Sur Roti se trouve le village de pêcheurs de Papela. Selon la tradition, Papela a été fondée au XVI siècle comme base pour la pêche au requin et au trepang (holothurie) dans les îles et récifs entre Roti et le nord-ouest de l'Australie. Les quelques 7 000 habitants de Papela sont les descendants de marins Bajo, Bugis, Buton et Makassar du sud de Célèbes et d'Alor, Florès et Solor voisines.
En 1974, un accord entre l’Australie et le gouvernement de Soeharto, affirmant favoriser la protection de l’environnement, fixe une zone de pêche éloignée, dans des conditions draconiennes : un seul instrument de navigation et pas de moteur. Cet accord est progressivement renforcé par la création de réserves naturelles où toute pratique de la pêche est interdite. Cependant l’Australie est soupçonnée de vouloir avant tout contrôler les gisements de pétrole qui se trouvent dans les eaux indonésiennes. Ils exploitent déjà des gisements en mer de Timor. Ce gouvernement est accusé de répression, exercée par les gardes-côtes australiens, en dehors donc de leurs eaux territoriales : bateaux incendiés, pécheurs traditionnels emprisonnés et traités comme des braconniers pratiquant la pêche illégale en bateaux à moteur.
En 1981, l'Indonésie et l'Australie se sont entendues pour une frontière approximativement équidistante des côtes de chacun des deux pays. Le traité de 1993 sur le "Timor Gap" pour l'exploration et l'exploitation des ressources non vivantes ne couvre pas les îles Ashmore et Cartier, identifiées comme ayant un fort potentiel en pétrole et en gaz.
Une conséquence de cette extension de la souveraineté australienne est que progressivement, la pêche traditionnelle des habitants de Papela se produit maitenant en territoire australien.
Depuis la signature de l’accord, plus de 150 pêcheurs ont disparu en mer sur leurs embarcations sans moteur. Certains se reconvertissent dans le transport de migrants clandestins vers l’île Ashmore sous juridiction australienne.