Un oscillateur est un système périodique dans le temps. L'harmonicité indique que l'on considère le potentiel associé comme une parabole. Cette approximation est justifiée dans la plupart des cas, à condition que l'amplitude de l'oscillation ne soit pas trop élevée. C'est pour cela que le concept d'oscillateur harmoniquejoue un rôle majeur dans de nombreuses applications de la physique. La mécanique quantique a révolutionné un grand nombre de concepts fondamentaux. L'oscillateur harmonique a aussi subi une reformulation dans ce cadre quantique, ce qui a permis d'élucider plusieurs résultats expérimentaux, notamment en physique de la matière condensée.
L'oscillateur harmonique classique à une dimension
On démontre facilement : X=21(a†+a), P=i21(a†−a) et a†a=21(X2+P2)−21.
Cela donne finalement l'écriture simplifiée de l'hamiltonien :
H=a†a+211
Calcul des valeurs propres
Les valeurs propres E de l'hamiltonien H vérifient, par définition, l'équation : H∣ψ(t)⟩=E∣ψ(t)⟩. On développe plusieurs points :
Les valeurs propres n de l'opérateur a†a sont positives ou nulles.
Si n est une valeur propre associée au vecteur propre ∣n⟩, alors n − 1 est aussi valeur propre associée au vecteur a∣n⟩. Cela donne alors a∣n⟩=n∣n−1⟩.
De même, a†∣n⟩=n+1∣n+1⟩.
n doit être entier.
Les résultats précédents donnent alors :
Les énergies accessibles par l'oscillateur sont : En=ℏω(n+21)(n≥0)
Ainsi, les énergies accessibles par l'oscillateur sont quantifiées. Ce résultat a de nombreuses répercussions en physique statistique par exemple.
Calcul des états propres
On vérifie que pour l'état fondamental on a l'équation suivante : a∣0⟩=0
On repasse par la définition de a pour trouver (ℏmωx+dxd)Ψ0(x)=0
On résout cette équation différentielle : Ψ0(x)=C0exp(−2ℏmωx2)
En normalisant ce résultat, on trouve C0=(πℏmω)41
Les solutions étant proportionnelles entre elles, on en déduit que cet état fondamental est non dégénéré.
Une démonstration par récurrence montre que les états propres de a†a s'écrivent : ∣n>=n!1(a†)n∣0>.
Ce qui nous donne Ψn(x)=2nn!1(ℏmωx−mωℏdxd)nΨ0(x)
Cette dernière équation nous permet de retrouver explicitement autant de fonctions d'ondes que l'on désire. Par exemple pour n=1 on obtient : Ψ1(x)=(π4(ℏmω)3)41xexp(−21ℏmωx2)
Représentation matricielle
La matrice représentative de l'hamiltonien H sur la base des ∣n⟩ est, par construction, diagonale.
On a H=ℏω(1/200⋯01+1/20⋯002+1/2⋯⋯⋯⋯⋱)
Sachant que a†∣n⟩=n+1∣n+1⟩, en multipliant à gauche par ∣k⟩ il vient a†k,n=n+1⟨k∣n+1⟩=n+1δk,n+1
La matrice représentative de a† sur la base des ∣n⟩ est donc a†=(0000⋯1000⋯0200⋯0030⋯⋯⋯⋯⋯⋱)
Puisque ak,n=a†n,k, la matrice a est construite en transposant a† : a=(0100⋯0020⋯0003⋯0000⋯⋯⋯⋯⋯⋱)
Il est alors facile de construire les matrices représentatives des observables x et p puisque :
x=mωℏX=2mωℏ(a+a†) et p=ℏmωP=−i2ℏmω(a−a†)
donc x=2mωℏ(0100⋯1020⋯0203⋯0030⋯⋯⋯⋯⋯⋱) et p=2ℏmω(0−i00⋯i0−i20⋯0i20−i3⋯00i30⋯⋯⋯⋯⋯⋱)
Interprétation
Densité de probabilité |ψn(x)|² pour les premières valeurs de l'énergie, en commençant par le fondamental (n = 0) en bas puis en augmentant la valeur de l'énergie en montant. L'axe horizontal correspond à la coordonnée x, les couleurs plus claires indiquent une densité de probabilité plus forte.
En analysant ces fonctions d'ondes, on retrouve de nombreux résultats classiques : la particule dans le puits de potentiel a une probabilité de présence plus élargie si elle a une énergie plus haute (une bille au fond d'un puits va monter plus haut sur les bords si elle a plus d'énergie), la particule a plus de chance de se retrouver sur ces positions éloignées du centre du puits (la bille a une vitesse d'autant plus petite qu'elle est haut dans le puits : elle va donc passer beaucoup plus de temps en hauteur qu'au fond du puits).
États cohérents
D'autres états présentent un intérêt physique. Voir à État cohérent.
Applications
Pour tous les calculs où des particules sont dans un puits de potentiel, l'approximationharmonique est très intéressante (en effet, on remarque que le développement limité à l'ordre 2 d'un puits nous donne une parabole). Par exemple si l'on souhaite étudier un "piège harmonique" à deux dimensions (condensation de Bose-Einstein à 2D) on pourra poser le hamiltonien suivant pour débuter l'étude: H=(2mpx2+py2+21mω2(x2+y2))
Généralisation à trois dimensions
Ces calculs pour une seule dimension se généralisent très bien à 3 dimensions. L'hamiltonien est alors simplement sous la forme d'une somme de trois hamiltoniens indépendants, qui sont donc étudiables séparement exactement comme nous l'avons fait précédemment.
Les énergies accessibles par l'oscillateur sont : En=ℏω(n+23)(n≥0)
avec n = nx + ny + nz : l'énergie dépend de trois nombres quantiques indépendants. Pour une même énergie, il va donc être possible d'imaginer des configurations différentes : les niveaux d'énergie sont dégénérés.
On calcule le nombre de dégénérescences pour le n-ième niveau d'énergie : gn=2(n+1)(n+2)
Oscillateur anharmonique
Le modèle harmonique d'un puits de potentiel est certes une approche intéressante et finalement assez simple, mais pour étudier les écarts à l'harmonicité d'un système réel, il va falloir pousser le développement limité du potentiel à un ordre supérieur. On introduit alors un terme perturbatif W dans l'hamiltonien puis, à l'aide de la théorie des perturbations stationnaires, on va calculer les nouvelles énergies du système.
Terme en x
Si l'on pousse le développement limité du potentiel à l'ordre 3, on obtient le terme perturbatif suivant par rapport à l'oscillateur harmonique : W=ϵℏωX3 où ε est très petit par rapport à 1. Le mouvement de la particule dans un tel potentiel n'est plus tout à fait symétrique. Le calcul théorique des énergies donne alors : En=(n+21)ℏω−415ϵ2(n+21)2ℏω−167ϵ2ℏω+...
L'utilisation de la méthode des perturbations pour ce calcul impose un résultat approché (correction du deuxième ordre ici). On remarque alors que les niveaux d'énergie ont été abaissés par cette correction. Le calcul des nouvelles fonctions d'onde montre qu'elles sont formées par des couplages entre les anciennes : Φn(x)=Ψn(x)+ϵ(−α(n)Ψn+1(x)+α(n−1)Ψn−1(x)−β(n)Ψn+3(x)+β(n−3)Ψn−3(x))+...
Application
Une molécule diatomique dans le modèle harmonique peut absorber et émettre des ondes électromagnétiques à la pulsation ω. Or dans la pratique, on observe d'autres raies absorbées ou émises : le modèle anharmonique permet de bien en rendre compte, puisque d'après la nouvelle expression des fonctions d'onde, deux états Φn1 et Φn2 peuvent etre reliés même si n1 et n2 différent de plus de 1. La constante ε peut ainsi être calculée dans cet exemple en analysant le spectre d'absorption.