Natif des Vans, Louis Léopold Ollier passe son enfance et son adolescence dans la ferme de ses parents. Enfant déjà, il soignait les poules de son école des Frères Basiliens et s'intéressait à la botanique. Après avoir obtenu les baccalauréats littéraire et scientifique en 1848 et 1849, il embrasse la carrière médicale d'abord à Montpellier puis à Lyon, où il a pour maître de chirurgie osseuse Amédée Bonnet.
Il remporte en 1860 le concours de chirurgien-major du Grand Hôtel-Dieu de Lyon. Le Majorat, poste convoité depuis que Louis XII le pourvoit de privilèges importants en 1618, a été exercé par nombre de médecins illustres : Claude Pouteau (1747-1753), Marc-Antoine Petit (1788), Gensoul, etc.
Ollier, avec une excellente formation de chirurgie générale, a constitué le premier un service à l'Hôtel-Dieu s'occupant uniquement de chirurgie osseuse et des parties molles (muscles et peau) : il est le véritable créateur de la chirurgie orthopédique. Il s'est tourné délibérément vers la spécialisation de chirurgie osseuse en s'occupant à la fois des enfants et des adultes.
La guerre franco-prussienne de 1870 permet à L.L. Ollier d'exercer son art chirurgical sur des pathologies spécifiques aux temps de guerre, plaies par armes à feu ou armes blanches. Il abandonne l'amputation systématique dans les lésions graves des os et des articulations, pour mettre en œuvre une chirurgie conservatrice. Nommé professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Lyon dès sa création, en 1877, il poursuit ses activités dans son service de chirurgie osseuse du Grand Hôtel-Dieu jusqu'en 1900.
À la mort du professeur Ollier, une souscription mondiale permit d'élever deux statues monumentales en bronze, réalisées par Boucher, l'une aux Vans, l'autre sur la place Ollier à Lyon. La ruse des vanséens préserva la première de la convoitise des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la seconde fut fondue pour les besoins de la Wehrmacht en 1941.