Maurice Bucaille

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Introduction

Maurice Bucaille, né le 19 juillet 1920 à Pont-l'Évêque (Calvados) et mort le 17 février 1998, est un médecin français.

Converti à l’islam, membre éphémère de la Société française d'égyptologie et auteur de plusieurs ouvrages, Bucaille est connu surtout des musulmans pour ses théories concordistes favorables au Coran, dans lesquelles il affirme démontrer que le Coran est conforme aux théories scientifiques modernes, alors que la Bible serait pleine d’erreurs et d’incohérences. Son exégèse a été critiquée pour son manque d’objectivité, dans la mesure où il exige de la Bible une stricte conformité aux connaissances scientifiques actuelles qu’il n’exige pas du Coran, dont il admet qu’il soit exprimé dans un langage « qui convient à des agriculteurs ou à des nomades de la péninsule arabique ».

Biographie

Fils de Maurice et de Marie (James) Bucaille, Maurice Bucaille a pratiqué, de 1945 à 1982, la médecine comme gastroentérologue. En 1973, Bucaille a été nommé médecin de la famille du roi Fayçal d’Arabie saoudite. Autre de ses patients à ce temps, Des membres de la famille du président Anouar el-Sadate d’Égypte font également partie de ses patients à cette époque.

En 1976, il publie la Bible, le Coran et la science, vendu à des millions d’exemplaires et a été traduit en plusieurs langues, où il soutient que le Coran contient beaucoup de découvertes scientifiques. En 1987, il publie un autre livre intitulé : Momies du pharaons : les enquêtes médicales modernes.

Concordisme

Bucaille est une des références du concordisme musulman, méthode controversée qui voudrait faire concorder les religions avec les sciences : les concordistes tentent de faire coïncider les textes sacrés avec chaque nouvelle découverte dans le domaine scientifique.

Théories concordistes de Maurice Bucaille

La popularité de la Bible, le Coran et la science, aussi bien que dans les programmes de télévision, les conférences et les sites Internet qu’il a aidé à inspirer, a donné lieu au néologisme « bucaillisme », terme renvoyant généralement à la conviction que « le Coran a prophétisé la théorie du Big Bang, le voyage spatial et d’autres percées scientifiques contemporaines ».

Conformité du Coran, « véritable parole de Dieu », aux théories scientifiques

La Bible, le Coran et la Science décrit le Coran comme étant en accord avec les faits scientifiques et les connaissances modernes sur la création de l’univers, la terre, l’espace, le règne animal et végétal, la reproduction humaine, etc. qui ont été révélées il y a quatorze siècles à Mahomet, prophète de l’islam. À la différence de la Bible et des Évangiles qui ne révèlent que peu de choses qui pourraient être prouvées par les connaissances modernes et scientifiques actuelles, à l’exception peut-être de la création de la Terre ou de la généalogie de Jésus, Bucaille affirme que le Coran énonce que dans l’islam, la science et la religion sont « des sœurs jumelles ». Selon celui-ci, la Bible contient des erreurs scientifiques monumentales et pas une seule ne se trouve dans le Coran, que ses descriptions de phénomènes naturels rendraient compatible avec la science moderne. Bucaille conclut que le Coran révélé au prophète Mahomet, un homme illettré et incapable de prouver des faits qui seront confirmés, quatorze siècles plus tard, par la science moderne, est la véritable parole de Dieu.

Comparaison entre le Coran et les « erreurs » et « incohérences » de la Bible

Bucaille soutient que, du fait de sa transmission orale, l’Ancien Testament aurait été dénaturé ainsi qu’à cause de nombreuses traductions et de corrections. Il accentue, dans ses mots, « les nombreux désaccords et les répétitions », dans l’Ancien Testament et les Évangiles.

Dans son analyse, Bucaille soutient qu’il s’appuie sur de nombreuses critiques de la Bible, telles que « l’hypothèse documentaire ». En ce qui concerne le Coran, Bucaille suit cependant la tradition islamique selon laquelle les rouleaux de papier coranique sont dits être recueillis pendant la vie de Mahomet ce qui assure leur authenticité.

Selon lui, la création des cieux et de la terre donne le premier des exemples de la cohérence du Coran avec la science. Les critiques de Bucaille à l’encontre de la Bible se concentrent sur la description de la Création donnée par la Genèse, qui, pour lui, contient des incohérences. Il critique certains passages qui déclarent que la terre était au départ une masse gazeuse et qu’ensuite l’eau y a été placée, ainsi que le fait que les « bêtes de la terre » n’apparaissent qu’après les oiseaux, opposant cette description de la Création à la théorie de l’évolution, tout comme lorsque la Bible affirme que « quand Dieu a créé l’homme, il n’y avait aucune végétation sur la Terre (il n’avait pas encore plu) ». Bucaille s’appuie également sur le cas de Galilée, qui a été condamné par l’Église catholique. Bucaille prétend montrer que le Coran, à la différence de la Bible, n’indique pas un ordre spécifique pour la création des cieux et de la terre et soutient que cela permet de laisser l’ensemble du processus de la Création ouvert à l’interprétation donnée par les théories scientifiques actuelles.

Réfutation des théories bucaillistes

Remarques méthodologiques

Les théories concordistes de Maurice Bucaille ont fait l’objet de critiques. Ainsi William F. Campbell soutient-il que Maurice Bucaille n’évalue pas le Coran selon les critères à l’aide desquels il juge la Bible : Bucaille exige en effet de celle-ci qu’elle se conforme aux exigences et au langage scientifiques du XX siècle, alors qu’il juge acceptable que le Coran soit écrit sans cette même rigueur scientifique, car, écrit-il, le Coran « est exprimé dans un langage qui convient à des agriculteurs ou à des nomades de la péninsule arabique. L’objectivité dont se réclame le Dr. Bucaille reste ainsi toute théorique ».

Cas du récit de la Création

Maurice Bucaille critique par exemple la Bible lorsqu’elle décrit la Création, en divisant le déroulement en « jours » (hébreu : yom) : il souligne en effet que « l’on sait parfaitement de nos jours que la formation de l’univers et de la terre [...] s’est effectuée par étapes sur des périodes de temps extrêmement longues », considérant dès lors le texte biblique comme « inacceptable ». La Bible décrivant la création de l’univers en six jours, Dieu se reposant le septième jour ; allusion directe à la semaine des sept jours terrestres selon Bucaille.

En revanche, il n’hésite pas, lorsqu’il aborde le Coran, à réexaminer le sens du mot, admettant que les six « jours » (arabe : yawm) de la Création décrits dans les sourates du Coran doivent être compris comme désignant une « période de temps tout à fait différente » de l’acception usuelle du mot « jour ». En effet, il explique que le mot aurait plusieurs sens en arabe, le sens le plus courant étant jour précisant qu’il « tend à désigner plutôt la clarté diurne que la durée de temps entre un coucher de soleil et celui de son lendemain ». L’autre sens est « période de temps » non précisée mais toujours longue. Pour appuyer ses dires, il donne deux exemples de versets coraniques :

  • la sourate 32, verset 5 : « [...] en une période de temps (yawm) dont la mesure est de mille de ce que vous comptez » ;
  • et la sourate 70, verset 4 : « [...] en une période de temps (yawm) dont la mesure est de 50 000 ans.»

Ceci permet à Maurice Bucaille de considérer que la description de la Création faite par le Coran n’est pas contraire à la vérité scientifique, alors que, dit-il, la description qu’en fait la Bible est « une erreur grossière ».

Analyse des momies des Pharaons

En 1974, pour connaitre les raisons de la mort de Mérenptah, Ramsès II et d’autres momies égyptiennes, des investigations débutèrent avec des collaborateurs égyptiens puis avec une dizaine d’autres collaborateurs français de disciplines médicales diverses, sous la direction de Bucaille. Les résultats furent communiqués, entre autres, à l’Académie de médecine et à la Société française de médecine légale. Puis, lors de la sortie de son livre Les Momies des Pharaons et la médecine présentant les résultats définitifs de ses recherches, il reçut la médaille d’argent du prix Diane-Potier-Boès décerné en 1988 par l’Académie française, pour « un ouvrage traitant des rapports entre l’Égypte et la France, ou à défaut consacré à l’histoire ou à la civilisation de l’Égypte ».

Publications

  • La Bible, le Coran et la science : les Écritures Saintes examinées à la lumière des connaissances modernes, Paris, Seghers 1976, , Pocket 2003,
  • Les Momies des pharaons et la médecine, Paris, Séguier, 1987 .
  • Réflexions sur le Coran, Paris, Seghers, 1989 .
  • L’homme d’où vient-il ? Les réponses de la science et des Écritures Saintes, Paris, Seghers, 1980, 7 éd..
  • Moïse et Pharaon ; Les Hébreux en Égypte ; Quelles concordances de Livres saints avec l’Histoire ?, Paris, Seghers, 1995 .