On a récemment découvert un nouveau système de reproduction chez Phillyrea angustifolia L. . Cette espèce comprend un taux élevé de mâles en mélange avec des hermaphrodites (dont les fleurs, fertiles, portent des organes mâles et femelles). Or il existe deux groupes, morphologiquement a priori tout à fait identiques et les individus de chaque groupe sont stériles entre eux, tout en étant fertiles avec les individus de l'autre groupe. Autrement dit le pollen des hermaphrodites ne peut féconder qu'un individu sur deux alors que le pollen des mâles des deux groupes peut féconder n'importe quel hermaphrodite des deux groupes, ce qui permet que les mâles ne soient pas désavantagés et qu'ils n'aient pas disparu par sélection naturelle.
- Ceci explique que les mâles soient restés si nombreux par rapport aux hermaphrodites (jusqu'à 50% des peuplements) ; Chez les végétaux, pour se maintenir dans une population contenant aussi des hermaphrodites, les mâles doivent avoir un avantage en fertilité au moins double de celui des hermaphrodites, et plus élevé encore si comme c'est le cas avec Phillyrea angustifolia L. les hermaphrodites s'autofécondent facilement. Les espèces androdioïques semblent très rares chez les angiospermes ;
- cela montre aussi que l'évolution a pu permettre le passage de l'hermaphrodisme à la dioécie (androdioécie ; coexistence de mâles et d'hermaphrodites dans une même population c'est un système de reproduction très rare, contrairement à la gynodioécie).