Introduction
La grotte du Lazaret est un site préhistorique du Paléolithique moyen se trouvant au pied du mont Boron, dans la banlieue de Nice (Alpes-Maritimes).
Elle est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du 21 mars 1963.
La grotte du Lazaret est un site préhistorique du Paléolithique moyen se trouvant au pied du mont Boron, dans la banlieue de Nice (Alpes-Maritimes).
Elle est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du 21 mars 1963.

Fouille et vue de l'intérieur de la grotte du Lazaret.
Longue d’une quarantaine de mètres sur une vingtaine de mètres de large, la grotte s’ouvre à environ 30 m au-dessus du niveau actuel de la mer. Elle est connue depuis 1826 et a fait l’objet de fouilles à partir de 1950 sous la direction de F.C.E. Octobon, puis à partir de 1962 sous celle de H. de Lumley.
La séquence stratigraphique, puissante de plus de 8 m, comporte un ensemble de niveaux attribués au Pléistocène moyen récent. Les principales occupations préhistoriques ont été datées par U/Th et ESR de 130 à 170 000 ans (OIS 6).
Les industries lithiques mises au jour ont été rapportées à l’Acheuléen moyen et à l’Acheuléen supérieur du fait de la présence de quelques bifaces. Toutefois la production est largement orientée vers l’obtention d’éclats destinés à être retouchés en racloirs, denticulés, encoches ou pointes. Les méthodes mises en œuvre sont le débitage Levallois et le débitage Discoïde. L’industrie évoque donc plutôt un Paléolithique moyen ancien qu’un véritable Acheuléen. Les matériaux employés sont d’origine proche (galets de calcaires marneux ou silicifiés) ou plus lointaine (silex, jaspe, quartzite fin, rhyolite).
Les restes fauniques découverts sont dominés par le cerf et le bouquetin, auxquels s’associent le cheval, l’aurochs, le rhinocéros laineux et l’éléphant. Quelques restes de carnivores sont également présents : loup, renard, lynx, panthère, ours. Des restes d’oiseaux (pyrrhocorax, pigeons, pie, merle), de rongeurs (lapin, mulot) et des coquillages marins et terrestres ont également été recueillis.
La grotte a également livré différents vestiges humains dont quelques dents et un pariétal droit d’enfant. Ce dernier a été mis au jour dans un niveau daté d’environ - 170 000 ans.

Une représentation traditionnelle de la « cabane » du Lazaret.
Le site a également été rendu célèbre par la reconstitution très détaillée d’une cabane, proposée par H. de Lumley à partir de la fouille de l’un des niveaux de la grotte. Cette reconstitution constitue un chapitre important d’une monographie consacrée au site en 1969 .
Contre la paroi rocheuse se serait tenue une aire d’habitat de 11 m sur 3,50 m, délimitée par une ceinture de pierres sèches (plan et reconstitution de la cabane d'après la monographie de 1969). Ces pierres auraient permis de maintenir une superstructure en bois recouverte de peaux. Les ossements et les outils acheuléens auraient été présents à l’intérieur de cet espace domestique et pas à l’extérieur. Des discontinuités dans la ceinture de pierre correspondraient aux portes. La présence de petits coquillages marins indiquerait l’utilisation de litières d’algues, elles-mêmes couvertes de peaux d’animaux à fourrure (loup, renard, lynx, panthère) dont la présence est trahie par les restes d’extrémités des pattes.
Différents auteurs ont émis de sérieux doutes quant à la crédibilité de ce modèle . En se basant sur une série d’arguments taphonomiques et archéologiques, P. Villa démontre qu’aucun crédit ne peut être accordé à l’hypothèse de l’existence d’une « cabane acheuléenne » dans la grotte du Lazaret :
En outre, la relative concentration de pierres dans certains secteurs n’est pas nécessairement anthropique et peut s’expliquer par des phénomènes naturels puisqu’elle correspond à une ouverture dans le plafond de la grotte.