Avant le XVI siècle, des racines de nombres négatifs apparaissent occasionnellement sur des textes écrits. L'un des plus connus est un calcul de volume réalisé par le mathématicien grec Héron d'Alexandrie, où apparait une racine carrée d'une différence. Malheureusement, ce texte n'est connu que par ses traductions. Il est possible que ce soit une erreur commise par un des traducteurs, hypothèse envisagée par Dominique Flament. On crédite habituellement les travaux de Cardan pour avoir réellement souligné l'importance que peuvent jouer les racines carrées des nombres négatifs dans les calculs. Dans Ars Magma (1545), Jérôme Cardan recherche une méthode pour obtenir une racine carrée réelle d'une équation polynomiale de degré 3. Elle est aujourd'hui connue sous le nom de méthode de Cardan et fait intervenir des extractions de racines carrées de nombres réels, éventuellement négatifs.
Dans Algebra (1572), Raphaël Bombelli s'intéresse à ces racines de nombres négatifs. Les signes pia (plus) et meno (moins) étaient utilisés pour les nombres réels. Bombelli introduit les signes pia di meno (ix...) et mino di mino (-ix...) pour étudier les nombres imaginaires purs. De même qu'un nombre réel strictement positif possède deux racines carrées réelles qui ont des signes opposés, Bombelli reconnaît alors qu'un nombre réel négatif possède deux racines carrées (des nombres "imaginaires") qui viennent avec des signes opposés.
Cependant, il faut attendre le XVIII siècle (avec Leibniz, De Moivre et Euler) pour que des calculs plus avancés soient réalisés sur ces nombres, qualifiés d'imaginaires, d'inconcevables ou encore d'inexplicables. Les nombres imaginaires purs sont donc historiquement les premiers nombres complexes étudiés.