Véhiculée au Japon par l’américain W. Edwards Deming, l’ingénierie simultanée a commencé à s’enraciner profondément dans l’industrie japonaise à partir des années 1950. En Amérique du Nord, le terme concurrent engineering est apparu pour la première fois en 1988, dans le rapport R-338 de l’Institute for Defense Analysis. C’est par l’entremise de filiales japonaises et par sous-traitance dans l’industrie de l’automobile que l’ingénierie simultanée a vu le jour aux États-Unis. Depuis, il y a eu une progression quasi exponentielle des activités reliées au concept : séminaires, conférences (Proulx, Charron, 1996), publications, apparitions de consultants, voire de centres de recherche. Ce qui est plus significatif encore, c’est de constater le nombre et la variété de compagnies canadiennes qui ont adopté l’ingénierie simultanée ou sont en voie de le faire. En effet, depuis 1995, l’Institut de développement de produits (IDP) de Montréal enseigne les meilleures pratiques de l’ingénierie simultanée au Québec. Il contribue ainsi à l’amélioration des façons de faire d’un bon nombre d’entreprises pour leur assurer un succès mondial.
L’ingénierie simultanée est une approche systématique et multidisciplinaire visant à intégrer les différentes facettes du développement d’un produit et la gestion du processus de conception, soit :
- la recherche des besoins du client;
- l’utilisation du produit;
- la définition du produit;
- l’entretien du produit;
- la conception du produit;
- la sécurité du produit;
- la fabrication du produit;
- le recyclage du produit;
- la production;
- le service après-vente.
L’objectif ultime de cette approche est la satisfaction du client; pour y parvenir, l’un de ses outils les plus importants est le déploiement de la fonction qualité (DFQ), une méthodologie rigoureuse qui assure, entre autres, que les besoins du client soient pris en considération pendant toutes les étapes de la conception.
En se basant sur ces principes, deux étudiantes en génie de l’Université de Sherbrooke créent, en 1993, un concept nommé Ingénierie Simultanée Présentée aux JEunes du Secondaire visant à doter les enseignants d’une méthode systématique dans la réalisation de projets en classe. La même année, les étudiantes gagnent les compétitions québécoise et canadienne d’ingénierie avec ISPAJES. De ces succès découle la mise en place, l’année suivante, d’un projet pilote dans une école secondaire de l’Estrie. Depuis, ISPAJES est lauréat de dix prix dont le célèbre prix Michael-Smith du Canada en 2002 pour sa contribution exceptionnelle à la promotion des sciences.