L'Océanie est généralement décrite comme la région du monde qui se situe entre l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. C'est l'une des raisons pour laquelle les géographes Antheaume et Bonnemaison ont décrit l'Océanie et plus généralement le bassin Pacifique comme un « espace gigogne ».
« À travers l'évocation de traits significatifs de modernité et de tradition, des relations centre-périphérie à diverses échelles, l'aire du Pacifique apparait en fait comme un espace complexe à structure « gigogne », comme l'ont fort bien exprimé B. Anthaume et J. Bonnemaison, en 1988, dans leur Atlas du Pacifique : au plus large, le Bassin du Pacifique qui couvre 25 millions de km²; puis l'Asie-Pacifique incluant l'Océanie; enfin au cœur du dispositif les îles du Pacifique. Evidemment, cette nomenclature demande parfois à être précisée. Ainsi, la Nouvelle-Zélande est-elle la somme de deux grandes îles, mais reste "extérieure" au Pacifique insulaire, tout en accueillant une communauté polynésienne importante; La Papouasie-Nouvelle Guinée émarge, comme l'Australie, à la partie continentale de l'Océanie, mais peut-être incluse dans le Pacifique insulaire puisqu'elle participe, malgré sa masse, à la problématique des îles, au-delà par le fait que ses ressortissants émargent aux traditions mélanésiennes. »
— Évolution géopolitique et stratégique du Pacifique insulaire et de l'Australasie à l'orée du XXI siècle., J.P Doumenge dans Geostrategiques, avril 2001 - N° 4
Si ces découpages, qui reposent à l'origine sur des stéréotypes raciaux et éthniques (peau noire versus peau cuivrée; cheveux « crépus » ou « laineux » versus cheveux « ondulés » ; « cannibale mélanésien » versus « bon sauvage polynésien »…) sont aujourd'hui difficilement acceptables, les expressions Mélanésie, Micronésie et Polynésie continuent d'être usitées et conservent bien souvent dans le langage courant et aux yeux des populations concernées une certaine pertinence identitaire.
Dans les années 1970, les linguistes puis géographes, proposèrent de subdiviser dans leurs travaux scientifiques, l'Océanie proche et Océanie éloignée. Néanmoins là encore, ce nouveau découpage, que cela soit dans le choix de ces deux appellations qui peuvent prêter à confusion ou dans la délimitation plus que vague de ces deux ensembles, est loin de faire l'unanimité.
Sans doute faut-il comprendre l'Océanie avant tout comme un continuum où depuis des siècles et bien avant le passage de premiers Européens, métissages et brassages culturels et linguistiques étaient communs. Continuum qui n'interdit pas néanmoins les ruptures, qu'elles soient linguistique entre langues austronésiennes et non austronésiennes; géographique entre le monde insulaire et les ensembles plus conséquents que représentent l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'île de Nouvelle-Guinée; historico-linguistique entre une Océanie anglophone et une Océanie francophone, voire hispanophone avec l'île de Pâques, issues du découpage colonial; économique entre pays développés et des pays en développement; politique entre pays indépendants et territoires sous tutelle…