Des textes anciens et témoignages du XX siècle rapportent que des troupeaux « sauvages » ou en semi-liberté vivaient dans les marais proches des lettes du massif dunaire ou bordant les étangs côtiers, comme en atteste ce rapport de 1739, destiné à l'intendant de Guyenne :
« Le gros bétail ne donne aucun fumier dans ces cantons, parce qu'il est impossible de l'enfermer dans des parcs ou des étables. Les bœufs et les vaches sont tout à fait sauvages, leurs instincts les porte à gagner les montagnes de sable qui sont sur le bord de la mer, tout le long de la côte du Médoc, du Pays de Buch, du Born et du Marensin. Ce bétail est toute l'année dehors et vit de l'herbe qui vient dans des parties qui sont dans ces montagnes ».
Ces troupeaux ne sont pas tout à fait à l'état sauvage comme le laisse entendre cette correspondance. Des communautés villageoises envoient en effet leur bétail dans les dunes du littoral au moment des moissons. Cette « transhumance » les soulage ainsi un temps de la surveillance et de l'entretien.
Avec la fixation des dunes en Aquitaine au XIX siècle et la colonisation des Landes de Gascogne par le pin maritime, les rivages semi-marécageux des étangs deviennent le lieu de refuge de ces troupeaux. Ils y trouvent une végétation abondante, notamment le carex coepista, de jeunes poussent d'arundo et de digitaria. Certains autochtones piègent cette vache sauvage comme un vulgaire lapin pour améliorer leur quotidien, prisant sa viande riche des sels minéraux puisés dans cette végétation.
Jusqu’à l’entre-deux-guerres, de semblables troupeaux sont laissés par leur propriétaire autour de l'étang de Biscarrosse et de Parentis. Ici ou là, des barguèiras, sortes de parcs mobiles, permettent aux vachers de rassembler les bestiaux pour les marquer et les sélectionner. On surveille attentivement les jeunes « coupes » (parcelles récemment plantées de pins) pour éviter que les vaches n’y fassent des dégâts.
La Seconde Guerre mondiale a raison du bovidé : l'armée allemande et les landais déciment les vaches marines. Au sortir de la guerre, il ne reste plus que quelques troupeaux, qui deviennent ensuite particulièrement sauvages. Les dernières de ces vaches « marines » à l'état sauvage vivent à Biscarrosse avant de disparaître en 1963.