Jacques Gleyse

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Introduction

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Jacques Gleyse, né le 10 octobre 1952 au Vigan, est un chercheur français en histoire et anthropologie du corps, de l'Éducation physique et du sport. Son objet réside dans les rapports qu'entretiennent " la chair " et le " le verbe " au sein de la corporalité.

Il enseigne comme professeur des universités en STAPS, à l'IUFM de Montpellier, dont il est membre du conseil d'école et a été président de la Commission de spécialistes (sciences humaines), à l'université Paul Valéry de Montpellier (où il est membre d'un comité de sélection et directeur de recherche) et à l'Université de Montpellier I (UFRSTAPS). Il est docteur en sciences de l'éducation (directeur Gilles Ferry, 1987) et habilité à diriger de recherches en Lettres et Sciences humaines (directeur André Rauch, 1997). Il a été membre de la première promotion des agrégés d'éducation physique et sportive, en 1983, et à ce titre diplômé de l'Académie des sports cette même année.

Il a été professeur invité à l'université de Campinas (SP, 2006 et 2010), de Belem (Para, 2010) de Natal et Florianopolis (Santa Catarina, 2010) au Brésil, à la Herzog August Bibliothek de Wolfenbüttel (Allemagne), à l'université de Louvain-la-Neuve en Belgique, ainsi qu'au SUISM de Turin et de Voghera en Italie, en Juin 2009 à l'Université de San Andres (Argentine), San Martin (Argentine) et de Lujan (Argentine), en avril 2010, à l'Instituto Provincial de Educacion Fisica de Cordoba (Argentine), au Ministère de l'Enseignement Supérieur de la province de Cordoba (Argentine), dans le cadre d'un Séminaire doctoral à l'Université de San Andrès (Sciences de l'Education), Buenos Aires (Argentine) et a l'IPEF de Villa Maria (Cordoba, Argentine) en août 2010. En Mai 2010 il a également donné des conférences concernant " le sport comme guerre moderne ou entreprise capitaliste " au Centre Culturel Français de Tlemcen et d'Oran ainsi qu'à l'Institut d'Education Physique de Mostaganem (Algérie). Il fut par ailleurs, professeur invité à l'École normale supérieure d'EPS de 2005 à 2010. Il a été également sollicité pour de nombreuses conférences au plan national (Dijon, Besançon, Marnes La Vallée, Dunkerque, Orléans, Amiens, Nantes, Calais, Reims, Paris-V, Brest, Guadeloupe…). En 2007 il a réalisé une conférence intitulée: « dis-moi ce que tu manges je te dirais qui tu es », au Pôle National du Goût à Reims et une conférence sur l'anthropologie de la nutrition à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Reims dans le cadre de formations au dessein culinaire (Claire Peillod, Marc Brétillot). Il intervient aussi dans le cadre des actions du Centre Régional d'Education à la Santé, en particulier sur l'image du corps, dans la Région Languedoc-Roussillon. Il participe aux programmes d'éducation à la santé (lipodystrophie suite à HIV) dans le cadre du mécénat Abott et du Planning familial de l'Hérault.

Il a été l'organisateur ou le coorganisateur de mutiples colloques nationaux ou internationaux tels : « Sport, culture et tradition » (Agde, 1994), « Comment peut-on enseigner une culture corporelle ? » (Montpellier, 1997), « Savoir, langage et citoyenneté », (Montpellier, 1999), le congrès mondial de l'ISHPES (Montpellier, 2001), Mixités (Montpellier, 2004), Corps et voix (Montpellier, 2005), Rugby, Médias et Transmission des Valeurs (Béziers, 2007). Il a dirigé le colloque international interdisciplinaire : Le Corps en Mouvement 2 qui a eu lieu à Montpellier les 3, 4, 5 et 6 Juin 2009[1].

Il a dirigé et dirige encore aujourd'hui plusieurs thèses d'anthropologie du corps (sociologie et anthropologie), STAPS ou de Sciences de l'Education. Il a été jury de thèses et d'HDR, en général touchant au corps, dans des domaines variés tels STAPS, Histoire contemporaine, Sociologie, Sciences de l'éducation, Psychanalyse, Géographie… Il a été plusieurs fois président de jury.

Il est expert STAPS, pour l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du programme « Vulnérabilité »

Domaine

Il a été l'un des premiers à tenter d'appliquer une archéologie foucaldienne des discours au champ de l'éducation physique scolaire dans son ouvrage Archéologie de l’éducation physique au XX siècle en France (1995, rééd., 2006) où il montre comment l'école et les technologie du travail sont décisives pour l'organisation du discours de l'éducation physique. Il montre également dans cet ouvrage la porosité d'un discours à son environnement. Il décrit ainsi un ordre du discours de l'Education physique et sportive, de l'Ecole et du Travail qui se découpe en trois séquences majeures, la première, mécanique, la deuxième machinique, industrielle et énergétique, la troisième enfin tertiaire et informationnelle. Il qualifie cette séquence transformative de « cognomorphose » autrement dit du passage d'un contact de la main avec la matière à un contact du cerveau avec l'information, dans ces trois domaines en dialogue. Il décrit ainsi, poursuivant le projet foucaldien, une forme spécifique de micro-pouvoir.

Par la suite, il a mis en œuvre cette même méthode dans L'Instrumentalisation du corps (1997). Cette fois il s'agissait de définir des isomorphismes archéologiques et des structures du discours de l'instrumentation rationnelle des corps. Ici il décrit les structures archéologiques qui font passer le corps d'un statut d'objet fabriqué par Dieu et de la nature à celui d'un objet fait ou refait de la main de l'homme (le manus opera de Vesalius). Il décrit alors différentes déclinaisons de cette fabrication du corps au cours des quatre derniers siècles, la dernière étant qualifiée d'hypermodernité hédoniste en opposition au concept de post-modernité. Dans la même perspective il a publié avec Renata Freccero La fabrica dei corpi (2001).

Depuis maintenant une quinzaine d'années, il s'intéresse également à l'anthropologie des techniques du corps au sens le plus extensif du terme. Il a récemment publié plusieurs articles dans différentes langues sur les rapports entretenus par la « chair » et le « verbe » au sein de la structure corporelle. Les recherches entreprises sous sa direction aussi bien au sein de l'équipe Corps et Culture que de la JE 2416 ou actuellement de la JE 2516, ont permis de faire émerger l'idée que la société contemporaine, notamment dans le domaine des pratiques corporelles est celle de l'oxymore ou de la hierogamie, c'est-à-dire finalement du rapprochement des contraires (par exemple la modernité ET la tradition, la Communauté ET la Société, la compétition ET la fraternité, l'élite ET la masse...). Par ailleurs, il a particulièrement tenté de décrypter ce que, de manière plus large, on a dénommé « L'invention de la tradition » notamment dans le domaine des pratiques d'exercice (Joutes Languedociennes, Courses camarguaises...), montrant ainsi la difficulté qu'il y a, à vouloir reconstruire une « tradition culturelle » (qui souvent est réinventée après coup par un groupe spécifique : il rejoint ici la thèse d'Aurélie Epron sur l'invention de la lutte bretonne).

Ses derniers travaux s'intéressent aux modèles totalitaires de corps véhiculés notamment par la poupée Barbie ou encore par les images de publicité. Il travaille également sur de nouvelles épidémies du XXI siècle en Occident telles que la boulimie ou l'anorexie. Il participe activement à la jeune équipe santé, éducation et situations de handicaps en dirigeant de nombreuses thèses et masters 2. Une réorientation thématique des recherches est en cours sur la question du handicap et de l'école ainsi que sur les notions de tératologie et la question des limites de l'Humain et de l'Humanité. Il s'appuie notamment, dans cette perspective sur les travaux de Mary Douglas, notamment Purity and danger, 1965 et How institutions think. Le dialogue de la « chair » et du « verbe » est particulièrement interrogé, dans ce cadre de travail.

Il a été l'un des fondateurs et des rédacteurs de la revue Corps & Culture, il est également le directeur de la revue STAPS, International Journal Of Sports Science and Physical Education, depuis 2001. Il est par ailleurs l'un des membres fondateurs de la revue Tréma (revue reconnues AERES Sciences de l'Education) et membre du comité scientifique de la revue Corps. Il est en outre membre du conseil d'administration de l'Association francophone pour la recherche en activités physiques et sportives (AFRAPS). Il est experts pour de multiples revues portant sur le sport, le corps ou l'éducation dans le domaine des sciences humaines (Corps, Interrogations, Sciences de l'Education, Sport History Review, Tréma, STAPS, Avante...)

Publications

* Enseigner l'EPS ? !, AFRAPS 1993

co-écrit avec J. Bui-Xuân G..

réédité par L'harmattan en 2007

  • L'instrumentalisation du corps. Archéologie de la rationalisation instrumentale du corps de l'Age classique à l'époque hypermoderne, L'harmattan, Paris, 1997 
  • L’Éducation physique au XX siècle. Approches historique et culturelle, Vigot, Paris, 1999 
  • L’Émergence de l'Education physique, Hatier 2001

co-écrit avec G. Bui-Xuân.

  • La fabrica dei corpi, Levrotto & Bella 2002

co-écrit avec R. Freccero.

  • L'EPS de ses environnements à l'élève, Vigot 2004

co-écrit avec D. Cebe et G. Lecoq.

Jacques Gleyse est également l'auteur de plus d'une centaine d'articles (en français, anglais, allemand, brésilien, espagnol et italien) dans des revues, des ouvrages collectifs ou des interventions en colloques. Un ouvrage portant sur l'archéologie des contraintes corporelles dans les manuels de morale et d'hygiène, intitulé: Le Verbe et la chair ou un siècle de bréviaires de la République (1880-1974), est à paraître chez L'Harmattan dans la collection dirigée par Michèle Verdelhan Manuels scolaires et sociétés. Il est destiné à contribuer au débat sur le rétablissement de l'enseignement de la Morale à l'Ecole.