Supernovæ probables ou possibles
Documents asiatiques
- Deux étoiles invitées ont été vues en 837. Il s'agit d'étoiles stationnaires, mais la faible durée de visibilité de l'une et la haute latitude galactique de l'autre rendent l'hypothèse d'une supernova beaucoup moins probable que celle d'une nova. Le fait que deux étoiles invitées aient été observées la même année pourrait par contre s'expliquer aisément par le passage de la comète de Halley en mars de la même année, ce qui aurait ensuite stimulé la recherche d'autres astres inhabituels à cette époque. Aucune de ces étoiles n'est considérée aujourd'hui (2005) comme une supernova potentielle.
- SN 393 : l'étoile invitée de 393 est restée visible huit mois et est apparue au voisinage de l'astérisme qui compose la queue de la constellation du Scorpion, dans le plan galactique, ce qui plaide fortement pour l'hypothèse d'une supernova. Le rémanent RX J1713.7-3946 a un âge estimé et une position compatible avec l'étoile invitée de 393. Celle-ci est donc considérée comme le progéniteur de ce rémanent.
- SN 386 : l'étoile invité de 386 a été visible entre 60 et 115 jours (seuls les mois d'apparition et de disparition sont connus), ce qui correspond à une période de visibilité faible pour une supernova, plus caractéristique d'une nova. La position de la supernova est mal connue car on ne sait pas si l'astérisme mentionné dans les texte correspond à la bande d'ascension droite de l'étoile invitée ou à la région du ciel dans laquelle elle a été vue. Dans la seconde hypothèse, la région est suffisamment restreinte et proche du plan galactique pour pouvoir espérer identifier le rémanent. Plusieurs candidats ont été proposés, dont l'un d'eux, SNR G11.2-0.3 a un âge compatible avec l'époque de la supernova. Certaines caractéristiques du pulsar central (PSR J1811-1926) détecté dans le rémanent confortent cette hypothèse. L'étoile invitée est de ce fait considérée comme une supernova probable, quoique moins établie que SN 393.
- L'étoile invitée de 369 est restée visible pendant plus de six mois, mais sa position est très incertaine. Il pourrait s'agir d'une nova lente ou d'une supernova si elle a eu lieu suffisamment proche du plan galactique. Elle est considérée comme une supernova possible en raison de la grande imprécision portant sur sa position.
- SN 185 est la plus ancienne supernova historique potentielle pour laquelle un témoignage détaillé (et un seul) existe. Ce témoignage a été réalisé par des astronomes chinois. Une taille apparente semble mentionnée, mais pas de déplacement, ce qui ne plaide pas de façon convaincante en faveur d'une supernova plutôt que d'une comète, mais la durée d'observation favorise l'hypothèse stellaire : elle a été visible pendant huit mois ou alors un an et huit mois selon l'interprétation que l'on fait du texte, ce qui rend l'hypothèse d'une supernova probable. Le rémanent SNR G315.4−2.3 (dit aussi RCW 86) est celui dont la position et l'âge sont le plus compatible avec une supernova datant de cette époque. SN 185 est de ce fait considérée comme une supernova probable.
- L'étoile invitée de 70 est très mal décrite dans les documents parvenus jusqu'à l'époque moderne, mais sa haute latitude galactique plaide pour une nova et non une supernova.
Tradition orale Maori
Une tradition orale du peuple Maori évoque, sans guère de précisions, une « étoile au sud désormais invisible », auquel est rattaché le nom de Mahu et Mahutonga (la plupart des objets astronomiques présents dans la culture Maori possédaient de nombreux noms). L'occurrence d'une seule mention d'un phénomène astronomique transitoire plaide largement plus pour un événement spectaculaire que pour un événement commun, aussi l'hypothèse qu'il fasse référence à une supernova est-elle envisageable. La supernova la plus spectaculaire connue est celle de l'an 1006, mais sa déclinaison la plaçait au zénith lors de son passage au méridien et non au sud (quoiqu'elle ait été au sud-est et au sud-ouest lors de son lever et de son coucher). Aussi l'hypothèse d'une autre supernova située dans les régions les plus méridionales du plan galactique est-elle plausible. Parmi celles-ci se trouve la constellation de la Croix du Sud, à proximité de la nébuleuse obscure du Sac à Charbon. De façon intrigante, le terme de Mahu est également associé à l'un des noms Mari pour cette nébuleuse, Te Ruha o Mahu, ce qui tend à renforcer cette hypothèse, bien qu'aucune certitude ne puisse en être tirée.