Gustave Rouland
Jeunesse
Gustave Rouland nait le 3 février 1806 à Yvetot où son père, Maître Claude François Rouland est avoué. Sa mère, née, Rose Marguerite Mayeu, originaire d'Ourville-en-Caux, décède des suites de cette naissance.
Le jeune Gustave fait de brillantes études au collège royal de Rouen, il y est interne, puis à la faculté de Droit de Paris. Son père décède en 1826. Il est reçu avocat l'année suivante.
Il choisit d'entrer dans la magistrature et est nommé juge-auditeur au tribunal des Andelys. Il épouse en 1828 Julie Félicité Cappon, la fille d'un greffier dieppois. Cette même année il devient substitut du procureur du roi à Louviers, puis à Évreux en juin 1831. En 1832, il est désigné comme procureur du roi à Dieppe, il n'occupe ce poste que quelques mois car en octobre, il gagne Rouen où il demeurera jusqu'en 1843, il y sera successivement: Substitut du procureur général à la cour royale et Premier avocat général. En 1841 il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il est nommé à Douai comme procureur général en avril 1843.
Politique
Gustave Rouland est élu le 1er août 1846, député du 7ème collège de la Seine-Inférieure, Dieppe. C'est cette même année qu'il est élevé au grade d'officier dans l'ordre de la Légion d'Honneur. Il siège dans les rangs de la majorité, des députés dits guizotins et en qualité de juriste prend souvent la parole sur les questions de législation. Le 23 mai 1847, il est nommé avocat général à la Cour de cassation.
Il préféra démissionner de ce poste lors de la Révolution de 1848, mais Odilon Barrot, nouveau chef du gouvernement et ministre de la Justice, le rappela dans ses fonctions le 10 juillet 1849. Il adhéra à l'Empire et fut promu procureur général de la cour de Paris 1853. C'est lui qui prononcera le réquisitoire contre Giovanni Pianori, accusé de tentative d'assassinat contre Napoléon III sur les Champs-Élysées; Pianori sera guillotiné.
À la mort du ministre des cultes, Hippolyte Fortoul et à la suite du bref intérim du ministre de la guerre, Jean Baptiste Philibert Vaillant, l'empereur lui confire le ministère de l'Instruction publique et des Cultes. Il occupera ce poste du 13 août 1856 au 24 juin 1863, sept ans, le plus long exercice pour ce portefeuille.
L'instruction publique
« Quand Rouland prit possession du portefeuille de l'instruction publique et des cultes, après l'intérim du maréchal Vaillant, il s'en fallait du tout que l'Université fût réconciliée avec l'empire. », écrit Ferdinand Buisson.
Rouland eut à travailler dans des conditions difficiles, ne pouvant jamais heurter de front les ultramontains, il souhaite néanmoins affranchir l'enseignement de la toute puissance du clergé, même si il juge important que la religion soit enseignée à l'école.
Pour connaître les besoins de l'école primaire, Rouland fait mettre au concours pour les instituteurs publics de France la question suivante:« Les besoins de l’instruction primaire et les réformes qu’ils leur semblaient nécessaires, au triple point de vue de l’école, des élèves et du maître » On promettait une récompense de 1.200 francs au premier classé, 600 francs au second et 200 francs à chacune des six mentions honorables. Il y eu plus de six milles mémoires en réponse, sur lesquels mille deux cent sept obtinrent la note Bien. Il fallut même augmenter le nombre des récompenses.
Rouland augmente le salaire des instituteurs et se préoccupe du versement régulier du salaire du institutrices. Il fait rédiger un projet de loi, qui n'aboutit pas, sur l'obligation d'ouvrir une école de filles dans toutes les communes de 500 habitants ainsi qu'une école normale d'institutrices par académie. Il ébauche l'organisation de l'enseignement professionnel.
Gustave Rouland passe pour être l'inventeur des bibliothèques scolaires. L'arrêté du premier juin 1862 commençait par ces mots:« Il sera établi dans chaque école publique primaire une bibliothèque scolaire. Cette bibliothèque sera placée sous la surveillance de l'instituteur dans une des salles de l'école dont elle est la propriété. Les livres seront rangés dans une armoire-bibliothèque conforme au modèle annexé à la circulaire du 31 mai 1860... »
Il favorise l'essor des sociétés savantes sur le territoire français auxquelles il reconnaît le mérite de diffuser la Culture et la connaissance dans différents milieux. Pour ce faire, il institue en 1858 trois prix de 1500 francs récompensant les meilleurs travaux en Sciences, Archéologie, Philologie et Histoire.
En 1862 il est élevé au grade de Grand-croix de la Légion d'honneur.
Remplacé par Victor Duruy le 22 juin 1863, il devint vice-président du Sénat, Ministre présidant le conseil d'État, Président du Conseil d'État du 18 octobre 1863 au 28 septembre 1864 et enfin gouverneur de la Banque de France de 1864 à 1879.
La fin
Gustave Rouland décède le 12 décembre 1878, dans ses bureaux de la Banque de France victime d'un accès de goutte. Ses obsèques ont lieu deux jours plus tard, en l'Eglise Notre-Dame-des-Victoires. C'est la Banque de France qui organise et prend en charge son enterrement puisqu'il est mort dans l'exercice de ses fonctions. Il est inhumé à Omonville, village voisin de sa propriété de Bertreville-Saint-Ouen.
Hommage
Une rue de Dieppe porte son nom.
