Cet indice est fourni par l'IFEN, avec le Museum national d'histoire naturelle de Paris via le “ programme STOC ” (STOC étant l'acronyme de suivi temporel des oiseaux communs) piloté au sein du Museum par le Centre de Recherches par le Baguage des Populations d'Oiseaux (CRBPO).
Ce programme suit annuellement 65 espèces d’oiseaux nicheurs jugés communs, selon une méthodologie codifiée :
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- relevés de présence/absence sur une grille de points d’écoute (le STOC-EPS, Echantillonnages Ponctuels Simples) ;
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- mesure de variations de deux paramètres démographiques dits de « fitness » ; survie des adultes et succès de la reproduction ; STOC-Capture. La technique capture/recapture de passereaux nicheurs est utilisée depuis 1989, relancée en 2000 pour le STOC-capture et en 2001 pour le STOC-EPS (plan d’échantillonnage constitué via un tirage aléatoire).
Pour chaque espèce, est calculé un indice de variation d’abondance (variation annuelle du nombre d’individus) sur la période considérée (1989-2007), pour l’ensemble des sites suivis en France (métropolitaine).
Ce type d'indice peut agréger des sous-indices par groupe ou par espèces, mais est généralement présenté pour qualifier les variations d'abondances de groupes d'espèces caractéristiques de grands milieux (urbains, forestiers, agricoles...) Chacun de ces indices est obtenu en faisant la moyenne géométrique des indices d'espèces d’un même groupe (milieux urbains, forestiers, agricoles...)
Résultats (tendance en France)
Sur 18 ans (de 1989 à 2007), les oiseaux communs ont encore régressé en France métropolitaine (- 18 %) ;
plus précisément :
- les espèces spécialisées reculent le plus (surtout celles qui sont typiques des milieux agricoles, qui ont régressé de -28%) au profit d’espèces ubiquistes et généralistes (augmentation de +10%). Les mêmes tendances sont observées dans les pays voisins ce qui évoque des causes globales (Dérèglements climatiques, pollution généralisée de l'environnement par les pesticides notamment, banalisation et fragmentation des milieux, forestiers notamment).
- les espèces régressent plus vite au nord de la Loire, et surtout dans le nord de la France (- 20 % en 14 ans ; de 1989 à 2003 pour 95 espèces d'oiseaux suivis).
De 1989 à 2008, la France a perdu près de 10% de ses oiseaux nicheurs . Les espèces vivant dans les milieux agricoles, les bâtiments (granges et clochers notamment) sont les plus touchées avec une chute de 20% des effectifs. Les espèces jugées indésirables ont aussi fortement régressé en milieu rural. Les oiseaux forestiers nicheurs régressent moins vite, mais ont quand même perdu 11% de leurs populations. Le nombre d'individus d'espèces généralistes a continué à croître (+20% en 20 ans) ; par exemple, la bergeronnette printanière (Motacilla flava) adaptée aux près et aux terrains vagues semble s'adapter aux nouveaux milieux agricoles (+ 96% en 20 ans) alors que la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) ou l'alouette des champs ou la perdrix grise ont vu leurs populations décroître de 71% de 1989 à 2008. Les espèces en fort recul (déjà classées comme vulnérables sur la liste rouge de l'UICN) comprennent aussi :
- le pipit farlouse ou Anthus pratensis (- 65%)
- le tarier des prés ou Saxicola rubetra (- 76%)
- le pouillot siffleur Phylloscopus sibilatrix (- 65%)
- le gobemouche gris ou Muscicapa striata (- 57%)
- le bouvreuil pivoine ou Pyrrhula pyrrhula (- 63%)
Dans d'autres régions du monde, la régression plus rapide des oiseaux communs dans les milieux d'agriculture intensive, laisse penser que cette dernière est une des cause du déclin général.
1/3 environ de 32 espèces étudiées semblent nettement souffrir des printemps inhabituellement chauds (alors que les autres 2/3 en bénéficient avec un succès de reproduction amélioré). Les espèces qui souffrent des printemps plus chaud sont aussi les espèces qui régressent le plus de manière générale ; les espèces ubiquistes et généralistes au contraire déclinent moins ou même augmentent leurs densités et/ou aire de répartition, au moins localement.