On va utiliser la propriété de Borel-Lebesgue pour les fermés: un espace X est compact si seulement si il est séparé et pour toute famille F de fermés de X dont l'intersection finie d'éléments est non vide, alors: ⋂F∈FF est non vide. Comme tout produit de séparés est séparé pour la topologie produit, il reste à prouver que le produit de compacts vérifie la propriété de Borel-Lebesgue, et ce en utilisant le lemme de Zorn.
Soit donc (Xα)α∈A une famille de compacts, et soit F une famille de fermés de ∏α∈AXα dont l'intersection finie d'éléments est non vide. On notera pα la projection sur Xα.
On va considérer l'ensemble des familles contenant (au sens de l'inclusion) F et dont les intersections finie d'éléments sont non vides: c'est un ensemble ordonné par l'inclusion et inductif: il vérifie donc les hypothèses du lemme de Zorn, et admet donc un élément maximal F∗.
Soit α∈A fixé. Comme l'intersection finie d'éléments de F∗ est non vide, c'est aussi le cas de l'intersection finie de projections sur Xα d'éléments de F∗, donc de l'adhérence de tels éléments: ainsi la famille (pα(F))F∈F∗ vérifie les hypothèses de la propriété de Borel-Lebesgue dans Xα compact, donc ⋂F∈F∗(pα(F))=∅: soit donc xα élément de cette intersection.
On va alors considérer l'élément x=(xα)α∈A du produit et montrer qu'il est bien dans l'intersection des éléments de F, qui sera alors non vide ce qui achèvera la preuve.
On remarque tout d'abord que par maximalité, (L1): F∗ est stable par intersection finie: sinon il existe F1..Fn∈F∗ tels que F=⋂i=1nFi∈F∗, alors l'intersection d'éléments de F∗⋃{F} est non vide, et il contient F tout en étant strictement plus grand que F∗: absurde par maximalité de celui-ci.
Par un argument similaire, on en déduit que (L2): si un ensemble intersecte tous les éléments de F∗, alors il appartient à F∗.
Soit U ouvert de ∏α∈AXα contenant x: il existe Uα1,..,Uαn ouverts respectifs de Xα1,..,Xαn tels que U=Uα1×..×Uαn×∏α=α1..nXα.
Alors soit1≤i≤n, on a xαi∈Uαi, ainsi ∀F∈F∗,pαi(F)⋂Uαi=∅, or Uαi ouvert donc pαi(F)⋂Uαi=∅, donc F⋂pαi−1(Uαi)=∅. Alors par (L2), pαi−1(Uαi)∈F∗.
Donc par (L1), U=⋂i=1npαi−1(Uαi)∈F∗, donc U intersecte tous les éléments de F∗, a fortiori de F.
Ainsi x est dans l'adhérence de tous les éléments de F qui sont fermés, donc x appartient à tous les éléments de F dont l'intersection est donc non vide, ce qui achève la preuve.