Olivier Messiaen

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Introduction

Olivier Messiaen
Olivier Messiaen en 1930
Nom de naissanceOlivier Eugène Charles Prosper Messiaen
Naissance10 décembre 1908

Avignon France France
Décès27 avril 1992

Clichy-la-Garenne France France
Activité principaleCompositeur, organiste,

pédagogue, ornithologue
StyleMusique contemporaine
FormationConservatoire de Paris
MaîtresMaurice Emmanuel, Marcel Dupré, Charles-Marie Widor, Paul Dukas
EnseignementConservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
ÉlèvesPierre Boulez, Marius Constant, Antoine Duhamel, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Mefano, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis, Michaël_Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Michèle Reverdy, Gérard Grisey, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier...
AscendantsPierre Messiaen, son père, et Cécile Sauvage, sa mère
ConjointYvonne Loriod
Récompenses1969 - Prix Calouste Gulbenkian

1971 - Prix Erasme

1975 - Prix Ernst von Siemens

1978 - Médaille du Conseil canadien de la musique

1983 - Prix de la Wolf Foundation of the Arts (Jérusalem)

1985 - Prix de la Fondation Inamori (Kyoto)

1988 - Prix Paul VI
Distinctions honorifiques1966 - Membre de l'Institut de France

1975 - Membre Associé de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et de Beaux-Arts de Belgique

1987 - Grand-croix de la légion d'honneur
Œuvres principales

Olivier Eugène Charles Prosper Messiaen (Avignon, 10 décembre 1908 – Clichy-la-Garenne, 27 avril 1992) est un compositeur, organiste et pédagogue français.

Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, les rythmes hindous et grecs, ainsi que le chant des oiseaux. L'Ascension (1933), le Quatuor pour la fin du Temps (1940), les Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus (1944), la Turangalîla-Symphonie (1946-48), et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d'Olivier Messiaen un des compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle.

Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, tant la liste de ses élèves est longue et prestigieuse.

Biographie

Jeunesse et formation

Olivier Messiaen à l'âge de 5 ans avec sa mère Cécile Sauvage et son frère Alain

Plaque commémorative du baptême d'Olivier Messiaen en l'église Saint-Didier d'Avignon

Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est né à Avignon, le 10 décembre 1908, premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927). Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare, que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent. Il dira même que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J'aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. »

Avec l’arrivée de la première Guerre mondiale en 1914, son père est engagé comme soldat, et sa mère emmène les deux enfants à Grenoble pour vivre avec leur oncle. Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres. À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble, le Dauphiné.

Il débute ses leçons de piano, après avoir commencé l'apprentissage de l'instrument en autodidacte. Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit. Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer. En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes. Il continue néanmoins à suivre des cours de musique. Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives. L’année suivante, son père obtient un poste d’enseignant au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau.

C’est ainsi qu’Olivier Messiaen entre à l’âge de 11 ans au Conservatoire de Paris en 1919 pour étudier le piano et les percussions. Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.

La classe de composition de Paul Dukas au Conservatoire en 1929. Olivier Messiaen est assis à droite.

Il effectue de brillantes études au Conservatoire. En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint ; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano. En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique. Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques. Dans cette prestigieuse institution, il étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français (Dupré ayant étudié avec Alexandre Guilmant et Louis Vierne, ce dernier étant l'un des derniers élèves de César Franck). Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929. Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor, il suit l'enseignement à l’automne 1927 de Paul Dukas nouvellement nommé en charge d'une classe de composition, avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration. Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition.

Maturité et célébrité

Église de la sainte Trinité (Paris). Messiaen en fut l’organiste titulaire durant 61 ans.

Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans (succédant à Charles Quef) et compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument. Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde et les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique.

Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, une violoniste, dont il aura un fils qui terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique. De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum.

Au début de la seconde Guerre mondiale Messiaen est mobilisé comme simple soldat et en 1940, il est prisonnier en Allemagne (Stalag VIII-A à Görlitz). Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps. La première est donnée dans le camp le 15 janvier 1941 par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur. Libéré en mars 1941, il retourne enseigner à Paris où il devient professeur d'harmonie au Conservatoire en 1942. Il y rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano. Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse Yvonne Loriod en 1961. Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.

Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon, etc.

Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Marius Constant, Antoine Duhamel, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Mefano, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis, Michaël_Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy, etc.

Il meurt le 27 avril 1992 à l'Hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne. Il est enterré au cimetière de Saint-Theoffrey, à 35 km de Grenoble, près de Laffrey et de Vizille (Isère), village dans lequel il possédait une propriété. Sa stèle en forme d'oiseau est facilement reconnaissable.

Le festival Messiaen au pays de la Meije est créé en 1977 et se déroule en juillet dans le village de montagne de La Grave, près de la Meije, qu'il affectionnait.

Langage musical

La fauvette des jardins a donné à Messiaen le matériau et le titre de sa Fauvette des jardins pour piano (1970-72)

Le langage musical d'Olivier Messiaen ne peut vraiment être rattaché à une école particulière — même si Messiaen a fait partie du groupe Jeune France avec André Jolivet, Jean Yves Daniel-Lesur et Yves Baudrier.

Parmi les éléments caractéristiques de son langage, on trouve :

  • la couleur : Messiaen disait être, intellectuellement, et non véritablement, synesthète ;
  • les chants d’oiseaux qu'il enregistrait et transcrivait lui-même, en faisant des recueils complets (Catalogue d'oiseaux pour piano) mais aussi en y faisant référence dans ses autres œuvres ;
  • les rythmes, dont les rythmes hindous, en particulier les Deçî-Tâlas, rythmes provinciaux de l'Inde antique, auxquels il fait subir des transformations qui rappellent celles que les contrapuntistes appliquent aux hauteurs : augmentation, rétrogradation, miroir...
  • les modes à transposition limitée, gammes de notes dont la composition n’est pas changée par une transposition à la tierce mineure (3 transpositions) ou à la tierce majeure (4 transpositions) ou à la quarte augmentée (6 transpositions), alors qu’une gamme habituelle possède douze transpositions possibles toutes différentes ;
  • l'inspiration chrétienne d'un très grand nombre de ses œuvres, selon lui sa source d'inspiration la plus essentielle.
  • la métrique grecque, le plain-chant.

Discographie partielle

Pour une discographie plus détaillée, voir les articles consacrés aux œuvres d'Olivier Messiaen.

  • La Nativité du Seigneur, Le Banquet Céleste, Apparition de l'église éternelle - Calliope, 1972 par Louis Thiry sur l'orgue Metzler de la Cathédrale Saint-Pierre de Genève.
  • Messe de la pentecôte, Livre d'orgue - idem.
  • L'Ascension, Les Corps glorieux - idem.

Ces trois disques, considérés comme « l'une des plus grandes réalisations de toute l'histoire du disque » (Paul Menier - Télérama), ont obtenu le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros 1973, ainsi qu'un diapason d'or. Olivier Messiaen écrivit à propos de cet enregistrement : « Louis Thiry est un extraordinaire organiste, virtuose accompli, musicien total, d'une mémoire et d'une adresse sans égale : on peut le classer parmi les héros de la musique ! Il a donné plusieurs exécutions prestigieuses de mes œuvres d'orgue les plus difficiles – notamment de ma Messe de la Pentecôte. Tous ceux qui ont entendu et tous ceux qui entendront Louis Thiry ne peuvent que l'admirer. »

  • Quatuor pour la fin du Temps.

Si ce quatuor est une des partitions les plus accessibles d'Olivier Messiaen, c'est aussi l'une des plus émouvantes. Pour cette œuvre, composée au Stalag VIII-A de Görlitz, le musicien s'est inspiré d'une citation de l'Apocalypse de saint Jean : « Je vis un ange plein de force, descendant du ciel, revêtu d'une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête. Son visage était comme le soleil, ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, et, se tenant debout sur la mer et sur la terre, il leva la main vers le Ciel et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, disant : « Il n'y aura plus de temps » ; mais au jour de la trompette du septième ange, le mystère de Dieu se consommera ».

L'œuvre a été composée pour le clarinettiste Henri Akoka, le violoniste Jean Le Boulaire et le violoncelliste Étienne Pasquier, détenus avec lui, et créée le 15 janvier 1941, quelques semaines avant la libération du compositeur. Olivier Messiaen disait lui-même ceci à propos de son quatuor : « Lorsque j'étais prisonnier, l'absence de nourriture me donnait des rêves colorés : je voyais l'arc-en-ciel de l'Ange, et d'étranges tournoiements de couleurs. Mais le choix de « l'Ange qui annonce la fin du Temps » repose sur des raisons beaucoup plus graves. […] Au nom de l'Apocalypse, on a reproché à mon œuvre son calme et son dépouillement. Mes détracteurs oublient que l'Apocalypse ne contient pas que des monstres et des cataclysmes : on y trouve aussi des silences d'adoration et de merveilleuses visions de paix. De plus, je n'ai jamais eu l'intention de faire une Apocalypse : je suis parti d'une figure aimée (celle de « l'Ange qui annonce la fin du Temps ») et j'ai écrit un quatuor pour les instruments (et instrumentistes) que j'avais sous la main, à savoir : un violon, une clarinette, un violoncelle, un piano. […] Dernière remarque. Mon Quatuor comporte huit mouvements. Pourquoi ? Sept est le nombre parfait, la création de six jours sanctifiée par le sabbat divin ; le sept de ce repos se prolonge dans l'éternité et devient le huit de la lumière indéfectible, de l'inaltérable paix. »

Écrits

  • Vingt leçons d’harmonie : dans le style de quelques auteurs importants de « l’histoire harmonique » de la musique depuis Monteverdi jusqu’à Ravel, Paris, Alphonse Leduc, 1939, 53 p.
  • Technique de mon langage musical, Paris, Leduc, 1994, 112 p.
  • Traité de rythme, de couleur et d’ornithologie : 1949-1992, Paris, Leduc, 1994-2002, 7 vol.
  • Conférence de Bruxelles, Paris, Leduc, 1959, 16 p.
  • Conférence de Notre-Dame, Paris, Leduc, 1978, 15 p.
  • Conférence de Kyoto, Paris, Leduc, 1988, 14 p.

Distinctions

  • 1966 - Membre de l'Institut de France
  • 1969 - Prix Calouste Gulbenkian
  • 1971 - Prix Erasme
  • 1975 - Prix Ernst von Siemens
  • 1975 - Membre Associé de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
  • 1978 - Médaille du Conseil canadien de la musique
  • 1983 - Prix de la Wolf Foundation of the Arts (Jérusalem)
  • 1985 - Prix de la Fondation Inamori (Kyoto)
  • 1987 - Grand-croix de la Légion d'honneur
  • 1988 - Prix Paul VI

Œuvres dédiées à Olivier Messiaen

Michèle Reverdy a composé plusieurs œuvres en hommage à Olivier Messiaen : Météores pour 17 instrumentistes, commandé par le Festival de Besançon pour les 70 ans de Messiaen en 1978 ; Anacoluthes pour 7 instruments, composé pour le centenaire de sa naissance, commande de la BBK pour le L. I. M. (Laboratorio de Interpretacion Musical)