Installé à Paris en 1945, Léonard Morandi commença à chercher un emploi d'architecte. Fin 1946, il fit un voyage prospectif au Maroc, sur la suggestion de son beau-père Henri Lumière, lequel avait identifié des besoins urbains ultérieurement avérés, notamment la construction d'immeubles en co-propriété. Il s'installa définitivement à Casablanca en 1947, obtient l'autorisation d'exercer le 2 octobre 1948 et se vit rapidement demander la construction d'un grand immeuble d'habitations et de bureaux pour le compte de trois entrepreneurs de Lyon, Grenoble et Marseille, l'Immeuble Liberté, haut de 17 étages, le premier gratte-ciel d'Afrique du Nord, construit place de la Révolution Française, aujourd'hui place Lemaigre Dubreuil. Ce bâtiment de 78 m de haut, a fait à l'époque la couverture du numéro spécial consacré au Maroc de l'Architecture d'aujourd'hui consacré au Maroc. Léonard Morandi construisit de nombreux immeubles et villas luxueuses au Maroc jusqu'en 1956, date de son retour à Paris, où il fonda avec son confrère Jacques Greggory le cabinet d'architectes Greggory-Morandi, qui produisit jusqu'en 1981 de nombreux édifices dont la nouvelle École Supérieure de Commerce de Paris (Sup de Co), l'usine SFENA de Vélizy, le siège de la MAIF à Niort, la clinique chirurgicale de la Source à Orléans et le célèbre immeuble du 48 avenue Foch, à l'angle de la rue Duret, à côté du Palais Rose, aujourd'hui disparu. Pour cette construction dont l'un des angles était arrondi, Léonard Morandi commanda à la société Saint-Gobain des portes-fenêtres aux vitres courbes, production qui n'existait pas encore à l'époque.