Le Gouvernement du Duché d'Aoste avait engagé une somme de 57,1 lires pour la construction d’ouvrage de captation et de bassins. Un investissement complémentaire de 40 lires est rapidement nécessaire.
En effet, dès 1792 une route reliant le bourg à la source, est construite et un premier et modeste établissement de cure est édifié. Il reçoit la visite des premier curistes : en 1797 Benoît-Maurice de Savoie duc de Chablais, la reine Marie-Thérèse d'Autriche-Este épouse de Victor-Emmanuel I de Sardaigne ainsi que les princesses Marie-Anne de Savoie et Marie-Christine de Savoie en 1828. Giosuè Carducci y séjournera également.
En 1826 l’ingénieur Despines des mines de Pesey découvre une seconde source en profondeur qui permet d’obtenir un débit supplémentaire de 176 litres/jour.
La renommée de l’établissement thermal de Saint-Vincent est désormais établie et vers 1840/1845 se sont plus de 500 curistes qui fréquentent la source dont Ferdinand de Savoie, duc de Gènes. En 1898, sa fille, la reine Marguerite d’Italie vient à Saint-Vincent entraînant à sa suite une clientèle de fonctionnaires du Royaume d’Italie, d’hommes d’églises, d'avocats, de notaires, de banquiers et de commerçants. Jusqu’en 1911 se succèdent, comme curistes, la Princesse Marie Lætitia Bonaparte (1866-1926), seconde épouse du roi Amédée I d'Espagne, le Prince Napoléon Joseph Bonaparte et le Prince de Monténégro Danilo II Aleksander Petrović-Njegoš.
Cette clientèle permet le développement du tourisme à Saint-Vincent et la construction de nombreux hôtels ainsi que l’aménagement des structures préexistantes. Le prestigieux Grand-Hôtel Billia est inauguré en 1907. Les thermes sont reliés au bourg de Saint-Vincent par un funiculaire et agrandis en 1900. Ils sont complètement reconstruits et modernisés sur 2 600 m² en 1959. De nouvelles analyses très poussées de l'eau sont effectuées à cette occasion. En 2005 le funiculaire est à son tour complètement rénové.