Un petit dinosaure couvert de plumes montre que les ailes ont pu apparaître par plusieurs chemins au cours de l'évolution.
Son nom est Norellraptor barsboldi. Son squelette presque complet a été découvert dans l'ouest du Liaoning, en Chine, dans des roches du Crétacé inférieur. Le fossile mesure seulement 57 cm de long, avec des traces de plumage encore visibles autour de plusieurs parties du corps.

Norellraptor barsboldi
Image Wikimedia
Norellraptor appartenait aux microraptorinés, de petits dinosaures prédateurs proches des oiseaux. Certains portaient de longues plumes non seulement sur les membres antérieurs, mais aussi sur les pattes arrière. Cette disposition leur a valu le surnom de dinosaures « à quatre ailes », même si leurs capacités de vol exactes restent discutées.
Le nouveau fossile est particulièrement complet. L'étude de ses os indique qu'il avait au moins trois ans lorsqu'il est mort. Ses mains, ses membres et son squelette présentent plusieurs caractères liés aux déplacements dans les airs, que l'on retrouve aussi sous des formes différentes chez les premiers oiseaux.
Cette ressemblance pose une question : les oiseaux et les microraptorinés ont-ils hérité leur aptitude au vol d'un même ancêtre ? Une autre possibilité est que les deux groupes aient acquis séparément des adaptations comparables, chacun au fil de sa propre évolution.
Pour départager ces scénarios, les chercheurs n'ont pas seulement comparé les caractères présents. Ils ont aussi reconstitué l'ordre dans lequel ils sont apparus. Chez les microraptorinés, les doigts se sont d'abord raccourcis, réduisant probablement leur rôle pour saisir. D'autres transformations du poignet, du sternum et des membres sont venues plus tard.
Chez les ancêtres des oiseaux, ces changements ne sont pas apparus dans le même ordre. Des structures comparables se sont donc assemblées suivant deux trajectoires différentes. Environ 30 % des caractères propres aux microraptorinés étudiés se retrouvent également chez la lignée des oiseaux, mais ils auraient été acquis indépendamment.
Le vol des dinosaures ne semble donc pas avoir suivi une recette unique. Plusieurs groupes proches ont pu expérimenter différentes combinaisons de plumes, de membres allongés et d'os transformés. Certaines lignées ont disparu, alors que celle des oiseaux a traversé la grande extinction d'il y a 66 millions d'années.
Le nom Norellraptor rend hommage au paléontologue américain Mark Norell, mort en 2025. Le nom de l'espèce, barsboldi, honore le paléontologue mongol Rinchen Barsbold, également disparu cette année-là. Tous deux ont largement contribué à révéler les liens entre dinosaures à plumes et oiseaux.