D'après leur mode d'alimentation, les insectes entomophages sont subdivisés en deux catégories, les prédateurs et les parasitoïdes.
Les parasitoïdes
Les parasitoïdes effectuent la totalité de leur développement aux dépens d'un seul individu hôte conduisant à la production d'adultes de taille inférieure à celle de l'insecte consommé (quelques millimètres ou fraction de millimètre)
Généralement ailé, l'adulte est souvent le seul stade de dissémination de l'espèce. La femelle dépose ses œufs soit à proximité immédiate, soit à la surface, soit dans le corps de la victime qu'elle peut déceler ou atteindre tant à l'intérieur du sol que des tissus végétaux (fruit, tige, branche, tronc). L'alimentation de l'adulte est le plus souvent constituée de substances sucrées (miellat, nectar, sève, exsudats divers) mais il est parfois nécessaire que la femelle se nourrisse aux dépens de l'hémolymphe de l'hôte afin de mûrir ses œufs.
La larve vit à la surface (ectoparasitoïde) ou dans le milieu intérieur de l'insecte hôte (endoparasitoïde). L'entomophage épargne tout d'abord les organes essentiels de sa victime (se nourrit d'hémolymphe ou d'éléments figurés du sang) ce qui permet à cette dernière (cas d'endoparasitisme surtout) de continuer à se déplacer, se nourrir ou croître plus ou moins normalement. La mort ne survient qu'au terme du développement larvaire du parasitoïde, période durant laquelle ce dernier attaque à l'aide de ses mandibules et de ses sucs enzymatiques les organes internes qu'il consomme intégralement à l'exception des structures sclérotisées.
Le parasitoïde se nymphose alors, soit à l'intérieur de la dépouille de l'hôte totalement vidée (momie), soit à son contact, soit à la surface du végétal ou dans le sol.
Dans la plupart des cas, une seule larve entomophage se développe aux dépens d'un hôte déterminé (parasite solitaire). A cet effet, la femelle parasitoïde est capable de déceler les hôtes déjà parasités et évite d'y déposer ses œufs.
Toutefois, en cas de compétition pour la conquête des hôtes, plusieurs femelles d'une même espèce peuvent pondre dans une même victime (superparasitisme), voire plusieurs femelles d'espèces différentes (multiparasitisme). En général, une seule larve survit et élimine les autres soit par cannibalisme, soit par action cytotoxique. Le succès dépend de l'équipement mandibulaire et de l'agilité des larves dans le premier cas ; dans le second cas, c'est souvent la première larve éclose qui inhibe le développement embryonnaire et le succès à l'éclosion des autres individus. Il y a beaucoup de variantes en fonction du sexe, des espèces en compétition, du décalage entre l'arrivée du premier et du deuxième occupant. Il n'est cependant pas rare que la victime soit simultanément exploitée par plusieurs larves, voire plusieurs dizaines d'individus d'une même espèce issus de pontes différentes ou d'un même œuf dont l'embryon s'est secondairement divisé (polyembryonnie).
La plupart des auxiliaires ont une spécificité parasitaire limitée à une ou quelques espèces hôtes proche au niveau de leur classification ou de leur habitat. De plus, ils s'attaquent à un stade de développement bien précis de leur victime, on distingue de ce fait des parasites embryonnaires, larvaires, nymphaux ou imaginaux.
Les parasitoïdes sont principalement des Hyménoptères (Ichneumonoidea, Chalcidoidea, Serphoïdea) ou des Diptères (Bombylidae et surtout Tachinidae).
Les avantages de l'utilisation des parasitoïdes en lutte biologique sont, en particulier par rapport aux microorganismes :
- Une grande autonomie et une importante mobilité se traduisant par de bonnes capacités de dispersion, de découverte du ravageur et de survie dans le milieu.
- Une bonne capacité auto propagation, avec un effet durable, voire permanent et modérément amplifié du moment que l'hôte soit disponible.
- Une sécurité exceptionnelle pour la santé humaine et le respect de l'environnement.
- Une spécificité élevée permettant le ciblage précis d'un ravageur donné ou d'un groupe apparenté.
Par contre, les désavantages de leur utilisation sont :
- Le coût élevé de leur production en masse qui nécessite un mode d'alimentation particulier.
- La difficulté de leur transport sur les lieux d'intervention ainsi que leur stockage.
- La longueur relative de leur délai d'action.
- L'incertitude quant au niveau de contrôle atteint, lié à leur environnement.
- Leur spécificité élevé qui limite la gamme de ravageurs visés et leur possibilité auto propagation quand leur hôte est faiblement présent.
Les prédateurs
A l'inverse des parasitoïdes, les prédateurs ont besoin de plusieurs proies pour effectuer la totalité de leur développement. Les larves et adultes sont mobiles mais ils sont de formes et d'aspects parfois fort différents. Certains chassent à l'affût, édifiant des édifices plus ou moins complexes (toiles, entonnoirs), d'autres poursuivent leur victime sur ou dans le sol, sur les plantes ou en vol. Ces proies qui sont généralement de taille inférieure à celle du prédateur, sont, dans la majorité des cas, immédiatement détruites et consommées.
Ces caractéristiques générales se retrouvent notamment chez les espèces appartenant à l'ordre des Coléoptères (Carabes, Coccinelles), à celui des Hétéroptères (Reduviidae, Anthocoridae, Miridae, Pentatomidae) ou à celui des Neuroptères (Hémérobes, Chrysopes, Fourmilions) et à celui des Acariens (Phytoseides).
Selon les familles, on note toutefois une tendance à exploiter des substances d'origine végétale soit à l'état larvaire (Diptères Asilidae, Empididae), soit plus généralement à l'état imaginal. Ainsi, chez les Diptères, Syrphides, Cécidomyies entomophages, les Cantharides et les Téléphores, les adultes sont essentiellement floricoles. A ce stade, certaines espèces renforcent leur caractère utile grâce à de bonnes aptitudes pollinisatrices (Syrphes). D'autres sont par contre considérées comme plus ou moins nuisibles par leurs déprédations aux dépens des organes floraux (Cantharides et Téléphores sur les arbres fruitiers en Europe et surtout sur le mil. en Afrique de l'Ouest).