D'après certains spécialistes indiens, le terme sarpagandhaa सर्पगंधा des textes ayurvédiques ne désigne pas la même plante que le sarpagandhaa de la médecine moderne, identifié comme Rauvolfia serpentina. Le Rauvolfia n'aurait pas été utilisé "depuis des siècles" en Inde pour soulager divers troubles du système nerveux, l'anxiété, la psychose et l'insomnie.
Dans les deux textes fondateurs de l'Ayurveda, Sushruta Samhita et le Charaka Samhita, il n'est pas fait mention de sarpagandhaa. Plus tard, les termes naakuli et gandha-naakhuli du Charaka ont été considérés comme des synonymes de sarpagandhaa mais on les considère maintenant comme des champignons.
La première description européenne a été faite par le médecin et botaniste allemand, Leonhard Rauwolf en 1582 dans ses récits de voyages en Asie et Afrique du nord. En son honneur, le botaniste français Charles Plumier créa en 1703 le genre Rauvolfia que Linné adopta ensuite mais ce n'est qu'au XIX siècle, que le botaniste anglais, George Bentham, décrivit précisément l'espèce Rauvolfia serpentina (Forest fl. Burma, 2:171, 1877).
Les premières isolations d'alcaloïdes dans la plante ont été réalisées par les chercheurs indiens, Sen & Bose ainsi que Siddiqui; elles datent de 1931. Il s'agissait de l'ajmaline et de la serpentine.
Deux pharmacologues indiens ont décrit en 1933 le puissant effet dépresseur sur la tension artérielle d'un alcaloïde de la plante. Mais ce n'est que 20 ans plus tard, que les chimistes Emile Schlittler (Suisse) et Johannes Müller isolèrent par des techniques de chromatographie un cristal blanc dont les effets sédatifs et hypotenseur furent mis en évidence sur l'animal par Hugo Bein (Suisse). Cette fraction isolée fut baptisée réserpine (septembre 1952).