💀 Homo erectus dĂ©jĂ  en Afrique du Sud il y a 2 millions d’annĂ©es

Un fragment de crĂąne oubliĂ© parmi des fossiles sud-africains renforce la prĂ©sence trĂšs ancienne d’Homo erectus loin de l’Afrique orientale.

La dĂ©couverte vient de Drimolen, un site situĂ© Ă  environ 40 km au nord-ouest de Johannesburg. Ses dĂ©pĂŽts datent d’environ 2,04 Ă  1,95 million d’annĂ©es. Ils ont livrĂ© de nombreux restes d’anciens reprĂ©sentants de la lignĂ©e humaine, mais une partie de ces fossiles n’avait jamais Ă©tĂ© dĂ©crite en dĂ©tail.

Crñne d’un Homo erectus

Crñne d’un Homo erectus
Pixabay

Des chercheurs ont repris l’étude de 18 fragments de crĂąnes et de mĂąchoires dĂ©couverts entre 1990 et 2019. Certains attendaient donc depuis plusieurs dĂ©cennies dans les collections. Leur anatomie a Ă©tĂ© comparĂ©e Ă  celle de fossiles dĂ©jĂ  attribuĂ©s Ă  diffĂ©rentes espĂšces.

Parmi eux, un fragment nommĂ© DNH 127 retient particuliĂšrement l’attention. Il provient de l’arriĂšre d’un crĂąne adulte et prĂ©sente des caractĂ©ristiques compatibles avec Homo erectus. Cette attribution apporte un nouvel Ă©lĂ©ment indĂ©pendant en faveur de la prĂ©sence de cette espĂšce Ă  Drimolen il y a environ 2 millions d’annĂ©es.

Cette prĂ©sence avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© proposĂ©e grĂące Ă  DNH 134, un crĂąne juvĂ©nile dĂ©couvert sur le mĂȘme site. Son attribution Ă  Homo erectus avait toutefois suscitĂ© des discussions, notamment parce qu’il appartenait Ă  un jeune individu. DNH 127 est intĂ©ressant car il provient d’un adulte et offre donc un autre point de comparaison.

L’étude ne concerne pas seulement Homo erectus. Sur les 18 fossiles dĂ©crits, 14 sont attribuĂ©s Ă  Paranthropus robustus, une autre espĂšce d’hominine prĂ©sente dans la rĂ©gion Ă  la mĂȘme pĂ©riode. Trois fragments restent trop difficiles Ă  identifier plus prĂ©cisĂ©ment.

Autrement dit, plusieurs formes humaines vivaient dans cette partie de l’Afrique Ă  une pĂ©riode trĂšs ancienne. Homo erectus et Paranthropus robustus ont frĂ©quentĂ© le mĂȘme environnement, mĂȘme si ces fossiles ne prouvent pas que les individus se sont rencontrĂ©s directement. Le site offre surtout une photographie rare d’une pĂ©riode oĂč plusieurs lignĂ©es coexistaient.

Les nouveaux restes de Paranthropus apportent aussi des informations sur les variations au sein de cette espĂšce. Les chercheurs ont identifiĂ© un caractĂšre particulier sur la mĂąchoire qui pourrait distinguer la population de Drimolen de populations provenant d’autres sites sud-africains. Ces diffĂ©rences pourraient correspondre Ă  des changements progressifs au cours du temps.

Les fossiles de Drimolen restent accessibles aux chercheurs, et leurs scans en trois dimensions permettront de nouvelles comparaisons avec d’autres dĂ©couvertes africaines.

MI
MissTinguette

C'est Ă©tonnant que certains fragments soient restĂ©s aussi longtemps dans les collections avant d'ĂȘtre Ă©tudiĂ©s. Il doit encore y avoir de belles dĂ©couvertes Ă  faire dans les rĂ©serves des musĂ©es.