Le projet est finalisé en 1985. Le moteur choisi est un 2.8l développant à la base 160 chevaux, auquel Porsche greffe deux turbos de 2 bars de pression, lui permettant de développer 450 chevaux pour un poids de 1 450 kilogrammes. Contrairement à la 911, le moteur de la 959 est refroidi par air mais aussi par eau, une nécessité étant donné sa puissance nettement supérieure. Esthétiquement, l'avant de la voiture est proche de celui de la 911, mais les phares sont aplatis afin de diminuer le Cx à 0,31 contre 0,39 pour la 911 Turbo 3,3l de 1978.
Les performances sont au rendez-vous : le 0-100 km/h est expédié en 3,9 s et le 0-200 km/h en 13,3 s. La vitesse maximale est de 310 km/h.
Si la Porsche 959 est restée dans les mémoires, ce n'est pourtant pas pour ses performances, mais pour la quantité de nouveautés qu'elle contient. Les amortisseurs se réglent tout seuls en fonction de la vitesse. Les jantes sont en magnésium et possèdent un système dit «indéjantable». Les roues disposent de capteurs pour contrôler la pression des pneus. Les freins sont anti-bloquants (ABS), les disques sont percés et ventilés. La transmission intégrale à 4 roues motrices possède un répartiteur électronique à quatre modes, ce qui augmente le poids du véhicule, mais lui permet une tenue de route exceptionnelle. Selon les conditions de conduite, la puissance passe ainsi de 50 à 80% par les roues arrières.
Très bien équipée, le conducteur dispose de la direction assistée, d'un ordinateur de bord, des sièges en cuir, etc.
234 exemplaires sont construits, dont 205 vendus entre 1985 et 1989, à un prix vertigineux de 420 000 DM (environ 300 000 euros).
En 1987, Ferrari suivra la course à la puissance initiée par la Porsche 959 avec la F40, une voiture de course bien plus classique dans sa technologie, mais plus performante.