Un fragment de crĂąne oubliĂ© parmi des fossiles sud-africains renforce la prĂ©sence trĂšs ancienne dâHomo erectus loin de lâAfrique orientale.
La dĂ©couverte vient de Drimolen, un site situĂ© Ă environ 40 km au nord-ouest de Johannesburg. Ses dĂ©pĂŽts datent dâenviron 2,04 Ă 1,95 million dâannĂ©es. Ils ont livrĂ© de nombreux restes dâanciens reprĂ©sentants de la lignĂ©e humaine, mais une partie de ces fossiles nâavait jamais Ă©tĂ© dĂ©crite en dĂ©tail.

CrĂąne dâun Homo erectus
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Des chercheurs ont repris lâĂ©tude de 18 fragments de crĂąnes et de mĂąchoires dĂ©couverts entre 1990 et 2019. Certains attendaient donc depuis plusieurs dĂ©cennies dans les collections. Leur anatomie a Ă©tĂ© comparĂ©e Ă celle de fossiles dĂ©jĂ attribuĂ©s Ă diffĂ©rentes espĂšces.
Parmi eux, un fragment nommĂ© DNH 127 retient particuliĂšrement lâattention. Il provient de lâarriĂšre dâun crĂąne adulte et prĂ©sente des caractĂ©ristiques compatibles avec Homo erectus. Cette attribution apporte un nouvel Ă©lĂ©ment indĂ©pendant en faveur de la prĂ©sence de cette espĂšce Ă Drimolen il y a environ 2 millions dâannĂ©es.
Cette prĂ©sence avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© proposĂ©e grĂące Ă DNH 134, un crĂąne juvĂ©nile dĂ©couvert sur le mĂȘme site. Son attribution Ă Homo erectus avait toutefois suscitĂ© des discussions, notamment parce quâil appartenait Ă un jeune individu. DNH 127 est intĂ©ressant car il provient dâun adulte et offre donc un autre point de comparaison.
LâĂ©tude ne concerne pas seulement Homo erectus. Sur les 18 fossiles dĂ©crits, 14 sont attribuĂ©s Ă Paranthropus robustus, une autre espĂšce dâhominine prĂ©sente dans la rĂ©gion Ă la mĂȘme pĂ©riode. Trois fragments restent trop difficiles Ă identifier plus prĂ©cisĂ©ment.
Autrement dit, plusieurs formes humaines vivaient dans cette partie de lâAfrique Ă une pĂ©riode trĂšs ancienne. Homo erectus et Paranthropus robustus ont frĂ©quentĂ© le mĂȘme environnement, mĂȘme si ces fossiles ne prouvent pas que les individus se sont rencontrĂ©s directement. Le site offre surtout une photographie rare dâune pĂ©riode oĂč plusieurs lignĂ©es coexistaient.
Les nouveaux restes de Paranthropus apportent aussi des informations sur les variations au sein de cette espĂšce. Les chercheurs ont identifiĂ© un caractĂšre particulier sur la mĂąchoire qui pourrait distinguer la population de Drimolen de populations provenant dâautres sites sud-africains. Ces diffĂ©rences pourraient correspondre Ă des changements progressifs au cours du temps.
Les fossiles de Drimolen restent accessibles aux chercheurs, et leurs scans en trois dimensions permettront de nouvelles comparaisons avec dâautres dĂ©couvertes africaines.