Longtemps, on a assimilé Ioannes de Sevilla Hispalensis et Limiensis avec un ou chacun de ces quatre traducteurs. On l'a identifié avec le converti Jean Avendauth, avec le traducteur Jean de Séville Hispanus, avec David Toletanus... De nombreux noms se croisent sur les manuscrits primitifs ou dans les commentaires qu'on a émis dessus : Jean de Séville, Jean de Tolède (toletanus), Avendauth, Ibn D’d, Avendehut, Aven Daoud, Jean de la Luna ou de Limia, Magister Ioannes...
On sait aujourd'hui le distinguer de Jean de Séville Hispanus (Ioannes de Sevilla Hispanus) (vers 1150-1215), évêque de Segorbe, collaborateur de Dominique Gundisalvi, avec lequel il a traduit l' Incohérence des philosophes de Algazel (Al-Ghazâlî), la Source de vie de Avicébron (Ibn Gabirol), le Livre de la pratique de l'arithmétique de Al-Khwârizmî.
Il mentionne Limia comme un des lieux où il a habité dans sa jeunesse. Directement entré au service de l'archevêque de Tolède Raimond (1130-1150), qui l’occupa à des traductions d'ouvrages arabes sur la philosophie et les mathématiques, ainsi que des commentaires sur Aristote, il a publié à son propre compte un traité d’arithmétique, le premier qui en 0ccident fit mention des chiffres arabes et du zéro.
D'autre part, il ne mentionne jamais avoir vécu à Tolède et abandonne tout surnom dans ses traductions après son passage chez l’archevêque Raymond. Un nom supplémentaire formé lors de ses premières traductions semble assuré : Ioannes Hispalensis et/atque Limiensi qu’il aurait abandonné lors d’une réécriture ultérieure de ses premières traductions.
Le fait qu'il ait traduit lui même de l'arabe vers le latin, et la constance de sa signature laisse penser qu'il ne fut jamais aun traducteur premier, et qu'il se trouva mêler aux autres traducteurs de façon fortuite.