Réserves de pétrole du Venezuela

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Introduction

En 2006 le Venezuela déclare avoir produit 3,2 millions de barils de pétrole par jour (bpj) au cours de l’année 2005 . Ces chiffres sont en contradiction avec ceux publiés par l’AIE ainsi que par l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil and Gas).

  • L’AIE publie une production de 2,6 millions de bpj (et des réserves de 77 à 78 milliards de barils).

  • L’ASPO dans sa newsletter de nov. 2005 ne publie qu’une production quotidienne de 1,879 million de bpj (et des réserves de 40,1 milliards de barils).

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C’est que les chiffres de l’AIE ne prennent en compte que le pétrole dit « conventionnel » à l’exclusion du pétrole lourd ou extra-lourd, et que le Venezuela a produit (avec la participation de plusieurs sociétés pétrolières étrangères) plus ou moins 600.000 bpj de pétrole lourd de la ceinture de l'Orénoque et que si on additionne 2,6 et 0,6 on obtient le chiffre de production en bpj déclaré par le Venezuela.

Mais très curieusement l’AIE inclut le pétrole extra-lourd dans les chiffres du Canada, alors qu’à l’inverse du pétrole extra-lourd vénézuélien (liquide), les hydrocarbures des sables de l’Athabasca canadien (oil sands) contiennent des hydrocarbures solides à l’état naturel (bitume), ce qui complique beaucoup son extraction, pourtant effective, et rend ce pétrole plus coûteux. Le pétrole extra-lourd vénézuélien est liquide à l'état naturel et n'est donc pas du bitume. Y aurait-il deux poids et deux mesures au sein de l’AIE ? Ceci serait assez inquiétant pour la fiabilité de leurs chiffres et compliquerait la tâche de ceux qui essaient de prévoir la venue (inévitable) d’un pic pétrolier.

Disons qu’il semble que d’une part des motivations politiques ont joué. L’AIE est un organisme américain dépendant du gouvernement américain et le Venezuela est loin d’être en odeur de sainteté à Washington. Le fait d’ignorer la réalité des énormes réserves vénézuéliennes avait pour conséquence d’empêcher ce dernier d’accéder à des quotas de l’OPEP supérieurs, donc de gagner plus de dollars. D’autre part l’absence de certification des réserves vénézuéliennes rendait formellement possible pareille occultation, en lui fournissant un motif.

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Il n’y a par contre aucune explication claire au sujet des chiffres ultra-bas de l’ASPO.

La Ceinture de l'Orénoque

Bassin de pétrole lourd de l'Orénoque

On appelle Ceinture de l'Orénoque une zone géographique en forme de ceinture est-ouest, située dans le nord du bassin de l'Orénoque vénézuélien. Sa surface est de 55.314 kilomètres carrés. Elle s'étend sur le territoire des États d'Anzoátegui, de Monagas et de Guárico. Elle recèlerait pas moins de 1 360 milliards de barils de pétrole liquide lourd et extra lourd, dont 17% économiquement exploitables (235 milliards de barils) .

Réserves réelles du Venezuela

À l'opposé des chiffres des réserves vénézuéliennes publiés par l'EIA (77,2 milliards de barils en janvier 2005) correspondant à celles publiées par l' OPEP ( 78 milliards ), le Venezuela déclare des réserves colossales de 315 milliards de barils, dont 235 situés dans la ceinture de l'Orénoque, soit au total près de 44 milliards de tonnes ou plus ou moins 20 % des réserves mondiales. Ceci ferait du Venezuela le pays possédant les plus grosses réserves mondiales de pétrole bien avant l'Arabie saoudite !

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Enfin, fin 2009, des estimations étatsuniennes faisaient état de 1360 milliards de barils de pétrole contenus dans le sous-sol du pays, dont 513 milliards techniquement exploitables (un peu plus de 70 milliards de tonnes), soit plus du tiers des réserves de pétrole de la planète .

Aux dernières nouvelles, l'EIA aurait accepté d'inclure le pétrole lourd vénézuélien dans les chiffres de production publiés, ce qui, si cela se confirme, devrait se traduire dans ses prochaines publications et introduirait un élément de clarification dans ces points de vue contradictoires, ceci en faveur de la thèse vénézuélienne.

Reste à voir si elle va aussi considérer ce pétrole lourd de la ceinture de l'Orénoque comme faisant partie des réserves prouvées, comme elle l'a fait depuis longtemps pour les réserves canadiennes.

Certification

En attendant, le gouvernement vénézuélien a lancé un programme de certification de ses réserves de pétrole de la ceinture de l'Orénoque : le programme Orinoco Magna Reserva (en français : Orénoque Grande Réserve). Il s'agit d'un processus de quantification et de certification exécuté actuellement depuis 2005 par diverses compagnies privées .

Sources : et .

En date du 30 octobre 2008, 152 milliards de barils avaient été certifiés (Arabie Saoudite 252 milliards - Iran 138,4 milliards - États-Unis 29 milliards de barils prouvés) soit plus de 21 milliards de tonnes, près de la moitié des réserves estimées .

De 2006 à octobre 2008, 73,243 milliards de barils de nouvelles réserves prouvées de pétrole ont ainsi été incorporées, ce qui représente 31,1 % du total à incorporer (235,6 milliards de barils) . Lorsque le processus de certification sera terminé, le Venezuela pourra se targuer de posséder les plus importantes réserves de brut de la planète.

En date du 18 mars 2010, Prensa Latina annoncait que les réserves prouvées et certifiées de pétrole atteignaient 211,173 milliards de barils, assurant d'ores et déjà au Venezuela la seconde place mondiale - soit encore 52,827 milliards de moins que les réserves annoncées par l'Arabie Saudite. En outre le pays se propose d'atteindre en 2010 316 milliards de barils de réserves prouvées, pour se situer à la première place mondiale .

Prévision de production de brut

D'après le plan de production pétrolier de PDVSA ( pour la période 2005-2012 ), le Venezuela produira en 2012 quelques 5,0 millions de barils par jour , tous types de qualités confondus, du fait que progressivement l'extraction de brut ira en augmentant.

Actuellement en 2006, la ceinture ( La Faja en espagnol ) produit 620 000 barils bpj. A la fin de l' année 2007, selon ces plans, on y produira quelques 687 000 bpj. Deux années plus tard on doit passer à 807 000 et en 2012 à un 1 207 000 bpj.

Pour certains spécialistes le chiffre de 5 millions de bpj en 2012 parait un objectif hors de portée. Il implique en effet la production de pas moins de 3,8 millions de bpj de pétrole conventionnel ( 5.000.000 moins 1.200.000 de pétrole extra-lourd = 3.800.000 ) en 2012, alors qu'il n'en a produit qur 2,6 millions en 2005. Cela représenterait une hausse de près de moitié en 7 ans, ce qui ne serait pas réaliste.

Convaincre l' OPEP

Le Venezuela veut convaincre ses pairs de l' OPEP d'augmenter sa part de production dans les quotas décidés en commun, ceci dès le sommet de juin 2006. Il y a expliqué qu'il est en train de certifier les 235 milliards de barils de la ceinture de l'Orénoque, et qu'il doit avoir droit à un quota plus élevé, dès que les travaux de certification seront terminés et qu'apparaitra qu'il est le premier pays pétrolier du monde du point de vue de ses réserves.

En juillet 2010, le bulletin statistique annuel de l'OPEP mentionnait que les réserves prouvées du Venezuela atteignaient 211,173 milliards de barrils, fin 2009 .

Les réserves de gaz naturel

En date du 8 avril 2010, le président Hugo Chávez a déclaré que les réserves prouvées de gaz naturel du pays se montaient dorénavant à 443.000 milliards de pieds cubes (soit plus ou moins 9 milliards de Tep), ce qui situe le pays à la quatrième place dans le monde (après la Russie, l'Iran et le Qatar, et avant l'Arabie Saoudite) .