L'île Bouvet (en norvégien Bouvetøya) est une île volcanique inhabitée de l'Atlantique sud, située au sud - sud-ouest du cap de Bonne-Espérance. Nommée d'après son découvreur français Bouvet de Lozier, elle est possession norvégienne depuis 1927.
Géographie
L'île Bouvet - une terre difficile d'approche
L'île Bouvet, qui appartient à la Norvège, est une île inhabitée du sud de l'Océan Atlantique, située aux coordonnées géographiques 54° 26' S - 003° 24' E, dont le point culminant, appelé Olavtoppen, atteint 780 m. D'une superficie de 49 km², elle est couverte à 93 % par une épaisse calotte glaciaire qui bloque les côtes au sud et à l'est...
Ses 29,6 kilomètres de littoral sont souvent entourés par des glaces dérivantes. Chaque étéaustral, des pans de glaciers tombent des hautes falaises d'origine volcanique dans la mer ou sur les plages de sable noir. L'île ne bénéficiant d'aucun port, il est particulièrement difficile pour les navires de s'en approcher ; l'hélicoptère embarqué s'avère ainsi le moyen le plus aisé pour y accéder. Sur la côte ouest, un récif de roche lavique, apparu entre 1955 et 1958, est devenu un site de nidification pour les oiseaux.
La température annuelle moyenne atteint environ -1,5 °C, caractérisée par une faible amplitudethermique ; en été, les températures s'élèvent rarement à plus de + 2,0 °C. En raison du climat rigoureux et de la faible superficie libre de glace, il n'existe qu'une maigre végétation de lichens et de mousses. La faune se compose seulement de phoques, d'éléphants de mer, d'oiseaux de mer et de plusieurs espèces de manchots : manchot Adélie, manchot à jugulaire, gorfou doré.
L'Île Bouvet fait partie des îles les plus isolées du monde, la terre la plus proche est la Terre de la Reine Maud, elle-même inhabitée, située à 1 600 km au sud.
Climat
Ile Bouvet a un climat de type ET (Polaire de Toundra) avec comme record de chaleur 10.6°C le 14/12/2004, le 15/12/2004 et le 14/3/2005 et comme record de froid -18.7°C le 8/9/2005 et le 9/9/2005. La température moyenne annuelle est de -0.7°C.
mois
jan.
fév.
mar.
avr.
mai
jui.
jui.
aoû.
sep.
oct.
nov.
déc.
année
Température minimale moyenne (°C)
0
0,2
-0,1
-0,6
-2,2
-4
-5,2
-5,4
-5,2
-3,5
-2,1
-0,8
-2,7
Température moyenne (°C)
2,1
2,5
1,9
1,2
-0,3
-2,3
-3,3
-3,2
-2,9
-1,3
0
1,5
-0,7
Température maximale moyenne (°C)
4,2
4,8
3,8
3
1,6
-0,5
-1,3
-0,8
-0,6
1
2,1
3,8
1,4
Record de froid (°C)
-2,6
-2,2
-3,2
-4,7
-9,7
-10,2
-14,8
-15
-18,7
-15,2
-8,4
-4,1
-18,7
Record de chaleur (°C)
10,2
10,2
10,6
7,7
5,6
5,2
3,8
5,9
7,3
8,7
8,3
10,6
10,6
Source : Le climat à Ile Bouvet (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1979)[2]
Histoire
L'Île Bouvet fut découverte, le 1 janvier 1739, par Jean-Baptiste Lozier Bouvet, commandant de l'expédition australe menée, au nom de Louis XV, par les frégates L'Aigle et Marie. Ne sachant pas s'il s'agissait d'une île ou de l'extrémité septentrionale d'un hypothétique continent antarctique, Bouvet baptisa cette terrecap de la Circoncision, du nom de la fête religieuse du jour de la découverte.
En 1772, lors de son deuxième voyageautour du monde à bord du Resolution, James Cook, équipé du nouveau chronomètre de précision K1, permettant une mesure fiable de la longitude, chercha l'île trois semaines durant et ne trouva rien. Il se mit à douter de l’existence de cette terre, pensant que Bouvet avait dû apercevoir un iceberg géant qui, par mauvais temps, pouvait apparaître comme une terre couverte de glace en raison de sa partie inférieure sombre.
En 1808, un baleinier anglais, James Lindsay, aperçut une île dans cette région et la nomma Lindsay Island, mais la longitude était différente de celle enregistrée par Bouvet.
Image satellite de l'île Bouvet (NASA)
Le premier homme ayant foulé le sol de l'île Bouvet fut vraisemblablement, en 1822, le capitaine Benjamin Morrell qui, en compagnie de son équipage, chassait le phoque, mais faute d'avoir communiqué des relevés précis et d'avoir eu la prétention de baptiser cette nouvelle terre, il rata l'occasion d'être le re-découvreur de l'île.
En 1825, un autre anglais, George Norris, décrivit une île par 54° Sud semblable à celle décrite par Bouvet. Il l’appela Liverpool, y accosta et prétendit en prendre possession au nom du roi George IV. Mais il signala également une autre île au nord-est sur laquelle il accosta et qu'il nomma Thompson, ce qui portait la confusion à son comble. L’île Bouvet existait-elle vraiment ? Auquel de ces accostages correspondait-elle ?
Le mystère fut éclairci, en 1898, par l’expédition allemande Valdivia qui, après des mois de ratissage systématique de la zone, ressuscita l’île Bouvet aux yeux des hommes. L’exploration des alentours prouva que les îles Lindsay, Liverpool et Thompson n’étaient en fait qu’une seule et même île, l’île Bouvet ! Tous ces atermoiements montrent combien les conditions météorologiques locales pouvaient tromper les navigateurs. Ces derniers n’avaient ni ciel clair permettant, la nuit, de les renseigner sur leur position, ni terre proche leur servant de point de repère ; Bouvet avait tout simplement décalé son île de plus de 250 kilomètres !
En 1927, elle devint une île norvégienne; en effet, personne n'y avait encore séjourné, ce que fit un équipage norvégien qui y vécut pendant un mois. Les baleiniers norvégiens rebaptisèrent l’île : Bouvetøya. En 1971, la Norvège déclara l'île Bouvet et les eaux environnantes, réserve naturelle. Le pays y installa, en 1977, une station météo automatisée.
Le 22 septembre 1979 eut lieu l'incident Vela : un satellite enregistra un flash de lumière pouvant être interprété comme une explosion nucléaire entre l'île Bouvet et l'archipel du Prince-Édouard.