Après avoir passé l'hiver, ce coléoptère s'installe au mois de mai sur les feuilles de hêtre en voie de bourgeonnement, à la fois pour se nourrir et s'y reproduire. Dans le premier cas, il perce des petits trous ; pour remplir sa seconde tâche, la femelle accole solidement un œuf contre la nervure médiane en le poussant sous la cuticule près de la base de la feuille. Le plus souvent, elle choisit des feuilles intactes qu'elle gratifie d'ordinaire d'un seul œuf d'un blanc jaunâtre. La larve, éclose au bout de huit jours, se met à ronger le parenchyme entre les membranes supérieures et inférieures de la feuille en se creusant une mine de plus en plus large, dirigée vers la partie antérieure et extérieure, pour se terminer d'ordinaire auprès de la pointe. Une fois arrivée là, la larve a acquis tout son accroissement. Elle a l'anneau prothoracique foncé, partagé en deux au milieu et porte un appendice charnu ainsi que conique sur son dernier anneau. Notre larve élargit encore sa mine et passe à l'état de nymphe en s'entourant d'un cocon transparent. L'imago éclot généralement à la mi-juin mais peut apparaître plus tôt, car la larve n'a guère besoin que de trois semaines et la nymphe d'une semaine pour arriver au terme du développement. Il se met bientôt à sauter de feuilles en feuilles en les rongeant à l'instar de ses parents et se cache sous les feuilles quand l'approche de la mauvaise saison se fait sentir. C'est à ce moment que les imagos sont le plus visible. En effet si en automne, on marche sur le feuilles près de la lisière des bois, on entend ces petits insectes réunis pour passer l'hiver, qui troublés sautent sur les feuilles sèches et rebondissent bruyamment.