Hirondelle rustique

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Introduction

Hirondelle rustique
Hirundo rustica
Classification (COI)
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
ClasseAves
OrdrePassériformes
FamilleHirundinidae
GenreHirundo
Nom binominal
Hirundo rustica

Linnaeus, 1758
Statut de conservation IUCN :

LC  : Préoccupation mineure

Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.
Répartition géographique
Hirundo rustica.png

L'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) est une espèce de petit oiseau migrateur vivant en Europe, Asie, Afrique et en Amérique, connue également sous le nom d'Hirondelle de cheminée ou d'hirondelle des granges. Elle se distingue par sa longue queue fourchue et sa gorge rouge. Elle niche dans un nid fait de terre séchée, accroché sous un toit, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur, en ville ou à la campagne, souvent dans des granges ouvertes. Elle se nourrit essentiellement d'insectes attrapés en vol.

Il existe 6 sous-espèces d'Hirondelle rustique, se reproduisant toutes dans l'hémisphère Nord. Quatre d'entre elles sont migratrices, et hivernent dans l'hémisphère Sud, dans des régions parfois très éloignées comme l'Argentine, la province du Cap en Afrique du Sud ou le nord de l'Australie. Du fait de sa large distribution géographique, l'Hirondelle rustique n'est pas menacée.

L'Hirondelle rustique est un oiseau qui aime les paysages ouverts, et qui utilise généralement les constructions humaines pour confectionner son nid. Cette espèce s'est donc beaucoup développée avec l'expansion humaine. Elle fabrique son nid en forme de coupe à partir de morceaux de terre séchée à l'intérieur de granges ou de bâtiment du même type, et se nourrit d'insectes attrapés au vol. Cette espèce vit en association avec l'homme, son régime alimentaire insectivore faisant qu'elle soit tolérée dans les bâtiments. De vieilles superstitions concernant cet oiseau et son nid ont également contribué à la faire accepter. La littérature et la religion font souvent référence à l'Hirondelle rustique, cet oiseau vivant proche de l'homme et le fascinant par ses habitudes migratoires. L'Hirondelle rustique est l'oiseau national de l'Estonie.

Étymologie

Le nom du genre Hirundo signifie en latin hirondelle, aronde, et en grec χελιδών: hirondelle)

Description morphologique

Dimensions

Détail de la tête d'une jeune hirondelle rustique

L'Hirondelle rustique mâle adulte, appartenant à la sous-espèce H. r. rustica, mesure 17 à 19 cm de long, dont 2 à 7 cm de plumes allongées de la queue. Il a une envergure de 32 à 34,5 cm, pour un poids de 16 à 22 grammes.

Morphologie et plumage

La silhouette fine et élancée de cette hirondelle la rend aisément reconnaissable. On remarque sa queue largement échancrée, très effilée aux deux extrémités, appelées filets, et ornée d'une petite rangée de taches blanches visible en vol. Le dessus, de la tête à la queue, est bleu sombre et présente un certain éclat métallique. La gorge, les joues et le pourtour du bec sont rouge brique, souligné par une bande pectorale plus sombre, et le dessous de l'oiseau est blanc crème avec des reflets roux. La calotte et la nuque sont bleu-noir, le tour des yeux est noir, tout comme les yeux les courtes pattes, les doigts et le bec. Ce dernier est fin et court. À la différence des autres hirundinidés, son croupion n'est pas marqué de blanc.

La femelle est semblable au mâle, mais les plumes de la queue sont plus courtes, le bleu du dessus et de la poitrine est moins glacé, et le dessous est plus pâle. Les jeunes sont plus ternes, avec une tête d'un roux plus pâle et un dessous plus blanc. Il manque également les longues plumes caudales de l'adulte.

Espèces similaires

Grâce à sa tête rousse et sa bande bleue sur la poitrine, l'Hirondelle rustique adulte est facile à distinguer des espèces d'Hirundo africaine et de l'Hirondelle messagère (Hirundo neoxena) qui partage une partie de son aire de répartition en Australie . En Afrique, les plumes courtes de la queue des jeunes peuvent amener à les confondre avec l'Hirondelle de Guinée (Hirundo lucida), mais cette dernière a une bande plus fine à la poitrine et la queue plus blanche. En Europe, on peut facilement la distinguer de l'Hirondelle de fenêtre car celle-ci possède une bande blanche au niveau du croupion, et n'a pas de filets.

Comportement

Habitat et distribution

L'Hirondelle rustique préfère les zones ouvertes à végétation basse, comme les prairies, les bocages, les marais, les parcs et les jardins, notamment lorsqu'il y a une source d'eau à proximité, car elle s'abreuve en vol. Cette hirondelle évite les zones boisées, trop accidentées ou trop densément peuplées. C'est une espèce commensale de l'homme et la présence de constructions accessibles comme les granges ou les étables pour y bâtir son nid, et de perchoirs bien exposés comme des fils, des branches nues ou des arêtes de toits est également importante pour l'hirondelle lors de son choix d'un site de reproduction.

IHirondelle rustique à Kolkata, en Inde

Elle se reproduit dans l'hémisphère Nord, à une altitude variant entre le niveau de la mer et 2 700 m, voire même 3 000 m dans le Caucase et en Amérique du Nord, où elle est absente uniquement des déserts et des territoires les plus au nord. Elle évite généralement les villes, où elle cède sa place à l'Hirondelle de fenêtre. Toutefois, à Honshū, l'Hirondelle rustique est un oiseau urbain tandis que l'Hirondelle rousseline (Cecropis daurica) est présente dans les campagnes.

En hiver, l'Hirondelle rustique est moins difficile quant au choix de son habitat, évitant seulement les déserts et les forêts denses. Elle est commune dans les zones à végétation basse comme les savanes, et au Vénézuela, en Afrique du sud et à Trinidad et Tobago elle apprécie particulièrement les champs de canne à sucre récoltés ou brûlés. Chaque oiseau à tendance à revenir au même lieu d'hivernage d'une année sur l'autre, et se rassemble en larges communautés. L'une d'entre elles, au Nigéria, a été estimée à 1,5 millions d'oiseaux. On pense qu'il s'agit d'un moyen de lutte contre les prédateurs, et l'arrivée des ces communautés est liée à celle de son principal prédateur qu'est le Faucon de Cuvier. L'Hirondelle rustique a été observée nichant dans certaines zones tempérées de leurs régions d'hivernage comme les montagnes thaïlandaises ou celles du centre de l'Argentine.

Alimentation

Au vol

L'Hirondelle rustique a un comportement similaire à celui des autres insectivores aériens, comme notamment les autres hirondelles et les apodidés. Elle se nourrit généralement à 7 ou 8 mètres au dessus du sol ou d'eau peu profonde, suivant souvent les animaux, les hommes ou les machines agricoles pour attraper des insectes perturbés. Il lui arrive également d'attraper des proies juste à la surface de l'eau, sur des murs ou sur des plantes. Dans les zones de reproduction, les grosses mouches représentent 70 % de son régime alimentaire, dans lequel les pucerons et les papillons de jours et de nuits tiennent également une place importante. Toutefois, en Europe, l'Hirondelle rustique consomme moins de pucerons que le l'Hirondelle de fenêtre ou l'Hirondelle de rivage. Pendant l'hiver, les hyménoptères, et spécialement les fourmis volantes, sont une ressource alimentaire importante. Quand elle couve ses œufs, l'Hirondelle rustique chasse par deux, mais peut parfois former de grands groupes.

L'Hirondelle rustique s'abreuve au vol, recueillant l'eau dans sa bouche ouverte lorsqu'elle vole à très basse altitude, rasant les lacs ou les rivières. L'oiseau se baigne de la même façon, plongeant un instant dans l'eau tandis qu'il vole.

Les hirondelles se regroupent en large communauté, comprenant parfois des centaines d'individus, lorsque la saison de reproduction est terminée. Elles se rassemblent notamment pour passer la nuit dans des roselières, volant au-dessus pendant un moment avant de descendre dans les roseaux. Les roselières constituent une importante source de nourriture pour les hirondelles avant et pendant la migration. En effet, bien que l'Hirondelle rustique peut se nourrir au vol durant le voyage, les roselières leur permettent de constituer des réserves de graisses indispensables au vu de la durée du voyage.

Vol

Elle ne vole pas particulièrement vite, avec une vitesse estimée à 11 m/s, pouvant atteindre 20 m/s, et une fréquence de battement d'aile de 5 battements par seconde, pouvant atteindre 7 à 9 battements par seconde, mais sa queue fourchue lui confère l'agilité nécessaire pour se nourrir d'insectes au vol. Elle collecte sa nourriture en décrivant des cercles ou en volant très près du sol. Son vol gracieux est ponctué de virevoltes.

Reproduction

Accouplement

Oisillons et œufs dans le nid.

L'Hirondelle rustique mâle rejoint l'aire de reproduction avant les femelles, et va choisir le site de nidification, et en avertit ensuite les femelles en décrivant des cercles dans le ciel et en chantant. Le mâle séduit la femelle par la longueur de ses filets. Les mâles qui ont les plus longs filets sont généralement plus résistants aux maladies et vivent plus longtemps, et les femelles ont ainsi un intérêt indirect dans ce choix : les mâles vont certainement transmettre leur plus grande résistance à leur progéniture. On observe d'ailleurs qu'en Europe du Nord les mâles ont des filets très longs alors qu'il y a peu de différences entre ceux du mâle et de la femelle plus au sud. Cette différence est par exemple de 5 % en Espagne quand elle atteint 20 % en Finlande. Au Danemark, la longueur moyenne de la queue du mâle a augmenté de 9 % entre 1984 et 2004, mais cette évolution pourrait changer avec le réchauffement climatique si les étés deviennent chauds et secs.

Les mâles aux plus longs filets ont également de plus gros points blancs sur la queue, et comme le pou des oiseaux préfère les plumes blanches, et la présence de gros points blancs indemnes de parasites indique la qualité du reproducteur. Il y a d'ailleurs une corrélation positive entre la taille des taches blanches et le nombre de descendants par saison.

Oisillons au nid

Mâles et femelles défendent leur nid, mais le mâle se montre particulièrement agressif et territorial. Une fois un couple formé, il reste uni pour la vie, mais les copulations extraconjugales sont fréquentes, en faisant une espèce génétiquement polygame bien que socialement monogame Les mâles surveillent néanmoins leurs femelles pour éviter cela. Ils peuvent employer des cris d'alarme pour empêcher la copulation de leur femelle avec un autre mâle.

Fabrication du nid

L'Hirondelle rustique niche généralement dans des bâtiments accessibles comme les granges, les étables, ou sous les ponts. Le nid en forme de coupe est adossé à une solive ou a un quelconque autre élément vertical. Il est bâti par le mâle et la femelle, bien que plus souvent par la femelle seule, avec des morceaux de boue et consolidés avec des herbes, de la paille, des algues ou autres matériaux. La construction du nid dure environ huit jours dans des conditions favorables. L'analyse d'un nid a révélé qu'il contenait 212 g de terre séchée liée par pas moins de 2 224 radicelles et quelques brins d'herbe. 1 100 voyages ont été effectués pour le bâtir. Des brins d'herbes avaient été utilisés et plus de 1 100 voyages furent nécessairesL'Hirondelle rustique peut parfois nicher en colonies si suffisamment de sites de nidification sont à disposition, et au sein d'une colonie le couple défend un territoire qui s'étend à 4 à 8 m² chez la sous-espèce européenne. La taille des colonies est plus importante en Amérique du Nord.

Couvée et élevage des jeunes

Avant que les constructions humaines ne deviennent très courantes, l'Hirondelle rustique nichait sur la paroi de rochers ou dans des caves, mais cela devient rare. La femelle pond entre 2 et 7, généralement 4 ou 5, œufs blancs à petits points roux et gris. Les œufs mesurent entre 20 et 14 mm, pour un poids de 1,9 g, dont 5 % de coquille. En Europe, la femelle effectue presque toute la couvaison, mais en Amérique du Nord le mâle peut couver pendant 25 % du temps. L'incubation dure entre 14 et 19 jours, et il faut encore 18 à 23 jours pour que les oisillons quittent le nid. Les jeunes oisillons qui commencent à quitter le nid vivent avec leurs parents, qui continuent à les nourrir pendant environ une semaine. Occasionnellement, les jeunes de la première couvée aident à nourrir ceux de la seconde.

Oisillons attendant qu'on leur apporte à manger.

En générale il y a deux couvée par an, voire parfois trois, un même nid accueillant plusieurs couvées la même année, et étant réparé pour être réutilisé les années suivantes. 90 % des œufs éclosent, et 70 à 90 % des oisillons peuvent prendre leur envol un jour. La mortalité moyenne la première année est de 70 à 80 %, et de 40 à 70 % pour un adulte. Bien que la longévité peut atteindre 11 ans, la plupart des hirondelles ne vivent pas plus de 4 ans.

Migration

La migration d'Hirondelles rustiques entre la Grande-Bretagne et l'Afrique du Sud a été établie le 23 décembre 1912, lorsqu'un oiseau bagué par James Masefield sur son nid est retrouvé à Natal. Cet oiseau parcourant de très longues migrations a été observé ponctuellement à Hawaii, aux Bermudes, au Groenland, Tristan da Cunha et les îles Malouines.

Les hirondelles se regroupent en colonies pouvant parfois compter plusieurs milliers d'individus à l'automne avant de partir hiverner vers le sud. Durant leur migration, les hirondelles volent de jour à basse altitude, afin de se nourrir durant le voyage. De nombreuses hirondelles meurent de faim ou d'épuisement durant ce périple, dont la traversée du Sahara représente une des principales difficultés pour les hirondelles européennes.

Prédateurs et parasites

L'hirondelle chasse les intrus tels que les chats qui s'approchent trop près de leur nid, volant très près d'eux pour les effrayer. Les adultes ont peu de prédateurs, même s'ils peuvent parfois être victimes de faucons ou de chouettes. Le parasitisme de couvée par le vacher en Amérique du Nord et le coucou en Europe est rare. En Amérique du Nord, l'Hirondelle rustique développe parfois une relation de mutualisme avec le balbuzard. Elle bâti son nid à côté du sien et bénéficie ainsi de sa protection, cet oiseau se nourrissant exclusivement de poisson. Par ailleurs les ospreys sont avertis de la présence de prédateurs par les cris d'alarme des hirondelles.

L'Hirondelle rustique, tout comme d'autres oiseaux, présente souvent des trous dans les plumes des ailes et la queue. Ces trous sont liés à la présence de poux aviaires de la famille des Menoponidae, comme Machaerilaemus malleus ou Myrsidea rustica, bien que d'autres espèces soient incriminées comme celles du genre Brueelia. Il existe plusieurs espèces de poux dont la présence a été confirmée chez l'hirondelle, comme Brueelia domestica et Philopterus microsomaticus. Au Texas, le Oeciacus vicarius, qui est commun chez les espèces telles que l'Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota), infeste également les Hirondelles rustiques.

Chant

Fichier audio
Chant de l'Hirondelle rustique (info)

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Le chant de l'Hirondelle rustique est un gazouillement grasseyant mais néanmoins mélodieux, qui se termine souvent par un « grincement de grille rouillée ». Les cris comprennent des « vitt » ou « tsivitt » et un bruyant « splee-link » quand elle est excitée. Le cri d'alarme est constitué d'un tranchant « siflitt » pour des prédateurs comme les chats, et d'une répétition de « tsivitt » rapidement enchaînés pour les oiseaux de proie.

Répartition géographique

Les hirondelles rustiques se rassemblaient par milliers sur les fils téléphoniques avant d'entamer la migration d'automne. C'est une vision de plus en plus rare, depuis la régression de cette espèce dans les années 1960-1970.

L'aire de reproduction de l'Hirondelle rustique englobe quasiment toute l'Amérique du Nord et l'Eurasie, ainsi qu'une partie du nord de l'Afrique.

Hirundo rustica.jpg

Les effectifs sont actuellement en régression un peu partout en Eurasie, à l'exception des pays d'Europe de l'Est.

France

Elle est la plus répandue des cinq espèces d'hirondelles nichant en France, et la onzième espèce d'oiseau la plus répandue du pays. Présente en France du mois d'avril au mois de septembre, elle migre ensuite vers l'Afrique. Ses réserves en graisse lui procurent une autonomie de soixante heures de vol, pour traverser, d'une traite, la Méditerranée ou le Sahara. Chaque année, quelques individus passent l'hiver en France, réussissant à survivre, si l'hiver est suffisamment clément.

Classification

Taxonomie

L'Hirondelle rustique est décrite pour la première fois par Linnaeus dans son Systema Naturae en 1758 sous l'appellation Hirundo rustica, et caractérisée comme H. rectricibus, exceptis duabus intermediis, macula alba notatîs. Hirundo signifie hirondelle en latin, tandis que rustique signifie « du pays ». Cette espèce est la seule du genre Hirundo à avoir une large aire de répartition en Amérique, alors que la plupart des espèces sont originaires d'Afrique.

Il y a peu de problèmes de taxonomie à l'intérieur du genre, mais l'Hirondelle de Guinée, qui vit en Afrique de l'Ouest dans le bassin du Congo et en Éthiopie a été pendant un temps considérée comme une sous-espèce d'Hirondelle rustique. Elle est un peu plus petite que celle-ci, a une bande bleue plus fine à la poitrine et l'adulte a des plumes plus courtes à la queue. Au vol, on peut également s'apercevoir que son ventre est un peu plus pâle.

Sous-espèces

Six sous-espèces d'Hirondelle rustique sont généralement reconnues. Toutefois, d'autres ont été identifiées dans l'est de l'Asie, comme saturata par Robert Ridgway en 1883, kamtschatica par Benedykt Dybowski en 1883, et mandschurica par Wilhelm Meise en 1934. Devant les incertitudes qui entourent ces sous-espèces, c'est la classification de Turner et Rose, largement reconnue, qui est indiquée ici.

  • H. r. rustica, qui se reproduit en Europe et en Asie, entre le cercle polaire au nord, le nord de l'Afrique, le Moyen-Orient et Sikkim au sud et la rivière Yenisei à l'est. En hiver, elle migre vers l'Afrique, la péninsule arabique et le sous-continent indien. Les hirondelles qui hivernent en Afrique du Sud viennent de toute l'Eurasie pour atteindre des latitudes d'au moins 91°E, et ont parcouru jusqu'à 11 660 km lors de leur migration.

H. r. gutturalis au Japon

  • H. r. transitiva est décrite par Ernst Hartert en 1910. Elle se reproduit au Moyen-Orient, du sud de la Turquie à Israël, et y reste parfois l'hiver, bien que certains oiseaux migrent vers l'Afrique de l'est pour l'hiver. Elle a le dessous du corps rouge-orangé et une bande cassée à la poitrine.

  • H. r. savignii vit toute l'année en Égypte. Elle est décrite par James Stephens en 1817 et nommée en l'honneur du zoologiste français Jules-César Savigny.

  • H. r. gutturalis, décrite par Giovanni Antonio Scopoli en 1786, a le dessous du corps blanchâtre, et une bande pectorale cassée. Le dessous de la tête est couleur noix, le dessous tirant vers le rose chamoisé. Elle se reproduit du centre et l'est de l'Himalaya jusqu'au Japon et la Corée, puis migre pour hiverner à travers l'Asie tropicale, de l'Inde et le Sri Lanka jusqu'à l'Indonésie et la Nouvelle-Guinée à l'Est. Un nombre croissant d'entre elles hivernent en Australie. Elle peut s'hybrider avec H. r. tytleri au niveau de la rivière Amur. On pense que les deux sous-espèces asiatiques étaient autrefois séparés, mais l'expansion des sites de nidification que sont les habitations humaines a permis à leurs aires de répartition de se rejoindre. H. r. gutturalis se rencontre occasionnellement en Alaska et dans le Washington , mais on la distingue facilement de la sous-espèce nord-américaine, H. r. erythrogaster, par le dessous du corps rougeâtre de cette dernière.

H. r. erythrogaster dans l'État de Washington

  • H. r. tytleri, décrite pour la première fois par Thomas Caverhill Jerdon en 1864, et nommée en l'honneur du soldat, naturaliste et photographe britannique Robert Christopher Tyler , a le dessous de la tête orange-rouge profond, et une bande pectorale incomplète. Sa queue est également un peu plus longue. Elle se reproduit en Sibérie et au nord de la Mongolie, et passe l'hiver de l'est du Bengale à la Thaïlande et la Malaisie.

  • H. r. erythrogaster, la sous-espèce nord-américaine, a été décrite par Pieter Boddaert en 1783, et diffère de la sous-espèce américaine par son dessous du corps plus rouge et sa bande pectorale plus fine et souvent incomplète. Elle se reproduit en Amérique du Nord, de l'Alaska au sud du Mexique, et migre pour l'hiver vers les Antilles, le Costa Rica, Panama et l'Amérique du Sud.

Des analyses ADN ont montré que les Hirondelles rustiques nord-américaines avaient colonisé la région du lac Baikal en Sibérie, inversement aux migrations qui s'opèrent habituellement entre l'Amérique du Nord et l'Eurasie.

Hybrides

L'Hirondelle rustique peut s'hybrider avec l'Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota) et l'Hirondelle à front brun (P. fulva) en Amérique du Nord, ainsi qu'avec l'Hirondelle des fenêtres en Eurasie, ce dernier cas étant le cas d'hybridation le plus courant chez les passereaux.

Relation avec l'Homme

Hirondelle rustique mâle

L'Hirondelle rustique est un oiseau attrayant dont la présence dans les bâtiments est tolérée par l'homme car elle se nourrit d'insectes. Elle est également vue comme un des premiers signes de l'arrivée du printemps car c'est la première espèce migratrice à revenir d'hivernage. En Europe, l'Hirondelle rustique utilise les constructions humaines pour bâtir son nid depuis très longtemps, comme en témoigne Virgile dans son Georgics en 29 avant J-C : ...garrula quam tignis nidum suspendat hirundo (...la gazouillante hirondelle suspend son nid aux chevrons). On pense qu'elle a commencé à attacher son nid aux habitations des Indiens d'Amérique au début du XIX siècle, et la multiplication des implantations humaines a conduit une véritable explosion du nombre d'hirondelles à travers l'Amérique du Nord.

Statut de conservation

L'Hirondelle rustique a une immense aire de répartition, dont on estime la surface à 10 millions de km², et une population mondiale qui pourrait atteindre 190 millions d'individus. Bien qu'aucune estimation de la tendance actuelle n'ait réellement été faite, il ne semble pas que l'espèce satisfasse aux critères de diminution de population pour entrer sur la liste rouge de l'UICN (il faut une diminution de 30 % de la population en 10 ans ou en trois générations). C'est pourquoi l'espèce est classée en « préoccupation mineure » sur la liste de 2007 de l'UICN, et n'as pas de statut particulier fixé par la Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (CITES), qui régule le marché international de spécimens animaux et végétaux.

Cette espèce a beaucoup bénéficié de la déforestation par le passé, qui a créé des habitats ouverts comme elle les aime, et du développement des constructions humaines, lui offrant une multitude d'emplacement possible pour la nidification. Localement il lui arrive de décliner fortement, comme ce fut le cas dans les années 1950 en Israël à cause de l'utilisation du DDT ou au cours du XIX siècle en Amérique du Nord du fait de sa concurrence avec le Moineau domestique. L'intensification de l'agriculture en Europe et en Asie conduit actuellement a une diminution progressive de ces effectifs en réduisant la disponibilité en insectes. Toutefois, la population nord-américaine a augmenté durant le XX siècle car l'expansion humaine lui a fourni de nouveaux sites de nidification.

L'aménagement d'un aéroport à Durban en Afrique du Sud, dans l'optique de la coupe du monde de football de 2010, menaçait fortement les populations européennes. En effet, le projet comprenait la création d'une nouvelle piste à la place de la roselière du mont Moreland, où plus de 3 millions d'hirondelles résident durant l'hiver, soit 8 % de la population européenne. Toutefois, sous la pression d'organisations pour la défense des animaux comme, le projet est finalement abandonné, et des radars seront installés sur les avions pour pouvoir éviter les importantes nuées d'hirondelles.

Le réchauffement climatique peut également affecter l'Hirondelle rustique. En effet les sècheresses provoquent chez elle des pertes de poids et ralentit la reconstitution de ses plumes, et l'expansion du Sahara pourrait devenir un obstacle de plus en plus difficile à franchir pour les oiseux en migration. Les étés chauds et secs engendrent une diminution des insectes disponibles. Par contre, des printemps plus doux peuvent conduire à allonger la saison de reproduction et donc le nombre de couvées, et la possibilité de nicher en dehors des bâtiments dans le nord de son aire de répartition peut aussi conduire à multiplier le nombre d'oisillons.

L'Hirondelle rustique dans la culture

En littérature

Dans la littérature, il est souvent fait référence à l’Hirondelle rustique, qui symbolise traditionnellement l’arrivée du printemps. C’est déjà le cas dans le poème en latin Pervigilium Veneris. Dans "The Waste Land", T. S. Eliot en cite la ligne "Quando fiam uti chelidon [ut tacere desinam]?" (Quand serais-je comme l’hirondelle, et pourrais-je alors cesser d’être silencieux ?). Cela fait référence à une version du mythe de Philomène selon laquelle elle fut changée en rossignol et sa sœur Procne en hirondelle ; certaines versions inversent les deux espèces. L’image du grand rassemblement des hirondelles avant leur migration vers le sud conclut l’ode "To Autumn" de John Keats.

L’Hirondelle rustique est aussi mentionnée dans la Bible, bien qu’elle puisse avoir été confondue avec les martinets lors des traductions, ou avec d’autres espèces d’hirondelles d’Israël . Toutefois, la phrase : « Yea, the sparrow hath found her a house, And the swallow a nest for herself, where she may lay her young » issu Psalms 84:3, s’applique certainement à l’Hirondelle rustique.

William Shakespeare cite à plusieurs reprises l’hirondelle dans ses œuvres, notamment pour la rapidité de son vol ; par exemple, on peut lire « True hope is swift, and flies with swallow's wings ... » dans l’acte 5 de Richard III ou « I have horse will follow where the game Makes way, and run like swallows o'er the plain » dans le second acte de Titus Andronicus. Shakespeare se réfère également à la migration saisonnière de l’espèce dans l’acte 4 de The Winter's Tale : « Daffodils, That come before the swallow dares, and take The winds of March with beauty; violets dim, ..».

Dans le langage

Dans le langage, on doit à l’hirondelle l’expression « une hirondelle ne fait pas le printemps ».

Une voyageuse reconnue

Gilbert White a étudié l’Hirondelle rustique en détail dans son The Natural History of Selborne, mais même cet observateur attentif n’était pas parvenu à établir avec certitude si cette espèce migrait ou hiberner durant l’hiver. Ses longs voyages sont aujourd’hui bien connus partout dans le monde, et les tatouages représentant des hirondelles sont populaires dans le monde maritime comme un symbole de retour sauf. La tradition est qu’un marin se fasse tatouer une hirondelle après 5 000 milles marins (9 260 km) parcourus en mer, et une seconde après 10 000 milles marins (18 520 km) en mer.

Superstitions

Hirondelle sur un billet estonien de 500 kroons.

Dans le passé, la tolérance envers cet insectivore bénéfique était renforcée par de multiples superstitions concernant la destruction de son nid. Un tel acte était réputé conduire les vaches à donner du sang plutôt que du lait, ou pas de lait du tout, et les poules à arrêter de pondre. Ce facteur a pu avoir un rôle dans la longévité des nids d’hirondelles. Ceux-ci, après quelques restaurations annuelles, sont fréquemment utilisés pendant 10 ou 15 ans, un exemple de nid occupé pendant 48 ans ayant été reporté.

Héraldique

En héraldique, l’hirondelle représente des fils cadets n’ayant pas de terres. À la suite de campagnes menés par des ornithologistes, l’Hirondelle rustique est devenu l’oiseau national de l’Estonie le 23 juin 1960.