Réduction de Gauss — Pour toute forme quadratique sur un espace vectoriel de dimension finie, il existe un entier naturelr, des formes linéaires l1,l2,…,lr indépendantes et des éléments c1,…,cr du corps de base, tous non nuls, tels que
q=i=1∑rcili2.
En langage matriciel, cela signifie que toute matrice symétrique est congruente à une matrice diagonale, c'est-à-dire que pour toute matrice symétrique M d'ordre n, il existe une matrice inversibleQ telle que QMQ soit diagonale (les coefficients diagonaux sont les c1,…,cr complétés par des zéros si r < n).
L'entier r est le rang de la forme quadratique. C'est aussi le rang de n'importe quelle matrice représentant cette forme dans une base.
Contrairement aux valeurs propres, les ci ne sont pas uniques, même à permutation près.
Alors q(x)=(x1−x2−x3)2−4x2x3=(x1−x2−x3)2−(x2+x3)2+(x2−x3)2.
Autre exemple : q(x)=x1x2+x2x3+x1x3
On a alors q(x)=(x1+x3)(x2+x3)−x32=41(x1+x2+2x3)2−41(x1−x2)2−x32.
Applications
Si le corps de base est C le corps des nombres complexes ou plus généralement un corps algébriquement clos, il existe r formes linéaires indépendantes l1,…,lr telles que
q=i=1∑rli2.
Autrement dit, sous l'action du groupe linéaire, les formes quadratiques sont classées par leur rang. En langage matriciel, deux matrices symétriques complexes sont congruentes si et seulement si elles sont même rang.
Si le corps de base est R, le corps des nombres réels, il faut prendre en compte le signe des ci. Il existe un entier s (compris entre 0 et r) tel que
Si s=0, la forme quadratique est positive (définie positive si et seulement si de plus r=n),
si s=r elle est négative (définie négative si et seulement si de plus r=n).
Si le corps de base est Q le corps des nombres rationnels ou Fq un corps fini, la réduction de Gauss ne permet pas d'effectuer complètement la classification des formes quadratiques.
Elle donne un algorithme pour trouver une base dans laquelle la matrice de q est diagonale.