Toxicomanie

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Introduction

A l'origine "la" toxicomanie est un terme qui vient du grec toxikon, « poison » et mania, « folie » et qui signifie que quelqu'un use de manière répétée et excessive d'une ou plusieurs substances toxiques (analgésique, stimulants et autres psychotropes) sans justification thérapeutique. Aujourd'hui on parle plus volontiers d'addictions au pluriel parce que les pratiques de consommation ont évolué du côté des polytoxicomanies (alcool, médicaments, drogues diverses, synthétiques ou naturelle, etc.). Les usages évoluent vers un besoin incontrôlable de continuer à consommer le produit, accompagné d'accoutumance puis de dépendance.

Selon l'OMS, la définition stricte de la toxicomanie correspond à quatre éléments :

  • Une envie irrépressible de consommer le produit (Voir l'article détaillé addiction);
  • une tendance à augmenter les doses (Voir l'article détaillé tolérance);
  • une dépendance psychologique et parfois physique ;
  • des conséquences néfastes sur la vie quotidienne (émotives, sociales, économiques).

Discussions sur le terme

On reproche à ce te terme d'être connoté sur le plan psychiatrique (manie = folie) est pour certains trop marquée et il est donc moins utilisé
. Ce reproche peut se comprendre mais on peut aussi opposer qu'il décrit finalement très bien la situation puisqu'il s'agit en effet de poison surtout aux doses consommées et qu'il s'agit bien d'une consommation "folle" (manie) puisqu'elle peut mener à tous les excès dérives et déchéances.

Certains le limitent strictement à l'usage de substances psychotropes interdites (ou drogues) ; d'autres l'utilisent pour désigner toute consommation de produits psychotropes sans distinguer les types de consommation (consommation problématique, consommation occasionnelle, etc.) tandis que d'autres s'attachent à la définition dans son ensemble sans distinction de produits et y attachent toute sorte de conduites de type compulsif comme l'alcoolisme, le tabagisme.

Dès 1960, l'OMS recommande de lui préférer le terme dépendance, selon les experts de cet organisme, moins imprécis.

En psychiatrie, ce sont les notions de recherche du plaisir et d'aliénation qui sont au centre de la définition, la toxicomanie se définit selon trois axes : plaisir, contrainte et toxicité. C'est la recherche de plaisir - ou l'évitement de la situation de déplaisir liée à l'absence de produit - qui pousserait à l'usage répété ; cet usage répété induirait, du fait de l'installation d'une accoutumance, un usage contraint subit par l'usager et cet usage contraint installé dans la durée révèlerait le caractère toxique du produit
. Dans cette optique, plus que le produit, c'est la personnalité de l'usager qui détermine la toxicomanie, se définissant comme ayant « une appétence anormale et prolongée » dont l'origine serait à attribuer à des problèmes affectifs.

Contexte

Contexte historique

Jusqu'au début du XIX siècle, certains produits toxiques restaient cantonnés à leurs usages traditionnels ou médicaux mais au cours du siècle, notamment du fait des progrès scientifiques (isolement des principes actifs de la Coca, de l'Opium, invention de l'héroïne, certains produits commencent à être consommés dans un but hédoniste de recherche du plaisir généralement dans les milieux artistiques ou scientifiques mais aussi dans les milieux populaires (dérivés de l'opium pour ouvriers anglais notamment). Cet usage avait déjà été observé au XVIII siècle en Chine avec l'opium ce qui provoqua les guerres de l'opium.

Dès 1810-1820 apparaissent des discours remettant en cause la pertinence de l'usage de deux psychotropes induisant une dépendance : l'opium et l'alcool.

À partir de 1840, la diversité des produits relevant de l'usage abusif prend de l'ampleur, sont signalés l'éther, le chloroforme, le haschich, la coca, la cocaïne, la morphine.

À mesure que l'usage se développe la science forme des termes pour le désigner. En 1849, le suédois Magnus Huss établit le concept d'alcoolisme, ouvrant la voie à l'étherisme, le morphinisme, le cocaïnisme.

En 1853, l'aliéniste Renaudin propose de classer les intoxications comme des entités pathologiques, la substance étant considérée comme l'unique responsable des symptômes, il lui est adjoint manie pour décrire les comportements. Apparaissent alors les termes comme morphinomanie, cocaïnomanie alors que pourtant le terme alcoolisme persiste. Dans les années 1880 apparait le terme générique : toxicomanie.

Dans les années 1950, le recul d'un siècle de recherche et les évolutions de la psychologie permettent de différencier la dépendance physique (jusqu'alors seule traitée comme seule manifestation visible du problème) et la dépendance psychique (mise en cause dans les rechutes malgré un sevrage). Cette distinction est parfois bien difficile à établir dans la clinique.

Dans les pays occidentaux, jusqu'aux années 1960, la toxicomanie - outre l'alcoolisme et le tabagisme - est surtout le fait de milieux artistiques, médicaux, paramédicaux et parfois défavorisés, par exemple l'opium chez des ouvriers anglais pour les aider à surmonter leur fatigue.

Mais dans les années 1970, (notamment après la guerre du Viet-Nam), le phénomène d'injection d'opiacés (héroïne notamment) s'amplifie aux États-Unis pour devenir un problème majeur de santé, et se répandre progressivement dans les autres pays occidentaux. Ce problème de santé publique relayé par la mise en place d'une réglementation internationale encadrant certains de ces produits amène en Occident une vision où le toxicomane est souvent figuré comme un usager injecteur d'un psychotrope illégal (héroïne).

Dans les années 1980, le problème de santé publique lié à la pratique de l'injection sera amplifié par l'apparition des virus du SIDA puis de l'Hépatite C (d'abord appelée "hépatite non A non B) et l'hépatite B maladies largement transmises par les usagers pratiquant l'injection ou dans une moindre mesure par inhalation.

À partir des années 1990, c'est le phénomène de polyconsommation qui explose, notamment dans les pays occidentaux alors que la mondialisation liée au trafic de stupéfiant répand le problème de la toxicomanie dans les pays initialement producteurs.

Contexte socio-culturel

Tolérance socio-culturelle

Il existe une notion de tolérance socio-culturelle, selon laquelle dans un pays où une substance est produite et donc généralement consommée traditionnellement, un état d'équilibre relatif s'installe entre cette substance et les usagers.
Ce produit est intégré dans un rituel social, mystique ou religieux. Ce rituel s'accompagne d'une tradition de l'usage du produit véhiculant des prescriptions d'utilisation, les quantités à utiliser, les dangers relatif à l'usage, etc.

Selon certains auteurs, c'est l'absence de référentiel socio-culturel qui engendrerait les problèmes d'abus lié à certains produits comme ce fut le cas pour les Amérindiens et l'eau-de-feu.

Cette tolérance socio-culturelle explique le fait que certains produits hautement accoutumant et générant des problèmes de santé publique (dont la toxicomanie) soient considérés comme relativement inoffensifs échappant parfois à toute réglementation dans certains parties du monde (consommation d'alcool en Occident, khat au Yémen).

Représentation collective de la toxicomanie

La vision populaire de la toxicomanie évolue aussi à mesure des avancées de la science ou des réglementations.

Jusqu'au années 1960, la toxicomanie est à peu près considérée comme un problème anecdotique.

Dans les années 1970, la consommation problématique (notamment de drogues illicites) explose dans les pays occidentaux pour devenir un problème de santé publique alors que dans le même temps se met en place une réglementation internationale. Le toxicomane de l'époque était alors souvent considéré comme un malade, victime de sa consommation, contraint à la délinquance et dont le seul salut consistait en l'abstinence.
Il dégage souvent une image négative et dangereuse et de transgression. Certains psychiatres ont cependant tenté de faire évoluer cette vision, notamment Claude Olievenstein qui dans ses écrits développe aussi les aspects de contre-culture véhiculés par ces consommation. Le toxicomane occidental de l'époque utilise souvent une gamme de produits précis (héroïne, LSD, Cocaïne, champignons hallucinogènes, Haschich, etc. à la recherche d'effets précis, stimulants, psychédéliques, calmants, etc. Le développement rapide de ce type de toxicomanies laisse souvent les professionnels démunis, le domaine de connaissance étant peu développé ; la prise en charge relève le plus souvent soit des services depsychiatrie soit des communautés thérapeutiques.
La psychothérapie d'inspiration psychanalytique, individuelle ou de groupe sont alors parmi les techniques de traitement ambulatoires les plus répandue auprès des toxicomanes avec celle des traitements résidentiels dans communautés thérapeutiques basée sur un modèle behavioriste (voire, dans un tout autre registre, sectaire, scientologues, etc.). Ces techniques et le discours qui les accompagne va peu à peu devenir une sorte de prisme à travers lequel les conduites toxicomaniaques commencent à être comprises et expliquées. On relève les tendances dépressives et suicidaires (par overdoses notamment) ou relevant de conduites ordaliques . Les explications psychopathologiques ne manquent pas mais les difficultés de traiter ces patients ne se laissent guère surmonter. Leur engagement dans des psychothérapies est souvent aléatoire, les rechutes fréquentes ce qui fait qu'une certaine résignation commence à gagner les praticiens psychiatriques qui se mettent alors à recourir au solutions de substitution avant que l'épidémie du SIDA ne vienne précipiter ce recours, surtout la méthadone, comme solution d'urgence sanitaire. C'est donc dans les années 1980, que l'apparition du SIDA puis d'hépatites obligent à un changement radical de stratégie par la mise en place des politiques de réduction des risques - notamment en Suisse et en Hollande. La priorité apparaît dès lors, plus lentement dans certains pays, la France en particulier, de limiter la diffusion du SIDA plutôt que d'éradiquer les consommations. Sont alors mis sur pied, des programmes de substitution, y compris avec de l'héroïne prescrite, dans des centres spécialisés.

Consommation problématique

La notion de consommation problématique est une notion essentielle dans la définition du terme toxicomanie. C'est elle qui permet de distinguer l'usage dit simple de la toxicomanie. Elle se détermine indépendamment du caractère licite ou non du produit.
De fait la consommation problématique étant une incapacité à contrôler sa consommation, apparaît la notion de consommation contrôlée où l'usager reste maître de sa consommation.

Cette distinction est formalisée dès les années 1970 dans plusieurs rapports officiels (le rapport Baan aux Pays-Bas publié en 1972, le rapport Pelletier en France en 1978, etc.). Ces rapports définissent des potentialités de risque d'usage abusif et différencient les usagers occasionnels des usagers problématiques, mettant en exergue que bien plus que le produit, ce sont avant tout des facteurs d'ordre psychologique ou social qui déterminent la toxicomanie.

Des spécialistes comme par exemple Claude Olievenstein décrivaient alors deux modes de consommation concernant les psychotropes illégaux.

  • Une consommation dite « festive » ou « récréative » ou parfois « de performance » qui concernerait plutôt une population surtout jeune et issue de tous les milieux où la consommation serait induite par le plaisir, la curiosité ou par un effet de groupe.
  • Une consommation dite « problématique » désignée par le terme toxicomanie qui concernerait une population ayant des difficultés préalables à la consommation de psychotrope et pour laquelle cette consommation serait induite par le mal-être.

Dans les faits, les usagers qui sont considérés comme « à problèmes » sont ceux dont la consommation induit une rencontre avec les systèmes public, sanitaire, social ou judiciaire.

La consommation dite « problématique » s'oppose aussi à la notion de consommation occasionnelle.

Il convient aussi de préciser que c'est cette notion de consommation problématique qui permet de ne pas considérer comme toxicomane les patients traités à la morphine puisque leur consommation est contrôlée par un médecin et n'induit pas de comportement de type compulsif grâce à une prise régulière.

Pour le tabac, la dépendance peut s'évaluer selon des critères comme les quantités consommées et le laps de temps observé entre le réveil et la première cigarette.

Pour l'alcool, la consommation problématique est estimée en fonction d'une norme de l'OMS fixant la consommation quotidienne sans danger pour la santé à trois verres d'alcool standard par jour pour les hommes et deux pour les femmes.

Quant aux psychotropes illicites, c'est l'héroïne qui pose le plus souvent une consommation problématique nécessitant une prise en charge sanitaire et sociale de l'usager.

En France, on estime que le nombre de nouveaux patients traités par an est de 55 000 pour le tabac, 43 000 pour l'alcool et 34 000 pour la toxicomanie.

Les différents types de drogues amenant à une consommation problématique

Les drogues agissent sur le cerveau, modifiant les comportements ou les sensations. Au début, ces produits, licites (café, tabac, ...) ou illicites (LSD, amphétamines, ...) sont utilisé par plaisir, pour se donner de l'énergie ou par mode. Au bout d'un certain temps (différent pour chaque produit) l'organisme va avoir besoin de cette substance, c'est alors que l'on devient dépendant, toxicomane. Les différentes drogues pouvant rendre ses usagers sont, par exemple:

  • Les amphétamines: Ces produits sont synthétiques et créé dans des laboratoires clandestins. Ce sont des psychostimulants et coupe-faim. Les amphétamines peuvent être prisent de différentes manières: par ingestion (sous forme de cachet) ou par injection. Elles permettent d'augmenter l'endurance, vaincre la faim et le sommeil, augmenter la capacité d'attention, ... Ce sont les effets à court terme. Parmi les effets à long terme, on peut observer des éruptions cutanées, un amaigrissement ou une dénutrition, dépression, augmentation du rythme cardiaque et de la transpiration, et parfois même de la paranoïa. Il y a une forte dépendance psychique à ces produits.

  • Le cannabis: C'est la substance la plus consommée dans le monde. Elle peut perturber le fonctionnement du cerveau. Le principe actif de cette drogue est le THC (tétra-hydrocannabinol). Elle se fume dans des cigarettes ou dans des pipes mais peut aussi être mangée (sous forme de thé ou de "space cake"). Il crée des sensations d'euphorie ou de détente, les effets peuvent être différents selon plusieurs facteurs. Dans les effets à court terme, on peut observer une élévation du rythme cardiaque, diminution de la salivation, yeux rouges, augmentation de la créativité, ... Il développe une dépendance psychique, comparable à celle de la nicotine.

  • La cocaïne: La cocaïne est une fine poudre blanche qui est reniflée, injectée, ingérée ou parfois fumée. Elle provoque, à court terme, un sentiment d'euphorie, de puissance et d'indifférence à la douleur et à la fatigue. L'effet est intense mais bref (une demi heure environs). Les effets à long terme peuvent être, par exemple, l'endommagement du cœur (car élévation du rythme cardiaque), le sujet peut être anxieux ou dépressif et souffrir d'agitation, d'insomnie, d'amaigrissement et peut parfois subir des nécroses du nez. Cette substance créée une forte dépendance psychique et parfois physique.

  • L'ecstasy: C'est une drogue synthétique qui est produite dans des laboratoires clandestins. Elle est proche des amphétamines. Elle se présente sous forme de comprimés à avaler. Les effets à court terme sont des sensations de bien-être, d'euphorie, d'émotions et de sensations fortes, délires, confusions mentale, ... À long terme, on peut constater un amaigrissement, des humeurs instables, troubles cardiaques et de la thermo-régulation et du comportement. Elle créée une dépendance psychique et physique.

  • L'héroïne : Elle vient de l'opium et est obtenue par la morphine. elle est fumée, inspirée par le nez ou injectée dans les veines. À court terme, on pourra observer une sensation de bien-être, extase, euphorie, l'effet est bref mais intense. À long terme, on peut constater une perte d'appétit, la chute des dents, ... L'overdose d'héroïne est caractérisée par une insuffisance respiratoire pouvant conduire à la mort.

  • Le LSD (ou dictylamine de l'acide lysergique): Ce produit est extrait du champ parasite du seigle. C'est une poudre blanche et cristalline qui se prend par voie buccale ou par ingestion. C'est un puissant hallucinogène. Les effets à court terme sont des hallucinations, des modifications sensorielles, les couleurs sont plus belles, on sent le bruit, on voit la musique, fou-rires pouvant mener à la folie ou au suicide. À long terme, on peut constater des dépressions et des symptômes psychotiques. Il n'y a pas de dépendance physique, mais une forte dépendance psychique.

Thèses interprétant la conduite toxicomaniaque (ou addictive)

Ces thèses quoique parfois opposées du fait de leurs champs de recherche, ne sont pas exclusives les unes des autres. Le mécanisme de la toxicomanie met en jeu de nombreux facteurs.

Hypothèses psychopathologiques

  • En psychiatrie, selon les formulations anciennes (fin du XIX siècle), la toxicomanie témoignerait d'un trouble profond de la personnalité issu de tares originelles souvent associées à d'autres perversions.

  • Les hypothèses pédagogiques s'appuient sur les facteurs éducatifs. Ainsi, un « syndrome de carence d'autorité » serait à l'origine de troubles psychologiques dont une profonde insécurité qui entraînerait une immaturité souvent observées chez les toxicomanes.

  • Les hypothèses génétiques s'appuient sur un modèle de développement de la personnalité qui expliquerait les liens récurrent entre toxicomanie et adolescence, en replaçant la toxicomanie dans un cadre global de conduites adolescentes favorisant le passage à l'acte comme la « la crise d'originalité juvénile », le jeu avec la mort ou l'appartenance à une bande. Dans l'exemple courant des adolescents qui fument du chanvre afin de s'endormir le soir, le "joint" est utilisé comme un pseudo "objet transitionnel", remplaçant de manière artificielle le sentiment d'une présence maternelle réconfortante.

  • En psychanalyse, le phénomène des toxicomanies a été étudié depuis Freud, Tausk, Rado, Rosenfeld jusqu'à Bergeret pour des travaux plus récents. Les thèse y sont multiples mais convergent sur le fait qu'à la suite de Rado, on en parle sous la forme d'une conduite qui mime les phases maniaco-dépressives et qu'elles se situent souvent dans un registre dépressif. Selon, cette thèse la vie du toxicomane se résume à une succession de phases de plaisir ou des phase de recherche de la satisfaction du besoin de ce plaisir. Jean Cournut parlait lui de dépression sans objet c'est-à-dire qui se situerait à la frange de la dépression anaclitique. Bergeret lui affirmait, à la suite de Tellenbach que la dépression n'est pas un symptôme psychopathologique mais un phénomène qui ne sauraient être confondus. Dès lors, il affirme qu'il n'y a pas de structure toxicomaniaque ou addictive mais des conduites défensives qui peuvent s'inscrire dans un registre névrotique, borderline ou psychotique. L'accent est souvent mis sur le caractère régressif de la toxicomanie qui subordonnerait l'existence à l'accomplissement du désir de plaisir pharmacologique.

  • De très nombreux auteurs mondiaux s’accordent de plus en plus pour dire que la toxicomanie et l’alcoolisme seraient des conséquences des troubles bipolaires et non des maladies à par, ce qui expliquerait que de très nombreux toxicomanes s’avèrent répondre positivement aux critères de troubles bipolaires et que de très nombreux bipolaires relatent des abus de drogues ou d’alcool. D'autres auteurs insistent sur le fait que chez la majorité des toxicomanes, on trouve des symptômes bipolaires avant même les premières consommations de drogues et d'alcool Cette hypothèse diagnostique pourrait expliquer la difficulté d'observance des traitements et les rechutes constantes malgré les cures.

Thèses psychophysiologiques

Ces thèses mettent en avant la recherche de plaisir comme source principale de motivation. Plaisir qui serait obtenu par modification de l'homéostasie interne grâce à l'absorption du produit.

Thèses sociologiques

L'explication conjoncturelle conçoit une crise de la jeunesse où la notion de travail est remise en question, où la mondialisation du commerce mondialise les problèmes rendant plus inacceptables encore les injustices.

L'explication par l'occasion conçoit un modèle d'offre agressive motivée par les rapports inféodants qu'entretient l'usager avec son dealer ; cette offre agressive conduirait à augmenter les chances d'occasion d'une première rencontre avec le produit.

Facteurs incitants ou aggravants

Il y a de nombreuses circonstances qui peuvent mener à une consommation problématique de psychotrope et/ou la favoriser:

  • un contexte social défavorisé qui, sans inciter à cette consommation, aggrave le contexte social, notamment chez les jeunes ;
  • un contexte environnemental avec une facilité d'accès aux produits ou avec des relations proche elles-mêmes usagers ;
  • un contexte familial difficile (conflits familiaux, parents excessifs ou sans autorité, violence, abus, etc.) ;
  • des problèmes psychologiques (manque de satisfaction dans les rapports avec autrui, etc.) ;
  • un trouble de la personnalité. Entre 20 et 40% des toxicomanes souffriraient d'un trouble de la personnalité ;
  • un contexte de recherche de performance (professionnelle, scolaire ou sportive).

Conséquences

La toxicomanie est considérée comme un phénomène de société ayant des conséquences sur l'individu et sur la société en général.

La toxicomanie est aussi un facteur intervenant dans certains accidents de la route ou du travail avec les conséquences que peuvent impliquer de tels accidents.

Conséquence judiciaire

Certains pays (notamment la France) pénalisent l'usage et/ou la possession de psychotropes classés comme illicites exposant alors à des sanctions pénales allant de l'obligation de soins à la peine d'emprisonnement associée d'une amende.

Dans de nombreux pays, il est interdit de conduire sous l'effet d'un psychotrope (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes).

Dans d'autres pays, la consommation est complètement tolérée. Les autorisations dépendant généralement des psychotropes consommés traditionnellement dans le pays concerné. Alcool en France, Coca en Bolivie, Cannabis aux Pays-Bas ou Jamaïque(tolérée mais illégale) etc...

Conséquence sanitaire

Outre les effets immédiats sur le psychisme dus à la consommation, la toxicomanie a des effets physiques (dépendance, accoutumance, maladies opportunistes, etc.) pouvant aller jusqu'à la mort (surdose, cancer, complications diverses, etc.), ces effets différant toutefois selon le produit, son mode et son rythme de consommation. Il convient par exemple de souligner que les toxicomanes ont 5 à 10 fois plus de risques de décéder par rapport à une population équivalente et non consommatrice.

Les psychotropes qui sont aujourd'hui les plus meurtriers sont:

  • le tabac, qui provoquerait plus de 4 millions de morts par an dans le monde (soit 62 morts pour 100 000 habitants, 1 mort toutes les 8 secondes), dont 60 000 en France (97 pour 100 000 habitants) ;
  • L'alcool, qui provoque au moins 750 000 morts par an (environ 12 pour 100 000 habitants), dont 45 000 en France (73 pour 100 000 habitants).

Un autre problème lié à la toxicomanie est celui des modes de consommation comme l'injection intraveineuse - qui même si elle est en régression depuis les années 1990 - et dans une moindre mesure l'inhalation par voie nasale sont des vecteurs de propagation notamment du VIH et l'hépatite C. (Voir l'article Réduction des risques). De même, les études sur la contamination par le virus du Sida montrent que les abus de substances provoquent une désinhibition face au danger et donc des rapports sexuels non protégés. (Voir article prise de risque sida pour les références de ces études).

Concernant les psychotropes illégaux, l'usage de produits de coupe pourrait avoir un impact au niveau des conséquences sanitaires (augmentation des risques de surdose, intoxication avec des produits plus nocifs, mélange de molécules incompatibles par ignorance de leur présence, etc.).

Délinquance

Il existe une prévalence supérieure dans la délinquance de la part des usagers de psychotropes, et surtout chez les usagers de psychotropes à haute potentiel accoutumant (alcool, héroïne, cocaïne) ; cette constatation ne permet cependant pas de déterminer si la consommation de psychotropes est une conséquence ou une cause.

Cette délinquance s'exprime par les violences conjugales, par la revente de drogues, par des vols (avec ou sans effraction, avec ou sans violence) et par la prostitution. Certains comportements délictueux étant plus en rapport avec un produit que d'autres ; l'alcool favorise les violences conjugales ; l'héroïne favorise la revente de drogues et la prostitution par exemple.

Aux États-Unis, des études ont montré que 80% de la population carcérale a fait usage de psychotropes avant son incarcération, que près de 30% de cette population avait commis ses délits sous l'influence de ces produits tandis que 20% de cette population reconnaît avoir agi de manière délictueuse pour se procurer de la drogue.

En Angleterre, en 1998, une étude a établi que 11% des 16-20 ans arrêtés pour un délit non lié à la drogue étaient testés positifs aux opiacés alors que dans les statistiques globales de la population seulement 1,5% des 16-20 ans sont des expérimentateurs d'opiacés.

Différentes hypothèses viennent expliquer cette prévalence. Le modèle « économico-compulsif » avance que c'est l'addiction qui pousse vers des activités criminelles pour subvenir à la consommation. Cette hypothèse de la délinquance comme source de revenu et donc comme conséquence de l'usage, concerne principalement les psychotropes illégaux à haut potentiel accoutumant comme l'héroïne ou la cocaïne.
Une autre hypothèse vise les effets des psychotropes dont l'action désinhibitrice conduirait à des comportements délictueux.
Une hypothèse s'appuie sur l'explosion des vols à main armée en 1982, lorsque l'Espagne a dépénalisé l'usage-simple ce qui aurait pousser les dealers à se reconvertir, pour justifier des liens entre grand banditisme et drogues. Cette hypothèse rejoint la théorie de la « porte d'entrée ».

Effet sur le psychisme

Les psychotropes agissent selon des mécanismes subtils qui ne sont pas tous éclaircis, ils ont notamment des effets sur le cerveau, plus précisément sur le néo-cortex, dont on pense qu'il est le siège de la pensée consciente et de l'assimilation des expériences, et sur le système limbique, où sont localisés les sentiments, les émotions et les états d'âme. L'usage régulier et excessif de psychotropes peut parfois induire différents troubles de la conduite qui différent en fonction du produit, les toxicomanes pouvant devenir agressifs, violents (alcool, héroïne, cocaïne) ou au contraire apathiques (usage de cannabis).

Risques de désocialisation

Ces risques sont liés à plusieurs facteurs.

D'une part, les effets provoqués par l'usage de psychotropes qui modifient la perception de la réalité interne et altèrent donc les échanges avec la réalité extérieure.

D'autre part, dès que s'installe un phénomène de dépendance, l'usager place en priorité la satisfaction du besoin et la recherche du produit, réduisant de fait ses relations sociales parfois jusqu'à ne les limiter qu'au milieu lié au produit et se couper progressivement de son environnement extérieur. Ce phénomène est un des principaux obstacles au sevrage puisque l'usager doit non seulement surmonter sa dépendance mais aussi retisser des liens sociaux et retrouver de nouvelles habitudes.

Pour les produits prohibés, la recherche du produit met l'usager en situation de fréquenter des milieux marginaux (délinquance, banditisme) constituant ainsi une « porte d'entrée » dans ces milieux.

Traitements des toxicomanies

Les traitements des toxicomanes recouvrent toute la gamme des traitements psychologiques habituels (psychothérapies individuelles, familiales, psychanalytiques, etc.) en lien avec des traitements médicaux relatifs aux sevrages, aux maladies liées (SIDA, Hépatites C), etc. On parle de traitements curatifs et de traitement à bas-seuils, c'est-à-dire en principe sans visée d'abstinence. Les traitements se font le plus souvent sur un mode pluridisciplinaires, psychothérapeutes, médecins internistes, infirmiers/res, etc. Il doivent être ajustés au type, à la durée des consommations et aux troubles psychiques sous-jacents ainsi qu'à l'environnement du patient. L'abstinence n'est plus le seul objectif recherché, notamment dans les traitements à seuil bas. Il faut noter que les modes de consommations ont beaucoup évolué et que ça a un impact certain sur les traitements. On ne traite pas de la même manière un toxicomane de longue durée aux opiacés, désinserré, etc. et un jeune polytoxicomane, collégien, abusant compulsivement de tout ce qui lui tombe sous la main ou encore un cadre (ou trader) qui se "dope" à la cocaïne pour tenir le rythme effréné de ses responsabilités.

Statistique

La consommation de produits psychotropes concerne plutôt les hommes que les femmes sauf dans le cas du tabac où l'écart est moins net et dans le cas des médicaments psychotropes où les femmes sont plus concernées que les hommes. Cette consommation est aussi liée à l'âge et va généralement en diminuant à mesure que l'âge avance.

France

En 2003, on comptait 13,1 millions d'usagers réguliers d'alcool, 13 millions d'usagers réguliers du tabac, 3,8 millions d'usagers des médicaments psychotropes et 850 000 usagers de cannabis ; quant aux autres produits leur consommation reste marginale à l'échelle de la population française.

En 2002, le rapport de l'OFDT conclut à l'absence de lien significatif entre le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle ou le revenu du ménage d'une part, et la consommation de psychotrope d'autre part.