La ligne 3 du tramway d'Île-de-France ou T3, également appelée Tramway des Maréchaux ou TMS, est la première ligne de tramway circulant dans Paris intra-muros depuis 1937, marquant le retour de ce mode de transport après soixante-neuf ans d'absence. Elle est exploitée par la Régie autonome des transports parisiens (RATP).
Mise en service le 16 décembre 2006 après d'âpres débats et deux ans et demi de travaux, elle a également été pour la municipalité un outil de requalification urbaine qui a permis de transformer le paysage des boulevards des Maréchaux au sud de la capitale. Située en site propre sur la chaussée, la ligne relie le pont du Garigliano à la porte d'Ivry en vingt-six minutes en moyenne. Elle a transporté vingt-cinq millions de voyageurs durant sa première année d'exploitation, avec en moyenne 100 000 voyageurs chaque jour de semaine et 70 000 les week-ends, chiffres en croissance constante les années suivantes.
De 2009 à 2012, les travaux de prolongement de la ligne à l'est sont en cours, pour une mise en service prévue fin 2012. Ce prolongement prendra la forme de deux lignes distinctes afin d'en simplifier l'exploitation : la ligne T3 proprement dite s'achèvera porte de Vincennes, la seconde, provisoirement nommée T3 Est, reliera cette dernière à la porte de la Chapelle. En 2010, un nouveau prolongement est annoncé au nord jusqu'à la porte d'Asnières, avec une mise en service évoquée en 2016.
Plan de la ligne T3.
Histoire
La ligne de Petite Ceinture
En 2009, les quais abandonnés de la gare d'Avenue de Vincennes, sous la neige.
Afin de relier les grandes radiales ferroviaires et d'approvisionner depuis l'intérieur les nouvelles fortifications de Thiers, une ligne de chemin de fer circulaire, dite ligne de Petite Ceinture, est ouverte par tronçons de 1852 à 1869. Réalisée à double voie et longue de 32 kilomètres (hors raccordements), elle fait le tour de Paris à l'intérieur des boulevards des Maréchaux.
Cette ligne est d'abord exclusivement consacrée au trafic de marchandises avant d'être ouverte au trafic de voyageurs, à l'exception de la ligne d'Auteuil, à l'inverse directement ouverte aux voyageurs en 1854 et seulement en 1867 pour les marchandises. Ce chemin de fer connaît un trafic croissant et finalement intense de voyageurs jusqu'à la fin du XIX siècle, tout particulièrement lors des expositions universelles. Mais l'inadaptation du matériel, constitué de locomotives à vapeur peu puissantes et de voitures peu confortables, rend la ligne de moins en moins attractive, et elle ne résiste pas à la concurrence croissante du métropolitain.
Le trafic connaît après 1900 une chute constante et inexorable et, malgré quelques tentatives d'amélioration restées sans résultats, en avril 1934 la ligne est pour l'essentiel de son parcours fermée au trafic de voyageurs, hormis la ligne d'Auteuil, qui reste ouverte jusqu'en janvier 1985. Quelques mois plus tard en juillet 1934, ouvre la ligne de bus PC, qui connaît immédiatement un grand succès. Le trafic de marchandises disparaît également au début des années 1990, et la ligne est depuis en grande partie abandonnée et amputée d'une partie de sa longueur. Une partie de la ligne d'Auteuil a toutefois été intégrée en 1988 à la ligne C du RER.
Les origines du projet
Origine de la voie au pont du Garigliano.
Pont du Garigliano, direction Balard.
La rame Citadis 402 n°312 passe devant le Parc des expositions de la porte de Versailles
La rame Citadis 402 n°318 entre Balard et Pont du Garigliano.
L'idée de la création d'une ligne de tramway sur les boulevards des Maréchaux est ancienne : dès 1925, la société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), un des ancêtres de la RATP, imagine une ligne de tramway PC. Mais ce projet, lié à la création en correspondance de tramways express en banlieue, ne connaît aucune suite. Les tramways parisiens sont finalement tous démantelés en 1937 sous la pression du lobby automobile.
À la fin des années 1990, la ligne de bus PC, devenue PC1 sur cette section, exploitée par la RATP, est la ligne la plus chargée du réseau et au bord de la saturation aux heures de pointe. Malgré une capacité théorique de 50 000 voyageurs par jour grâce à ses bus articulés, elle ne parvient plus à assurer son rôle dans des conditions acceptables. Il devient de plus en plus urgent de trouver une alternative crédible afin d'augmenter la capacité de transport sur cet axe en site propre, et c'est une ligne de tramway qui est rapidement envisagée.
En octobre 1993, le schéma de principe du prolongement du tram Val de Seine (TVS), actuel T2, d'Issy - Plaine à la Porte de Versailles est adopté par le syndicat des transports parisiens (STP), devenu depuis le syndicat des transports d'Île-de-France (STIF). Le tracé envisagé alors emprunte la ligne ferroviaire de Petite Ceinture jusqu'à la rue de Vaugirard, ligne fermée au trafic voyageurs en 1934 et totalement abandonnée depuis 1993. À cette occasion, le STP demande une étude complémentaire sur le possible prolongement du TVS jusqu'à la porte d'Ivry avec trois variantes, soit en empruntant cet itinéraire ferré qui fait presque le tour de Paris, soit en site propre sur les boulevards des Maréchaux, soit une combinaison des deux possibilités. L'étude de faisabilité est mise en œuvre par la SNCF et la RATP en 1993. En 1995, l'État et la ville de Paris confient par ailleurs au STP la mission d'étudier la création d'une ligne de tramway en rocade au sud de la capitale.
Le rapport rendu analyse les deux possibilités de prolongement : la variante Petite Ceinture estime la vitesse commerciale à 28 km/h pour un temps de parcours de dix-sept minutes et un trafic de 17 000 voyageurs par heure. Le coût incluant le matériel roulant est de 1,8 milliards de francs (valeur 1996), soit 275 millions d'euros. Mais la situation de la plateforme rend les correspondances malaisées avec le métro et le réseau de surface et pose de gros problèmes d'accessibilité. La seconde variante en site propre sur les boulevards des Maréchaux fait apparaître une vitesse commerciale de 15 à 20 km/h pour un temps de parcours de vingt-quatre à trente-deux minutes, un trafic de 1 900 à 2 600 voyageurs par heure pour un coût estimé à 2,1 milliards de francs (valeur 1996) soit 321 millions d'euros. Les performances sont donc bien moindres pour un coût final plus élevé, les conséquences sur la circulation automobile et le stationnement sont importantes mais les correspondances avec les lignes de bus et le métro sont plus faciles.
Durant plusieurs années, les hésitations entre les deux variantes marquent l'histoire du projet. Le débat entre partisans de la réutilisation de la Petite Ceinture et ceux préférant un site propre sur les boulevards devient encore plus âpre à l'approche des élections municipales de mars 2001.
Après moult hésitations, le Conseil de Paris et à sa tête, le maire RPR Jean Tiberi, semble avoir une préférence pour l'implantation sur les boulevards des Maréchaux, avec aménagement de la Petite Ceinture en coulée verte. La municipalité dirige le projet en ce sens lors de son inscription au contrat de plan État-région 2000-2006, et il y est effectivement inscrit sous ces caractéristiques. Le lancement du projet est fait en décembre 2000 et il est suivi de la concertation préalable en juillet 2001. La nouvelle municipalité parisienne, une alliance de la gauche menée par le socialiste Bertrand Delanoë et Les Verts, élue en mars 2001 reprend alors le projet dorénavant sur les rails sous l'impulsion de l'adjoint Vert aux transports, Denis Baupin. L'enquête publique dure du 25 février au 5 avril 2003.
Son implantation sur les boulevards répond à une démarche dépassant la simple ligne de transport en site propre : le tramway doit permettre d'améliorer les liens avec les communes riveraines du périphérique sud, et surtout de mettre en œuvre la requalification urbaine des boulevards, dévolus à la voiture individuelle et au cadre urbain relativement dégradé. En effet, les boulevards extérieurs contribuent fortement, avec le boulevard périphérique, à séparer les tissus urbains de Paris et de la banlieue proche.
Le projet se développe sur 7,9 kilomètres des XIII, XIV et XV arrondissements de Paris et compte dix-sept stations. 167 000 habitants et 89 000 emplois sont situés dans la bande de six cents mètres de largeur de part et d'autre du tracé.
La mairie de Paris espère alors que cette ligne, qui remplace l'ancienne offre de transport proposée sur le même parcours par la ligne de bus PC1, permettra de désengorger les boulevards des Maréchaux de la rive gauche en offrant un moyen de transport que la mairie espère rapide (ligne en partie en site propre, ce qui était déjà le cas du PC1) et confortable.
Un des objectifs du tramway est d'être très attractif, avec un chiffre annoncé par la mairie de Paris et par le STIF de 100 000 voyageurs par jour, ce qui correspond aux trafics actuels des tramways T1 et T2, mais est toutefois bien loin de la capacité d'une ligne de métro. Ainsi en 2005, chacune des quatorze lignes du métro de Paris a transporté en moyenne 260 000 voyageurs par jour, et la ligne 11 du métro, pourtant plus courte de deux kilomètres que la ligne 3 du tramway, a transporté en moyenne 123 500 voyageurs par jour, soit 23,5 % de voyageurs de plus que les 100 000 annoncés sur la ligne 3 du tramway.
Les travaux
La station Poterne des Peupliers en construction.
Le chantier commence vers la mi-2003 par les travaux préliminaires des concessionnaires (gaz, eau…), les travaux proprement dit commençant le 6 juin 2004. Les premiers rails sont posés en janvier 2005 et la pose des équipements débute en 2005 pour se terminer en septembre 2006. La première rame est livrée par voie routière en convoi exceptionnel dans la nuit du 7 au 8 septembre 2005 et commence ses essais en octobre. Le premier parcours d'essai a été réalisé entre le Pont du Garigliano et Balard le 12 octobre 2005, en présence notamment du maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, du président PS de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, et de la présidente de la RATP, Anne-Marie Idrac.
L'atelier de maintenance de Lucotte est inauguré en mai 2006. Les essais se poursuivent au-delà de la porte de Châtillon jusqu'à la porte d'Italie le 6 septembre, la porte de Choisy le 11 septembre puis la totalité du parcours fin septembre.
La « marche à blanc », c'est-à-dire des circulations en conditions normales mais sans voyageurs, débute le 20 novembre 2006 sur la nouvelle infrastructure achevée afin de tester le bon fonctionnement de l'ensemble dans les conditions réelles d'exploitation, avant l'inauguration et mise en service de la ligne le 16 décembre 2006.
La mise en service
La rame Citadis 402 n°302 lors des premiers essais, fin 2005.
L'inauguration de la ligne 3 du tramway francilien (T3) se déroule le 16 décembre 2006. La ligne est mise en service le jour-même, et est empruntée en deux jours par 160 000 voyageurs et curieux.
Ce succès montre a posteriori que le besoin de transport des habitants et salariés concernés par le projet justifiait un tel projet de transport, qui pallie quelque peu le manque d'infrastructure de transport que connaissent les secteurs périphériques de l'agglomération parisienne par rapport au centre de la capitale. Le choix du tramway sur les boulevards de Maréchaux est toujours critiqué par certains opposants pour la place occupée en surface, ainsi que pour sa vitesse réduite, voire dénoncent la tromperie et le gaspillage d'argent public d'un projet sans réelle concertation avec les riverains ni transparence.
Le lundi 18 juin 2007, la vitesse commerciale passe de 16 km/h à 18 km/h, diminuant le temps de parcours de 29 à 26 minutes. Cette vitesse doit passer à terme à 20 km/h, vitesse prévue par le projet initial.
La critique
Les opposants au tracé actuel du tramway font toutefois valoir que le choix qui a été fait par la municipalité parisienne, à savoir le choix d'une implantation du tramway directement sur la chaussée des boulevards des Maréchaux, au lieu d'utiliser la ligne ferroviaire de Chemin de fer de petite ceinture qui longe les boulevards des Maréchaux pour l'essentiel en tunnels et tranchées, a pour conséquence d'accroître l'engorgement automobile (deux voies automobiles supprimées) et de ralentir la vitesse du tramway qui se trouve en compétition avec les automobiles au passage des carrefours (aucun tunnel n'a été prévu pour permettre au tramway de traverser les nombreuses portes de Paris encombrées de voitures). De plus les nombreux feux de signalisation nécessaires aux intersections constituent autant de points d'arrêts probables, inexistants sur la Petite Ceinture.
Les opposants au tracé en surface du tramway se prévalent de la forte augmentation des embouteillages dans la zone des boulevards des Maréchaux au cours de l'année 2006 (période de mise à l'essai du tramway puis de démarrage du service voyageurs) pour dénoncer le choix d'un tramway en surface, tandis que la mairie de Paris, si elle reconnaît les embouteillages constatés, estime alors qu'ils se résorberont progressivement au cours de l'année 2007 à mesure que les automobilistes s'habitueront aux règles de partage de la chaussée avec le tramway.
En décembre 2009, un rapport de la Cour des comptes relève que la vitesse commerciale du T3 n'est en réalité que de 16,5 km/h au lieu des 20 km/h prévus initialement par le projet. Cette vitesse n'est que « peu supérieure » à celle qu'assurait le bus PC1, qui atteignait selon le rapport une moyenne de 14,5 km/h. La RATP reconnaît le décalage constaté. Mais elle signale toutefois que les mesures effectuées en octobre 2009, si elles indiquent effectivement une vitesse à l'heure de pointe du matin de 16,4 km/h, atteint en journée 17,5 km/h.
Le T3 est « victime de son succès » explique la régie. En effet, avec 115 000 usagers en moyenne par jour (et 150 000 les jours de salon porte de Versailles), le tramway dépasse ses prévisions initiales de 100 000 voyageurs quotidiens. « L’importance des flux rallonge les temps d’arrêt en station », selon la RATP. Par ailleurs, la densité du trafic automobile contraint les conducteurs à ralentir aux carrefours, en dépit de la priorité accordée au tramway à l'approche des carrefours à feux. Le comportement des piétons, traversant la plateforme hors des passages prévus, expliquerait également la diminution de la vitesse commerciale.
Tracé et stations
Tracé géographiquement exact de la ligne T3.
La ligne relie le Pont du Garigliano, au sud-ouest de la capitale, à la Porte d'Ivry au sud-est, le long d'un tracé relativement rectiligne de 7,9 kilomètres de long à travers les XV, XIV et XIII arrondissements de Paris. Elle dessert dix-sept stations réparties sur le tiers sud de la périphérie de Paris. La voie possède un écartement des rails standard de 1435 mm.
Le terminus occidental de la ligne se situe en position axiale sur le boulevard du Général-Martial-Valin dans le XV arrondissement de Paris, à proximité immédiate de la Seine et de la ligne C du RER. Il possède deux voies dont une se prolonge par un tiroir. La ligne se dirige vers l'est en position axiale et en rampe de 38 mm/m jusqu'à la station Balard. Une voie unique en partie dédoublée se débranche à cet endroit, et se dirige vers le sud dans l'axe de l'avenue de la Porte-de-Sèvres vers l'atelier de maintenance et de remisage de Lucotte.
Terminus de la ligne de nuit, Pont du Garigliano
Le tramway se poursuit cette fois sur le boulevard Victor jusqu'à la porte de Versailles, avant d'aborder une nouvelle rampe de 33 mm/m. Il passe par une cuvette sous les voies de la gare Montparnasse puis pénètre dans le XIV arrondissement de Paris par le boulevard Brune. Il atteint la porte d'Orléans qui constitue un pôle d'échange majeur au sud de Paris. La ligne se poursuit vers l'est maintenant sur le boulevard Jourdan, longe le parc Montsouris où elle donne correspondance à la ligne B du RER, et atteint la porte de Gentilly. À partir de ce lieu, la ligne parcourt un environnement moins commercial que sur son tronçon ouest, mais dessert en revanche de grands équipements situés essentiellement sur sa partie sud. Pour cette raison, le tracé se place de manière latérale sur le côté méridional des boulevards. La ligne entre dans le XIII arrondissement de Paris et dessert le stade Charléty avant de sinuer le long de la Poterne des Peupliers pour sa plus longue interstation. Puis elle retrouve sa position axiale avant d'aborder la porte d'Italie.
Dorénavant sur le boulevard Masséna, la ligne retrouve une position latérale pour desservir la porte de Choisy, et retourne en position axiale avant de s'achever provisoirement porte d'Ivry. La plate-forme se poursuit jusqu'au carrefour de l'avenue Claude-Régaud.
Liste des stations
Elles sont listées ci-dessous d'ouest en est :
La voie du tramway T3 entre les stations Pont de Garigliano et Balard.
(les stations en gras servent de départ ou de terminus à certaines missions)
Les noms des stations
Quai nord de la station Montsouris.
Desnouettes porte le nom de la rue Desnouettes et se situe à proximité de l'école nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA ParisTech).
Georges Brassens rend hommage au chanteur Georges Brassens et au parc homonyme situé non loin. La station se situe sur le boulevard Lefebvre à la hauteur de la rue de Dantzig (actuelle ville polonaise de Gdańsk).
Brancion porte le nom de la porte Brancion ainsi que celui de la rue du même nom.
Didot porte le nom de la rue Didot qui rend hommage à la famille Didot.
Jean Moulin (porte de Châtillon) rend hommage au résistant Jean Moulin.
Montsouris (Porte d'Arcueil) dessert le parc éponyme.
Charlety se situe devant une des entrées du stade Charléty.
Poterne des Peupliers se situe à proximité de la dernière poterne de l'enceinte de Thiers.
L'architecture des stations
Station Porte d'Italie
Une rame Citadis 402 de la ligne T3 à quai
L'arrivée du tramway a permis de recapitaliser l'aménagement paysager des boulevards des Maréchaux ainsi que des rues adjacentes, grâce à l'architecte urbaniste Antoine Grumbach, en collaboration avec Michel Desvigne, paysagiste et Louis Clair, éclairagiste.
La voie de circulation est engazonnée sur les deux tiers du tracé, soit environ 36 000 m, ce qui permet aussi de réduire les vibrations et le bruit au passage du tram. Le gazon est arrosé automatiquement, selon un débitvariable en fonction de la météo pour économiser l'eau.
Trois cents arbres ont été ajoutés et trois cents autres remplacés, pour en faire ce que le paysagiste Michel Desvigne, chargé du projet, appelle un boulevard jardiné.
Aux essences déjà présentes sur le boulevard des Maréchaux – aulne, catalpa, chêne, érable, érable pourpre, érable negundo, févier, marronnier, micocoulier, Mûrier à feuilles de platane, noyer, orme de Sibérie, orme, peuplier blanc, paulownia impérial, platane commun, sophora et tilleul – viennent s'ajouter albizzia, amélanchier, arbre de Judée, aubépine, cerisier à grappes, cerisier à fleurs, charme-houblon, frêne, frêne à fleurs, noisetier de Byzance, paulownia, magnolia kobus, poirier à feuille de saule, poirier de Chine et sorbier.
Des bancs de métal sont installés sur les trottoirs, qui accueilleront aussi les pavés enlevés de l'ancienne chaussée.
L'éclairage a deux objectifs : accroître la sécurité des riverains et des voyageurs, tout en contribuant à améliorer le cadre de vie, en redonnant aux couleurs leur éclat naturel. Les stations sont éclairées par la voûte des abris voyageurs ainsi que par des spots encastrés dans le sol au pied des arbres.
Les auvents des abris voyageurs s'éclairent de couleurs différentes en fonction du mouvement des tramways ou à l'occasion d'événements divers.
Les stations du tramway et les « porte-LAC » ont été conçues par Jean-Michel Wilmotte et Arnaud de la Bussière, en tenant compte du style des mobiliers urbains parisien et de celui des objets de la RATP.
Neuf œuvres contemporaines jalonnent la ligne 3 du tramway : Sophie Calle et Frank Gehry (Le Téléphone), Dan Graham (From Boullée to Eternity), Angela Bulloch (Incubate Lactate Perambulate), Claude Lévêque (Tchaïkovski), Christian Boltanski (Murmures), Bertrand Lavier (Mirage), Peter Kogler (Pont et Skate Park) et Didier Fiuza Faustino (1SQMH).
Plan des voies
Exploitation de la ligne
La vitesse commerciale était prévue à terme à 20 km/h, après une période transitoire de dix-huit mois durant laquelle elle devait passer progressivement de 16 km/h à 18 km/h puis 20 km/h. Toutefois fin 2009, cette vitesse n'atteignait que 17,5 km/h en heures creuses selon le rapport de la Cour des comptes. La signalisation routière aux carrefours donne la priorité aux tramways, ce qui favorise leur progression (et est, de plus dissuasif pour les automobilistes, choix qui était clair dès le début du projet).
La fréquence des rames est de quatre à cinq minutes aux heures de pointe et de six à huit minutes aux heures creuses, du lundi au vendredi. Elle est de quinze minutes entre 22 h 00 à la fin du service. Le samedi, l'intervalle entre deux rames varie de six à neuf minutes en journée et de sept à dix minutes les dimanches et jours de fêtes.
Le premier départ du Pont du Garigliano est à 4 h 50 (5 h 50 les dimanches et jours fériés), celui de la Porte d'Ivry à 5 h 30 (6 h 30 les dimanches et jours fériés). Le dernier tramway part du Pont du Garigliano à 0 h 30 (1 h 30 les vendredis, samedis et veilles de fête) et de la Porte d'Ivry à 1 h 05 (2 h 05 les vendredis, samedis et veilles de fête). Ces horaires sont allégés durant la période estivale.
Matériel roulant
Intérieur d'une rame de la ligne T3.
Le matériel choisi pour équiper le T3 est le Citadis 402 d'Alstom. Celui-ci a pour caractéristiques de posséder un plancher bas intégral le rendant accessible aux personnes à mobilité réduite, une ventilation réfrigérée, un système de vidéosurveillance. Les rames ont une longueur de 43,7 m pour une largeur de 2,65 m. Elles sont composées de sept modules et le nombre de places assises est de soixante-dix-huit pour une capacité totale de 304 personnes par rame. Le matériel, apte à une vitesse maximale de 60 km/h, est entraîné par six moteurs asynchrones d'une puissance nominale de 120 kilowatts, alimentés sous une tension de 750 volts continu, courant capté par caténaire via un pantographe.
Les rames, commandées en décembre 2003, sont fabriquées dans les usines du Creusot (bogies), de Tarbes (équipements électriques et électronique de traction), de Villeurbanne (électronique embarquée), d'Ornans (moteurs) et assemblées à l'usine d'Aytré, près de la La Rochelle. Leur conception esthétique a fait l'objet de recherches poussées par plusieurs designers : Régine Charvet-Pello pour le concept général, le coloriste Vonnik Hertig pour les tissus et les ambiances intérieures, Emmanuel Fédon et Luc Maillet pour l'habillage extérieur des rames. La livrée des rames est personnalisée, associant le vert jade traditionnel de la RATP à divers visuels symboliques de la ville de Paris.
En tout vingt et une rames assurent le fonctionnement de la ligne. Les rames roulent à droite, comme celles du métro, mais contrairement à celles du RER qui roulent à gauche comme l'essentiel des trains du réseau ferroviaire national français.
Depuis juin 2009, la RATP et Alstom expérimentent dans le cadre du projet « STEEM » (Système de tramway à efficacité énergétique maximisée), sur une rame du T3 une technologie de super-condensateurs qui permettrait à terme d'importantes économies d'énergie et la recharge des rames en station.
Conduite et signalisation
Cabine de conduite du Citadis 402 sur le T3.
La conduite sur la ligne se fait en « conduite à vue », on n'y trouve que des panneaux de limitation de vitesse, des signaux de protection d'itinéraires et des signaux protégeant le franchissement des carrefours. Pour ces derniers, la voirie est équipée de signaux tricolores classiques de type R11 tandis que la ligne est équipée de signaux de type R17 et R18 associés à la signalisation routière.
Sur un fond noir, une barre horizontale de couleur blanche signale l'arrêt, un rond blanc annonce un signal d'arrêt et une barre verticale blanche la voie libre. Une signalisation d'aide à l'exploitation complète ces signaux, un losange lumineux signalant la prise en charge de la demande de priorité au carrefour.
Les signaux de protection d'itinéraires ou signaux d'exploitation se situent où se trouvent les appareils de voies (aiguillages). Les panneaux de limitation de vitesse se présentent quant à eux comme des panneaux carrés avec des chiffres noirs sur fond blanc. Enfin, les indicateurs de coupure de courant sont implantés en amont de chaque secteur d'alimentation de la ligne aérienne de contact (LAC). Deux ronds blancs alignés en position verticale annoncent une ligne alimentée, alignés en position horizontale une ligne non-alimentée.
Les machinistes du T3 ont commencé leur formation le 2 mai 2006. Quatre-vingt-dix personnes au total ont été formées à la conduite sur la ligne.
Régulation du trafic (priorité tramway)
Signalisation piétons et indicateur d'alimentation.
Le tramway est toujours prioritaire aux carrefours. Chaque contrôleur de carrefour suit en temps-réel l'arrivée des différentes rames sur les lignes de feux des voies tramway (gestion de délais d'approche en secondes), et adapte dynamiquement (prolongation ou raccourcissement) les durées des deux phases de circulations des voitures (Maréchaux et radiales) afin de faire passer la rame sans qu'elle ait à s'arrêter à aucun carrefour. Pour ce faire, le contrôleur gère un algorithme de priorité tramway. Les contrôleurs continuent à fonctionner en mode coordonné entre chaque passage de tramway.
Tous les contrôleurs communiquent en ethernet sur un réseau fibre optique dédié. Ils s'échangent des tables de détections de boucles électromagnétiques (avec reconnaissance de balise numérique présente sur chaque rame, la détection magnétique temporisée servant en secours).
Un poste central de régulation du trafic permet d'exploiter la ligne en surveillant tous les contrôleurs et en permettant de régler certains paramètres (temps d'arrêts en stations, temps d'approches pour chaque point de détection, …). Ce système permet de grandement faciliter la phase de mise au point de la ligne durant la marche à blanc (fonctionnement sans passagers) afin de minimiser les interventions terrains. Les temps d'arrêts en stations sont pris en compte suivant des durées fixées de manière statistique dans des tables horaires (les délais d'approches finaux calculés par le PC et transmis aux contrôleurs tiennent compte de ces durées).
Certains carrefours sont équipés de caméras vidéos effectuant une analyse vidéo afin de déterminer une éventuelle occupation prolongée de la plate-forme tramway par des véhicules qui la traversent. Ceci permet d'anticiper le passage au rouge sur les feux concernant ces véhicules, afin que le tramway ne se retrouve pas bloqué lors de son arrivée, ce qui annulerait l'effet de la priorité assurée pour franchir le feu.
De par la réduction du nombre de files de circulation voitures, il était attendu une baisse de la circulation automobile de 25 %.
Ateliers
Ateliers de Lucotte
Près de la station Balard part une voie qui se dirige vers les ateliers de Lucotte, ateliers de maintenance du T3 situés avenue de la Porte de Sèvres, à l'emplacement de la rue du Général-Lucotte, le long du boulevard périphérique.
Ce complexe de 1,8 hectares sert de remisage aux vingt-et-une rames de tramway, ainsi que de centre de maintenance. Il comprend un ensemble de trois bâtiments. La halle d'entretien accueille quatre voies dont deux sur fosses et trois avec passerelle d'accès à la toiture des rames. C'est là que se déroulent les opérations d'inspection, de réparation ou encore le reprofilage (« réalésage ») des roues en fosse afin de limiter les risques pour la sécurité et les nuisances sonores. Un bâtiment de nettoyage sert aux opérations de nettoyage tant extérieures qu'intérieures des rames ainsi qu'au remplissage des sablières.
Au fond de l'atelier, après les voies de garages, se trouve le centre d'exploitation de la ligne, abritant le poste de commandement de la ligne (PCL). C'est dans ce local que le régulateur assure l'exploitation en temps réel de la ligne en liaison radio avec les conducteurs, assisté par le système d'aide à l'exploitation (SAE). Cet outil fournit plusieurs informations telles que la position exacte des rames et la position des traversées routières. Il permet en outre d'informer les voyageurs et de gérer la maintenance des rames. Une sortie piétonne se rapproche du terminus ouest de la ligne, station Pont du Garigliano.
Tarification et financement
La tarification de la ligne est identique à celles des deux autres lignes de tramway exploitées par la RATP ainsi que l'essentiel des lignes de bus et accessible avec les mêmes abonnements. Un ticket t+ permet un trajet simple quelle que soit la distance avec une ou plusieurs correspondances possibles avec les lignes de bus et de tramway pendant une durée maximale de 1h30 entre la première et la dernière validation, mais pas avec le métro ni le RER.
Le financement du fonctionnement de la ligne (entretien, matériel et charges de personnel) est assuré par la RATP. Cependant, les tarifs des billets et abonnements dont le montant est limité par décision politique ne couvrent pas les frais réels de transport. Le manque à gagner est compensé par l'autorité organisatrice, le STIF, présidé depuis 2005 par le président du Conseil régional d'Île-de-France et composé d'élus locaux. Il définit les conditions générales d'exploitation ainsi que la durée et la fréquence des services. L'équilibre financier du fonctionnement est assuré par une dotation globale annuelle aux transporteurs de la région grâce au versement transport payé par les entreprises et aux contributions des collectivités publiques.
La construction de cette troisième ligne de tramway en Île-de-France a coûté un peu plus de 311 millions d'euros, financée par :
la Ville de Paris, avec 93,7 millions d’euros (30 %) dont 49,3 millions pour le financement de la ligne et 44,4 millions dans la requalification urbaine qui comprend les aménagements qualitatifs du système de transport et la requalification urbaine des boulevards ;
la RATP, avec 85,73 millions d’euros (27,5 %) dont 32,73 millions pour le financement de la ligne et 52,8 millions pour l'achat des rames ;
la région Île-de-France, avec 81,32 millions d’euros (26 %) ;
l'État, qui a versé 50,76 millions d’euros (16,5 %) pour le financement de la ligne.
Le STIF verse chaque année 8,9 millions d'euros pour l'exploitation de la ligne.
Projets d'extension
Si les réticences des habitants du 16 arrondissement sont vaincues, il se pourrait que le tramway, exploité en deux ou trois sections, puisse faire un jour le tour de Paris par les boulevards des Maréchaux.
Les tronçons manquants sont :
Porte d'Ivry - Porte de la Chapelle, dont la réalisation est fixée pour 2012 ;
Porte de la Chapelle - Porte d'Asnières, dont la réalisation est prévue mais n'est pas encore financée ;
Porte d'Asnières - Pont du Garigliano, dont la réalisation n'est pas encore envisagée.
Prolongement vers l'est
Carte de l'extension prévue du T3 à l'est de Paris.
Le coût du projet, évalué à 615 millions d'euros, sera réparti à 50/50 jusqu'à la Porte de Charenton entre la Ville de Paris et la Région Île-de-France, et la Ville de Paris financera 70 % de la section au-delà jusqu'à Porte de la Chapelle. Certains opposants évaluent cependant le coût réel à 931 millions d'euros en Janvier 2009.
Pour cette extension, en septembre 2009, la Ville de Paris a obtenu un financement de 500 millions d'euros auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI), après un prêt de 130 millions pour le premier tronçon du T3. Cet accord a été signé par Anne Hidalgo et Philippe de Fontaine-Vive, vice-président de la BEI. Le prêt, flexible, sera remboursable en 25 ans.
De la Porte d'Ivry à la Porte de Vincennes
Depuis le lancement du projet TMS, il était envisagé un prolongement de 2,4 kilomètres vers l'est jusqu'à la porte de Charenton (débat public du 30 janvier au 15 mai 2006) dans le contrat de plan 2000-2006. Le tramway devait traverser la Seine. La longueur totale aurait été alors de 10,4 kilomètres.
La question du financement a fait repousser cette extension, jusqu'à ce que la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012 englobe ce projet dans un plus grand : prolonger le tramway des Maréchaux jusqu'à la Porte de la Chapelle, permettant ainsi la liaison avec le pôle olympique. Les Jeux prévoyaient aussi une extension à l'ouest du Pont du Garigliano jusqu'à la Porte d'Auteuil. L'échec de la candidature parisienne a retardé ces projets. Mais le projet fut maintenu et le débat public a eu lieu du 30 janvier au 15 mai 2006. La mise en service est prévue fin 2012.
Dans le cadre du projet d'extension, plusieurs variantes ont été proposées dont celle consistant à sortir de la ville de Paris pour desservir une partie de Pantin. À la gare Évangile, elle devrait donner la correspondance avec le RER E et le projet de « T8 ». En septembre 2007, le tracé d'extension a été choisi et a été finalement validé le 10 octobre par le STIF.
Ce tracé envisage la desserte de Pantin. Pour une meilleure gestion de ligne, celle-ci sera coupée en deux « arcs » et le point de correspondance sera à la Porte de Vincennes qui fera office de terminus technique. Une liaison complémentaire entre la Porte de Vincennes et la place de la Nation a été envisagée mais le STIF n'a pas souhaité retenir cette option pour le moment.
Les stations de la Porte d'Ivry à la Porte de Vincennes
Le STIF a défini 25 stations jusqu'à la Porte de la Chapelle qui sont :
Les noms des stations ne sont pas définitifs. Les coordonnées et les zones sont approximatives.
Ce projet fait l'objet d'une enquête publique du 28 avril au 7 juin 2008. Le dossier d'enquête est disponible en ligne, en vue d'une mise en service qui pourrait intervenir fin 2012.
Prolongements vers l'ouest
De la Porte de la Chapelle à la Porte d'Asnières
Suite à de nombreuses demandes exprimées lors du débat public sur le prolongement du T3, il est aujourd'hui envisagé de prolonger au-delà de la Porte de la Chapelle jusqu'à la Porte d'Asnières. Denis Baupin a exprimé le souhait de voir ce prolongement réalisé pour 2012 afin de desservir la ZAC des Batignolles et réduire la saturation de la ligne 13 du métro.
Le conseil du STIF du 10 octobre 2007 a indiqué que ce prolongement ne pouvait se faire sans apport financier de l'État. De ce fait, cette section sera alors peut-être réalisée dans le cadre du contrat de plan État-Région 2014-2020.
Le 29 septembre 2009, les élus Verts au Conseil de Paris, ont déposé un projet de délibération qui propose de récupérer les deux cents millions d'euros consacrés à la rénovation d'un stade de rugby, le stade Jean-Bouin, pour les attribuer au prolongement du tramway des Maréchaux, de la porte de la Chapelle (18) à la porte d'Asnières (17). Le maire de Paris s'oppose à cette proposition.
Le 2 septembre 2010, Annick Lepetit, adjointe au maire de Paris en charge des transports, a annoncé que le débat public serait lancé dès janvier 2011 pour un début des travaux en 2014 et une mise en service en 2016.
De la Porte d’Asnières au Pont du Garigliano
En raison d'une forte opposition au projet, exprimée par les riverains lors du débat public sur le prolongement du T3 entre Pont du Garigliano et Porte d'Auteuil, le projet de prolongement a été reporté sine die. Les habitants du 16 arrondissement de Paris estiment que le prolongement du tramway serait d'un coût excessif, ne correspond pas à une réelle demande de transports, sera destructeur de places de stationnement et mettra en péril le commerce local le temps de la durée des travaux.
Concernant la section entre la Porte d'Auteuil et la Porte d'Asnières, le projet n'est pour l'instant plus à l'ordre du jour car la présence de la ligne C du RER a été jugée suffisante pour la desserte actuelle.