Lors du procès, l'avocat du plaignant, après avoir donné comme preuve les définitions des termes « fruit » et « légume » des dictionnaires de langue anglaise Webster, Worcester et Imperial Dictionary, appela deux témoins, qui avaient travaillé pendant trente ans dans le commerce des fruits et légumes, et leur demanda de dire, après avoir entendu ces définitions, si ces termes avaient « une signification particulière dans le commerce, différente de celles qui venaient d'être lues ».
Durant l'audition, un témoin déclara qu'au regard des définitions des dictionnaires :
« [les dictionnaires] ne classent pas toutes les choses, mais sont exacts dans leur domaine. Ils ne considèrent pas toutes les sortes de fruits ou de légumes, mais seulement une partie d'entre eux. Je pense que les termes « fruit » et « légume » ont la même signification dans le commerce que celle qu'ils avaient le 1er mars 1883. Je comprends que le terme « fruit » s'applique dans le commerce seulement aux plantes ou parties de plantes qui contiennent des graines. Il existe bien d'autres légumes que ceux cités dans l'énumération donnée par le dictionnaire Webster sous le vocable « légume » (vegetable) comme chou, chou-fleur, navets, pommes de terre, pois, haricots, et autres,' probablement couverts par l'expression « et autres ». »
Un autre témoin déclara : « Je ne crois pas que les termes « fruit » ou « légume » aient eu, en mars 1883, et jusqu'à présent, une signification particulière dans le commerce de ce pays différente de celle que j'ai pu lire dans les dictionnaires.»
L'avocat du plaignant comme celui du défendeur se référèrent aux dictionnaires. Le premier lut, comme pièce à conviction, les définitions des mêmes dictionnaires du terme « tomate », tandis que le second lut ensuite les définitions du dictionnaire Webster des termes pois, aubergine, concombre, courge et piment. Le plaignant répliqua ensuite en lisant les définitions des dictionnaires Webster et Worcester de pomme de terre, navet, panais, chou-fleur, chou, carotte et haricot.