Carte graphique

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Introduction

Carte graphique
Exemple de carte graphique haut de gamme caractérisée par d'importantes dimensions : ATI Radeon5970
Se connecte à carte mère via :
ISAPCI
AGPPCI Express
USB
Classement des utilisations
Ordinateur fixeOrdinateur portable
Fabricants courants :
NvidiaATI
Intel

Une carte graphique ou carte vidéo (anciennement par abus de langage une carte VGA), ou encore un adaptateur graphique, est une carte d’extension d’ordinateur dont le rôle est de produire une image affichable sur un écran. La carte graphique envoie les images qu’elle possède dans sa mémoire à l’écran à une fréquence et dans un format qui dépendent d’une part de l’écran branché et du port sur lequel il est branché (grâce au Plug and Play) et de sa configuration interne d’autre part.

Historique

Les cartes graphiques 2D-3D

Note : Nous ne parlons ici que de l'historique des machines accessibles au grand public; les solutions développées par les constructeurs d'ordinateurs tel que Norsk-Data à l'époque, ne peuvent être retracées ici simplement et clairement.

Les premières cartes graphiques ne permettaient, au début de l'ère informatique, qu’un affichage en 2D et se connectaient sur un port ISA8 bits; ce sont les cartes MDA pour "Monochrome Display Adapter".

Bien que dénommées « cartes graphiques », elles n'affichaient, en monochrome, que de caractères simples codés sur 8 bits, dont une partie était réservée au graphisme ; c'est l'adressage direct en mode ASCII (mode encore utilisé au démarrage par le BIOS de la plupart des ordinateurs).

Les premières cartes graphique pouvant adresser un point individuel de l'affichage n'apparaissent qu'en 1981 pour le grand public, avec les cartes CGA, ou Color Graphic Adapter, qui permettaient un adressage de points dans une résolution de 320 colonnes sur 200 lignes en 4 couleurs différentes.

Suivent alors une succession de cartes dédiées au graphisme sur ordinateur poussant de plus en plus loin le nombre de lignes et de colonnes adressables, ainsi que de le nombre de couleurs simultanées pouvant être affichées ; ce sont les modes graphiques utilisables.

De plus en plus de fonctions assurées par le processeurs sont petit à petit gérées par le contrôleur graphique des cartes. Comme, par exemple, le tracé de lignes, de surfaces pleines, de cercles, etc.; fonctions très utiles pour accompagner la naissance des systèmes d'exploitation basés sur des interfaces graphiques et en accélérer l'affichage.

Avec l'évolution des techniques, le port ISA est remplacé par le port PCI pour augmenter la vitesse de transfert entre le CPU et la carte graphique.

En plus des cartes graphiques d'affichage en 2D, apparaissent dans les années 1990 des cartes dédiées à la gestion et l'affichage d'éléments représentés en 3 dimenssions, comme les cartes 3DFX.

Puis apparurent les cartes graphiques 2D-3D ayant l’avantage de n’occuper qu’un seul connecteur AGP ou PCI au lieu de deux (pour les configurations courantes de l’époque, c’est-à-dire avant 1998). En effet, jusqu’alors, les cartes 2D étaient proposées séparément des cartes dites accélératrice 3D (comme les premières 3dfx), chacune ayant un processeur graphique spécifique.

Depuis la sortie des premières cartes 2D/3D intégrées par ATI en 1996, toutes les cartes graphiques modernes gèrent le 2D et la 3D au sein d'un seul circuit intégré.

Les usages pour une carte graphique

Depuis la fin des années 1995, les cartes graphiques ont fortement évolué. Autrefois, la fonction essentielle d’une carte graphique était de transmettre les images produites par l’ordinateur à l’écran. C’est encore sa fonction principale sur beaucoup de machines à vocation bureautique où l’affichage d’images en 3D n’offre que peu d’intérêt. Toutefois aujourd’hui même les cartes graphiques les plus simples gèrent aussi le rendu d’images en 3D. C’est une activité très coûteuse en termes de calculs et en termes de bande passante mémoire. Le GPU (pour Graphical Processing Unit) est donc devenu un composant très complexe, très spécialisé et presque imbattable dans sa catégorie (rendu d’images en 3 dimensions). Hormis pour les jeux vidéo ou quelques usages en infographie, les possibilités des cartes graphiques ne sont que très peu exploitées en pratique. Ainsi, ce sont essentiellement les joueurs qui achètent et utilisent des GPU de plus en plus puissants.

Depuis les années 2000, la puissance de calcul des cartes graphiques est devenue tellement importante pour un coût finalement très réduit (100 à 700 € pour les modèles grand public) que les scientifiques sont de plus en plus nombreux à vouloir en exploiter le potentiel dans d’autres domaines. Il peut s’agir de faire tourner des simulations de modèles météo, financiers ou toute opération parallélisable et nécessitant une très grande quantité de calcul. NVIDIA et ATI/AMD, les 2 principaux fabricants de cartes graphiques haute performance grand public proposent chacun des solutions propriétaires afin de pouvoir utiliser leur produit pour du calcul scientifique ; pour NVIDIA, on pourra se référer au projet CUDA et pour AMD au projet ATI Stream. On parle à ce titre de General-Purpose Processing on Graphics Processing Units (ou GPGPU).

Dès 1996, les cartes graphiques commencent à intégrer des fonction de décompression vidéo, comme pour la Rage-Pro du fabricant ATI qui intègre déjà en 1996 certaines fonctions de décompression des fluxs MPEG2. Sous des appélatiobn variées, se sont depuis développés des technologies qui permettent de soulager le processeur de la charge incombant à la décompression d'une image 25 (PAL/SECAM) ou 30 (NTSC) fois par seconde dans des définitions toujours plus élevées.

La prise en charge partielle, ou totale, par les GPU des flux vidéos permet le visonnage de filmes en haute définition sur des plateformes matérielles aux recources CPU relativement modestes; ce qui serait impossible sans eux au regard du nombre d'informations à traiter presque simultanément.

Composants

Le processeur graphique

Le processeur graphique NV43 d’une GeForce 6600 GT.

Le processeur graphique (GPU pour Graphical Processing Unit, ou encore VPU pour Visual Processing Unit en anglais) sert à libérer le micro-processeur de la carte mère en prenant en charge les calculs spécifiques à l’affichage et la coordination de graphismes 3D ou la conversion d'espaces colorimétriques YCbCr vers RGB; quand ce n'est pas des fonctions vectorielles permettant le reconstruction d'images compressées de certains fluxs vidéos comme le H.264.

Cette division des tâches entre les deux processeurs libère le processeur central de l’ordinateur et en augmente d’autant la puissance apparente.

Le processeur graphique est très souvent muni de son propre radiateur ou ventilateur pour évacuer la chaleur qu’il produit.

La mémoire vidéo

La mémoire vidéo conserve les données numériques qui doivent être converties en images par le processeur graphique et les images traitées par le processeur graphique avant leur affichage.

Toutes les cartes graphiques supportent deux méthodes d’accès à leur mémoire. L’une est utilisée pour recevoir des informations en provenance du reste du système, l’autre est sollicitée pour l’affichage à l’écran. La première méthode est un accès direct conventionnel (RAM) comme pour les mémoires centrales, la deuxième méthode est généralement un accès séquentiel à la zone de mémoire contenant l’information à afficher à l’écran.

Le RAMDAC

Le RAMDAC (Random Access Memory Digital-to-Analog Converter) convertit les images stockées dans la mémoire vidéo en signaux analogiques à envoyer à l’écran de l’ordinateur. Il est devenu inutile avec les sorties DVI (numériques).

Le BIOS vidéo

Le BIOS vidéo est à la carte graphique ce que le BIOS est à la carte mère. C’est un petit programme enregistré dans une mémoire morte (ROM, pour Read Only Memory) qui contient certaines informations sur la carte graphique (par exemple, les modes graphiques supportés par la carte) et qui sert au démarrage de la carte graphique.

La connexion entre la carte graphique et la carte mère

La connexion à la carte mère se fait à l’aide d’un port relié à un bus.

Au cours des années, plusieurs technologies se sont succédé pour satisfaire les besoins de vitesse de transfert sans cesse croissants des cartes graphiques :

  • la première technologie utilisée fut la technologie ISA, utilisée à partir de 1984 pour adjoindre des cartes disposant de plus de mémoire vidéo que les cartes standard fournies par les manufacturiers d’ordinateurs ou des cartes utilisant des jeux d’instructions destinés à accélérer l’affichage des fenêtres ;
  • certaines machines (de marque IBM pour la plupart) ont utilisé le bus VLB (Vesa Local Bus), mais ce type de bus fut rapidement abandonné en raison de sa trop grande spécificité.
  • avec l’arrivée des premiers processeurs Pentium en 1994, on utilise ensuite l’interface PCI ;
  • le bus AGP apparu en mai 1997 est actuellement supplanté par le bus PCI Express, apparu en 2004 ;
  • le PCI Express qui permet d’atteindre le débit de données bi-directionnel pour le PCI-Express 2.0 (500 Mo/s) est destiné à remplacer tous les connecteurs d’extension internes d’un PC, dont le PCI et l’AGP ;
  • le bus USB, de nouvelles cartes graphiques externes sont commercialisées, qui profitent du haut débit qu’offre le bus USB dans sa version 2; elles n'arriverons à pleine maturité qu'avec l'USB version 3, permettant d'afficher une nombre d'images par secondes suffisant pour permettre l'affichage de vidéos en mode plein écran.

D’autres types de connexions existent dans d’autres architectures d’ordinateurs, on pourra citer par exemple le bus VME ; mais ce sont des technologies peu répandues et réservées au monde de l’informatique professionnelle et de l’industrie.

La connectique

Interfaces analogiques

  • L’interface VGA standard : les cartes graphiques sont la plupart du temps équipées d’un connecteur VGA 15 broches (Mini Sub-D, composé de 3 séries de 5 broches), généralement de couleur bleue, permettant notamment la connexion d’un écran CRT. Ce type d’interface permet d’envoyer à l’écran 3 signaux analogiques correspondant aux composantes rouges, bleues et vertes de l’image.
  • L’interface Vidéo composite : Pour la sortie sur un simple téléviseur ou un magnétoscope.
  • L’interface S-Vidéo : De plus en plus de cartes sont équipées d’une prise S-Vidéo permettant d’afficher ce signal sur une télévision ou un vidéo projecteur qui le permet Cette sortie analogique est souvent livrée avec un adaptateur S-Vidéo vers Vidéo composite ; c’est la raison pour laquelle elle est souvent appelée « prise télé ».
  • L’interface TV-Out sous la forme d’un connecteur mini DIN 6 broches (comme le port PS/2). Elle transmet les informations vidéo et audio et est (était ?) utilisé par Nvidia et Winfast (par exemple la Winfast Geforce 2 TI).

Interfaces numériques

  • L’interface DVI (Digital Video Interface), présente sur certaines cartes graphiques, permet d’envoyer, aux écrans le supportant, des données numériques. Ceci permet d’éviter des conversions numérique-analogique, puis analogique numériques, inutiles.

  • Une interface HDMI permettant de relier la carte à un écran haute définition en transmettant également la partie audio (polyvalent, ce format est le remplaçant de la péritel). Le signal est un signal purement numérique.

  • Une interface DisplayPort, une interconnexion digitale audio/vidéo de nouvelle génération, sans droit et licence.

Note : le DVI et le HDMI peuvent supporter les DRM.

Les modèles actuels associent généralement deux types d’interface : une interface pour la télévision (S-Vidéo ou HDMI) avec une interface pour écran d’ordinateur (VGA ou DVI).

Dans le cas des interfaces analogiques, certaines lignes des signaux servent à transmettre des informations concernant certaines données spécifiques à l'écran utilisé. Le moniteur peux transmettre des informations comme la définition optimale et ses taux limites de rafraichissement. Cela permet de renseigner intelligemment le système d'exploitation sur la meilleur définition à afficher par exemple (voir DDC pour les information concernant les informations transmises). Dans le cas des interfaces numériques, des informations sont échangées entre le moniteur et la carte graphique afin d'assurer les mêmes fonctions qu'en analogique; avec eux, transitent par la même occasion certaines information concernant des fonctionnalités supplémentaires, de protections anti copies par exemple, ou les capacités de transport de son au format numérique .

Détermination de la quantité de mémoire vidéo

La quantité de mémoire vidéo nécessaire pour stocker l’image qui va être affichée dépend de la définition affichée.
Le nombre de couleurs est fonction du nombre de bits utilisé pour le codage.
Exemple : 2 = 256

Nombre de bitsNombre de couleurs
12
416
8256
1532 768
1665 536
2416 777 216
324 294 967 296

La quantité de mémoire est simplement le nombre de pixels utiles multiplié par le nombre de bits par pixel. On divise le tout par 8 pour passer en octets (1 octet = 8 bits)
Exemple : en 640 × 480, 16 couleurs il faut octets
Kio = 1 024 octets donc 153 600 octets = 150 Kio

Définition en pixels16 couleurs256 couleurs32 768 couleurs65 536 couleurs16 777 216 couleurs4 294 967 296 couleurs
640 × 480150 Kio300 Kio563 Kio600 Kio900 Kio1 200 Kio
800 × 600235 Kio469 Kio879 Kio938 Kio1 407 Kio1 875 Kio
1 024 × 768384 Kio768 Kio1 440 Kio1 536 Kio2 304 Kio3 072 Kio
1 280 × 1 024640 Kio1 280 Kio2 400 Kio2 560 Kio3 840 Kio5 120 Kio
1 600 × 1 200938 Kio1 875 Kio3 516 Kio3 750 Kio5 625 Kio7 500 Kio

Cette indication est maintenant de peu d’intérêt car la mémoire vidéo d’une carte graphique est utilisée à de nombreuses fins. Elle permet entre autres de fluidifier l’affichage des vidéos ou encore de stocker les informations nécessaires à la synthèse d’images en 3D. Les systèmes d’exploitation modernes comme Windows Vista, Windows 7, Mac OS ou GNU/Linux requièrent tous trois une grande quantité de mémoire vidéo pour optimiser leur affichage. Quant aux jeux vidéo les plus récents, ils fonctionnent d’autant mieux que la quantité de mémoire vidéo est importante. En 2010, on trouve couramment des cartes graphiques équipées de 1 Gio de mémoire.

Histoire et comparaison des cartes graphiques non intégrées pour compatibles PC

AnnéeATINVidiaMatroxVideologic et ou STMicroelectronics
1995?STG2000Millenium?
1996All-In-Wonder, Rage3D, Rage/Pro?MystiquePowerVR ou PCX1
19973D Rage ProRiva 128élément?
1998Rage 128 GL, Rage 128 VRTNTG200?
1999Rage 128 Pro GL, Rage 128 MaxxVanta, TNT2, GeForceG400Kyro
2000Rage Fury Maxx, Radeon SDR, Radeon DDR, Radeon VEGeForce 2G450Kyro 2
2001FireGL, Radeon 7000, 7200, 7500, 8500GeForce 3G550\
2002Imageon, Radeon 9000, 9100, 9500, 9700GeForce 4TiParhelia
2003Radeon 9200, 9600, 9800GeForce 5200, 5600, 5700, 5800, 5900\\
2004Radeon 9250, 9550, X300, X500, X600, X700, X800, X850GeForce 4300, 5500, 5750, 5950, 6200, 6500, 6600, 6800\\
2005Radeon X1300, X1600, X1800GeForce 7800\\
2006Radeon X1600, X1650, X1900, X1950GeForce 7100, 7200, 7300, 7500, 7600, 7700, 7900, 7950, 7950GX2, 8800\\
2007Radeon HD 2400, HD 2600, HD 2900, HD 3800GeForce 8800, 8600, 8500, 8400, 8300\\
2008Radeon HD3870X2, HD4550, HD4650 HD4670, HD4850, HD4870, HD4850X2, HD4870X2GeForce 9300, 9400, 9500, 9600, 9800, GTX260, GTX280, 9800GX2, 9800 GTX\\
2009Radeon HD 4770, HD4890, HD 5750, HD 5770, HD 5850, HD 5870, HD 5970GeForce GTX260+, GTX275, GTX295, GTX 285, G210, GT220, GT240\\
2010Radeon HD5450, HD5570, HD5670, HD5650GeForce GTX 480, GTX 470, GTX465, GTX 460\\

L’histoire des cartes graphiques ne se limite pas au seul duel ATI vs NVIDIA. D’autres acteurs ont connu leur jour de gloire ; parmi eux on peut citer : S3 Graphics, Tridend, Cirrus Logic et 3dfx pour leur série Voodoo 3000 et 4000 et bien sûr SGI qui à fabriqué jusqu’en 2004 ses propres solutions graphiques dédiées au monde professionnel. Sans oublier Intel qui, bien que perdant du terrain, livre encore aujourd’hui (avril 2010) la majorité des solutions graphiques pour PC dans le monde sous la forme de chipset avec contrôleur graphique intégré.