Maladie de Menière

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Introduction

La maladie de Menière (ou maladie de Ménière) est une affection due à une atteinte de l'oreille interne.

Elle réalise une entité clinique caractérisée par :

  • la triade symptomatique associant vertiges vrais (sensations rotatoire), acouphènes et surdité, ces deux symptomes étant fluctuants dans le temps.
  • une lésion endolabyrinthique ;
  • une altération de la circulation labyrinthique aboutissant à une modification de pression des liquides labyrinthiques.

Historique

Contrairement à ce qui peut parfois être lu, Prosper Menière n’a pas décrit la maladie qui porte son nom, mais une forme déficitaire d’atteinte vasculaire de l’oreille interne. Son mémoire, resté célèbre, montrait d’une façon indiscutable (car avec une analyse histologique) le rôle de l’oreille interne dans certains vertiges, permettant ainsi de différencier les vertiges périphériques de ceux d’origine centrale, seule cause admise avant lui. Ce n’est qu’en 1874 que Jean-Martin Charcot décrira une maladie de l’oreille interne, associant une triade Vertige, Acouphène et Surdité, qu’il dédiera à son collègue.

Le système du labyrinthe et sa circulation sont identifiés en 1927.

En 1927, le premier traitement chirurgical, par ouverture du sac endolymphatique, est proposé. L'hypothèse d'un déséquilibre entre secrétion et réabsorbtion du liquide est émise en 1943.

Épidémiologie

La prévalence est estimée d'un peu moins de 50 cas par 100 000 habitants.

Il semble exister une discrète prédominance féminine. Elle est plus fréquente chez les personnes de type européen. L’âge de survenue est, en général, compris entre 40 et 60 ans. Avant 20 ans, la maladie de Ménière est rare. Les formes familiales ne sont pas rares, ce qui laisse suspecter une cause génétique. De même, la maladie semble associée avec le groupe HLA A2.

Physiopathologie

La pathogénie de la maladie de Ménière reste encore, très largement, méconnue. L'augmentation de la pression du liquide dans le labyrinthe de l'oreille, appelé hydrops endolymphatique, constitue, indiscutablement, sa caractéristique. Il relève soit d’une hypersécrétion d’endolymphe, soit de son insuffisante réabsorption.

L’hyperproduction d’endolymphe peut résulter de trois phénomènes :

  • Une élévation de la pression hydrostatique dans le segment artériel de la strie vasculaire entraînant une augmentation de la fuite liquidienne du capillaire vers le labyrinthe, ou une diminution de la pression osmotique plasmatique ayant la même conséquence ;
  • une stimulation exagérée du processus de sécrétion ;
  • une augmentation de la pression osmotique endolymphatique par accumulation de débris cellulaires ou de macromolécules hydrophiles (par exemple par une perte de la fonction phagocytosique du sac endolymphatique, ou par un déficit en hyaluronidase).

Le déficit de réabsorption de l’endolymphe résulterait d’un dysfonctionnement du sac endolymphatique. L’atteinte du sac peut être secondaire à une atteinte embryonnaire, génétique, infectieuse, traumatique ou autre.

L’hydrops affecte d’abord le canal cochléaire et le saccule, puis force la valvule utriculo-endolymphatique, et s’étend à l’utricule et aux canaux semi-circulaires.

Les symptômes de la crise résultent d’une variation brutale ou progressive de la pression endolymphatique avec trois conséquences possibles : rupture du labyrinthe membraneux et intoxication potassique, augmentation de la perméabilité du compartiment endolymphatique, découplage stéréocil-membrane tectoriale avec perturbation de la micromécanique cochléaire.

Symptômes

La maladie de Ménière, étant une entité clinique, se caractérise par une triade symptomatique clinique et une évolution par crises répétées. Les trois symptômes majeurs sont :

  • un vertige itératif survenant en crises spontanées de quelques minutes à quelques heures et se répétant à intervalles variables. Ce vertige est, le plus souvent, giratoire.
  • des acouphènes qui simulant classiquement un bruit de conque marine. Ils sont constants ou intermittents. Habituellement non pulsatiles, ils apparaissent ou s’accentuent, en règle, dans les instants qui précèdent la crise vertigineuse. Constituant, ainsi, un signe annonciateur avertissant le patient de l’imminence de la crise.
  • Une surdité de perception. Constante durant la crise, elle a, comme les acouphènes, une valeur localisatrice et diagnostique. Au début de l’évolution, elle prédomine sur les fréquences graves et présente des fluctuations éminemment caractéristiques de l’affection, avec retour à la normale en quelques heures ou jours. Ces fluctuations, imprévisibles et irrégulières, s’associent souvent à une sensation d’oreille bouchée, de plénitude ou de pression qui cède en règle générale après l’attaque. Au cours de l’évolution, la surdité s’accentue et atteint l’ensemble des fréquences, perd ses fluctuations et se stabilise aux environs de 50 – 70 dB. La cophose (ou surdité totale), reste exceptionnelle. Cette hypoacousie s’accompagne de signes témoignant de sa nature endocochléaire : atteinte de la discrimination, intolérance aux sons forts, distorsion sonore, diplacousie.

Les signes vagaux (nausées, vomissements, sueurs ; tachycardie) sont fréquents pendant la crise.

l'évolution

  • Dans un laps de temps de 10 à 15 ans, les "crises" de vertiges se font plus rares, mais le trouble de l'équilibre est subintrant, l'audition est très souvent altérée.

Traitement

  • d'ordre médical

  • antivertigineux (vestibuloplégique) pour une durée courte, certain diurétique associés à des suppléments potassique, la bétahistine ou (paradoxalement) les antihistaminiques peuvent être indiqués.

  • la prise en charge du quantum anxieux peut être souvent un point prépondérant par des antihistaminiques à visée sédative ou par des benzodiazépines en cures brève.

  • on peut faire appel à la rééducation vestibulaire lors des crises pour agir sur les vertiges et les faire passer au second plan; la rééducation ne peut agir sur le phénomène pressionnel. Cette voie reste toutefois non consensuelle.

  • chirugical (dans les cas rebelles qui sont rares, il existe un traitement chirurgical)

  • La décompression du sac endolymphatique qui vise à baisser la pression intra labyrinthique.

  • La neurectomie vestibulaire (section du nerf vestibulaire).

  • La destruction du labyrinthe postérieur par voie trans-tympanique avec de la gentamicine (ototoxique) avec pour conséquence, l'agravation de la surdité prexistante.