Solid-state drive

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Introduction

Carte SSD de 8 Go provenant de l’Asus Eee PC 901. La connectique est mini PCI-Express.

Un SSD, pour solid-state drive, est un matériel informatique permettant le stockage de données, constitué de mémoire flash. Le terme anglais « solid-state » signifie que ce matériel ne comporte pas de pièces mobiles, contrairement au disque dur classique, sur lequel les données sont écrites sur un support magnétique mobile.

Les SSD offrent un temps d'accès bien plus rapide qu'un disque dur à plateau (0,1 ms contre 13 ms), des débits augmentés jusqu'à 350 Mo/s en lecture et 300 Mo/s en écriture pour les modèles exploitant l'interface SATA III, ainsi qu'une consommation électrique diminuée. Cette technologie vue par beaucoup comme successeur aux disques durs classiques peine à s'imposer en raison de tarifs de vente très élevés.

Les SSD utilisant de la DRAM au lieu de la mémoire flash ne peuvent assurer le maintien de leur contenu qu’avec des batteries et pour une durée limitée.

Généralités

Un concept de stockage

Le but principal d'un SSD à l'heure actuelle est de s'affranchir des déficiences des disques durs classiques : leur mécanique et leur fragilité, des temps d'accès aux données dépendant de la vitesse de rotation des plateaux et de la vitesse de déplacement des têtes, qui ne progresse qu'au rythme des faibles innovations apportées. La majorité des disques tournent à 7 200 tr/min, soit environ 4,2 ms de latence moyenne, et le temps moyen de recherche (temps nécessaire aux têtes pour se mettre en position) est le plus souvent compris entre 8 ms et 12 ms pour un disque dur grand public, ce qui donne donc un temps d'accès moyen compris entre 12 et 16 ms. Ce temps d'accès moyen n'a pas évolué significativement pendant plus de dix ans, alors que les vitesses des processeurs, des mémoires vives, des cartes vidéos et d'un bon nombre des composants d'un PC ont toutes fait des progrès considérables. En se basant sur de la mémoire flash, on supprime en théorie le problème des temps d'accès, car ce temps est de l'ordre de 0,1 ms seulement. La réactivité de l'ordinateur est donc considérablement augmentée.

Un SSD est composé de deux éléments principaux. Le premier est un certain nombre de puces de mémoire flash, de technologie en général très similaire à celle employée dans les cartes-mémoire des appareils photos, téléphones portables, etc... Le second est un contrôleur de disque et un micrologiciel permettant l'interface entre les puces de mémoire et le reste de l'ordinateur et qui s'occupe donc de la façon dont les données seront gérées lorsque le reste de l'ordinateur lui demandera de lire ou d'écrire des données.

En général, comme un SSD est amené à remplacer un disque dur d'un PC classique, les puces de mémoire se doivent d'être de bonne qualité et d'une fiabilité exemplaire. De même, le contrôleur a une importance toute particulière. Contrairement aux disques durs dont la technologie est développée depuis des décennies, les SSD sont très récents et par conséquent un contrôleur trop bas de gamme pourra nuire considérablement aux performances, voire avoir un effet totalement contre-productif dessus. De nos jours le contrôleur fait ou défait les performances d'un SSD. De même, la durée de vie du SSD sera très dépendante de celle des mémoires flash le composant, bien qu'en général, les constructeurs mettent toujours une quantité de mémoire supérieure à celle vendue pour des raisons d'optimisation des performances et de la durée de vie.

Types de mémoires SLC ou MLC

Il existe deux types de mémoire flash : la SLC (Single Level Cell), dans laquelle chaque cellule élémentaire peut stocker un seul bit (deux niveaux de charge) et la MLC (Multi Level Cell), dans laquelle les cellules peuvent stocker plusieurs bits (le plus souvent, 2 bits, soit 4 niveaux de charge, mais parfois 3 bits, soit 8 niveaux de charge, dans les MLC "X3" introduites en 2009).

Le stockage de plusieurs bits par cellule permet de diminuer fortement le coût de fabrication, puisque la densité est au minimum doublée, mais dégrade les performances, surtout en écriture, et réduit grandement la durée de vie des cellules (sur des mémoires 50nm, on passe de 100 000 cycles écriture/effacement en SLC à 10 000 en MLC, soit une durée de vie divisée par 10).

La majorité des SSD grand public utilisent de la mémoire MLC, tandis que la mémoire SLC se retrouve dans les SSD destinées aux entreprises et aux serveurs, ce qui crée le problème principal de la SSD du grand public : la limite des cycles d'écriture.

La commande TRIM

La commande TRIM, disponible sur la plupart des modèles récents de SSD, permet aux systèmes d'exploitation modernes, tels que les systèmes Linux à partir du noyau 2.6.33 ou le système d'exploitation Microsoft à partir de Windows 7, d'éviter que les performances ne se dégradent avec le temps. Elle sert à notifier le SSD lors de l'effacement d'un fichier. Le contrôleur du SSD peut alors effacer les cellules de mémoire flash anciennement utilisées, afin d'optimiser les écritures ultérieures qui pourront alors être effectuées sans avoir à réaliser l'effacement préalable imposé par la technologie de la mémoire flash.

SSD en PCI Express

Afin de délivrer le maximum de leurs débit, il existe des SSD réliés directement à la carte mère par le biais d'un connecteur PCI Express, à l'image d'une carte graphique. Ceci permet à certains SSD de dépasser la barre du Go/s, alors que les interfaces SATA sont limitées à 600 Mo/s pour les toutes dernières générations, et même 300 Mo/s pour les interfaces SATA les plus répandues.

Les SSD au format PCI Express sont le plus souvent constitués d'un contrôleur SATA RAID interfaçant 2 à 8 SSD SATA placés directement sur la carte, permettant ainsi d'obtenir une solution RAID clé en main et bien plus compacte qu'une carte SATA RAID raccordée à des SSD SATA classiques au format 2,5 ou 3,5 pouces.

Avantages et inconvénients

Avantages par rapport au disque dur traditionnel

  • Pas d’usure mécanique : pas de plateau tournant ni de bras de lecture mobile ;
  • Une meilleure résistance aux chocs puisqu’aucune partie mobile n’est présente ;
  • Le silence de fonctionnement : l’absence de pièces mécaniques se traduit par l’absence de bruits dus aux mouvements de ces pièces.
  • Une meilleure réactivité de l'ordinateur qui l'utilise pour le système d'exploitation, grâce à :
  • Des temps d’accès compris entre 50 et 100 µs, là où un disque dur traditionnel a souvent un temps d’accès moyen proche de 13 ms ;
  • Un débit qui peut dépasser les 350 Mo/s en lecture et les 215 Mo/s en écriture, contre un peu plus de 100 Mo/s pour les meilleurs disques durs ;
  • La fragmentation des fichiers, importante dans certains systèmes de fichiers, réduit notablement les performances des disques durs au fur et à mesure que des fichiers sont stockés, utilisés ou déplacés. Elle n’a pas d’incidence sur les performances des SSD. La défragmentation d’un SSD est même contreproductive sur les performances et la durée de vie d’un SSD, au point que Windows 7 désactive toute option de défragmentation sur les SSD (la défragmentation est inutile et inexistante sous GNU/Linux).
  • Une faible consommation électrique : environ 0,1 Watt en veille, environ 0,9 Watt en activité contre une consommation pour les disques durs de 0,5 à 1,3 W en veille et de 2 à 4 W lorsque leurs têtes se déplacent. Cet avantage est remis en cause car les SSD seraient beaucoup plus souvent à leur niveau de consommation maximal que les disques durs, de plus certains disques durs 2,5 pouces à 5 400 tr/min ont quasiment la même consommation ;

Défauts inhérents à la mémoire flash

  • Nombre de cycles d’écriture limité à 100 000-300 000, au mieux 1 à 5 millions pour les meilleures cellules (non limité sur un disque dur conventionnel), ce qui pose des problèmes avec les fichiers de journal (.log) ou les fichiers temporaires avec lesquels ce nombre est largement dépassé dans la vie d’un ordinateur. Néanmoins, des progrès ont été réalisés dans ce domaine, puisque des algorithmes d’étalement de l’usure (wear levelling) chargés de répartir les écritures de manière uniforme sur l’ensemble de la mémoire flash sont intégrés aux contrôleurs des SSD. Ces techniques permettent d’allonger de manière importante la durée de vie de ces supports, ce qui est d’autant plus vrai que la capacité des puces augmente (l’usure est alors mieux répartie) et que de la mémoire "non déclarée" gérée par le contrôleur est introduite en quantité supplémentaire. Pour ses SSD X25-M, Intel indique par exemple une durée de vie de 5 ans en écrivant chaque jour 20 Go de données.
  • À ses débuts, la capacité de stockage semblait être un défaut pour ces périphériques, cependant, leur capacité est devenue suffisante pour assurer les besoins d’un PC avec des SSD désormais vendus avec 32 à 512 Go. De façon plus extrême, on trouve des SSD en connexion PCI-express de 1,28 To . En juin 2010, 1 To est vendu à 2 900 € environ.
  • Le prix au Go est supérieur à celui d’un disque dur. En octobre 2009, un SSD coûte au minimum 2,5 € le Go contre 0,06 € le Go pour un disque dur.

Industrialisation et utilisations

Développement

Depuis 2009, beaucoup de constructeurs commencent à le proposer comme système de stockage. Le rôle semble pouvoir lui convenir, puisqu’il offre des capacités suffisantes pour contenir le système d’exploitation – de l’ordre d’un à plusieurs dizaines de Go – et de bons temps d’accès. Une configuration adaptée serait donc de combiner un SSD pour le système d’exploitation couplé à un disque dur servant au stockage et aux fichiers temporaires (qui demandent beaucoup d’écritures).

Ce type d’unité de stockage est bien adapté aux équipements multimédia, ordinateur portable grâce à leurs caractéristiques permettant de réduire le bruit, l’encombrement et la consommation. L'utilisation intensive d'une base de données générant un nombre très important d'entrées et sorties, le temps d'accès aux données du disque est un critère déterminant pour la vitesse de fonctionnement du SGBD.

Début 2008, certains constructeurs annoncent que les SSD permettent d’envisager à moyen terme le stockage de masse pour serveurs.

Constructeurs

Produits finis

  • Adata
  • Corsair
  • Crucial
  • G.Skill
  • Intel
  • OCZ
  • Patriot
  • Samsung
  • Western Digital
  • ...

Contrôleurs

  • Indilinx
  • SandForce
  • ...

Le successeur du disque dur ?

Dans les équipements mobiles et de petites dimensions qui sont l’essence de la nouvelle génération d’informatique diffuse et de l’intelligence ambiante, de plus en plus d’experts considèrent que le disque dur, relativement fragile et d’une taille minimale incompressible du fait d’un système mécanique en rotation, n’est pas la solution optimale.