tuberculose, la lèpre ou encore la gale, il propose une théorie sur la contagion. Selon cette théorie, les maladies infectieuses se propagent via des organismes vivants (des seminaria contigionis). Pour passer d'un individu à l'autre les seminaria contigionis doivent être petits (à tel point qu'ils sont invisibles à l'œil nu) et pouvoir se reproduire. Il propose trois modes de transmissions selon les maladies :
- direct : où les individus infectés par les seminaria contigionis entre en contact direct avec des personnes saines
- indirect : où les seminaria contigionis ont comme support l'air et divers objets qui entrent en contact avec les individus, comme c'est le cas de la tuberculose
- à distance : où les seminaria contigionis seraient attirés par les humeurs de certains individus. Par humeur, il faut comprendre les prédispositions génétiques. Car il avait remarqué que certains personnes d'une même famille était atteinte de la même maladie sur plusieurs générations et au même âge
Bien qu'ayant utilisé un instrument optique de grossissement en 1539 , il ne put confirmer ou infirmer l'existence des seminaria contigionis, car à cette époque les instruments étaient encore rudimentaires. Ce n'est qu'avec l'invention du microscope optique et son utilisation en biologie par Antoni van Leeuwenhoek que les micro-organismes (alors appelés animalcules) ont été découverts, confirmant ainsi l'intuition de Fracastor, mais également celle de Ibn al-Khatib deux siècles plutôt. Les travaux de ces deux hommes ont posé les bases de l'épidémiologie .
Ses travaux l'amènent à donner des conseils de santé publique dans De Contagione et Contagiosis Morbis, tels que être « dans une maison propre et aérée, pas trop chaude pour que les pores de la peau ne s’ouvrent pas trop ». Cette notion de chaleur est interpréter faussement en perpétuant l'idée que la toilette à l'eau chaude favorisait l'entrée des miasmes dans le corps par la dilatation des pores sous l'effet de la chaleur .
Astronomie
Il s'intéresse également à l'astronomie et est l'auteur en 1538 de Homocentricorum Sive De Stellis Liber (Homocentricité, ou le livre des étoiles), dans lequel il développe un vaste système de 77 ou 79 sphères homocentriques (théorie initiée par Eudoxe de Cnide avec beaucoup moins de sphères). Ce modèle n'est pas aussi révolutionnaire que celui de Nicolas Copernic dans son ouvrage Des révolutions des sphères célestes qui initie l'héliocentrisme .
Il observe, indépendamment de l'astronome allemand Petrus Apianus, que la queue des comètes est orientée à l'opposé du Soleil, mettant ainsi en évidence l'effet des vents solaires .