🌍 La nature pourrait elle-mĂȘme rĂ©chauffer la planĂšte, et pas qu'un peu

Le rĂ©chauffement pourrait lui-mĂȘme dĂ©clencher des Ă©missions naturelles capables de faire encore monter la tempĂ©rature mondiale.

Pour comprendre ce mĂ©canisme, il faut regarder ce qui se passe dans certains milieux lorsque la planĂšte chauffe. Le pergĂ©lisol dĂ©gĂšle, des incendies brĂ»lent davantage de vĂ©gĂ©tation et des zones humides produisent du mĂ©thane. Ces phĂ©nomĂšnes libĂšrent du dioxyde de carbone ou du mĂ©thane, deux gaz qui retiennent de la chaleur dans l’atmosphĂšre.

Image: JĂŒrgen Jester / Pixabay

Image: JĂŒrgen Jester / Pixabay

Le rĂ©sultat forme une boucle : les activitĂ©s humaines rĂ©chauffent le climat, puis ce rĂ©chauffement provoque de nouvelles Ă©missions. Celles-ci renforcent Ă  leur tour la hausse des tempĂ©ratures. Une Ă©quipe internationale a cherchĂ© Ă  estimer l’effet cumulĂ© de quatre grandes sources : pergĂ©lisol, incendies, zones humides et eaux continentales comme les lacs.

Selon leurs calculs, ces Ă©missions provoquĂ©es par le rĂ©chauffement pourraient augmenter de 20 Ă  30 % la hausse des tempĂ©ratures attendue au cours du siĂšcle. Cela reprĂ©senterait environ 0,2 Ă  0,4 °C supplĂ©mentaires d’ici 2100, selon la quantitĂ© de gaz Ă  effet de serre que l’humanitĂ© continuera d’émettre.

Dans un scĂ©nario oĂč les Ă©missions humaines diminuent fortement, l’effet supplĂ©mentaire atteindrait environ 0,2 °C en 2100. Dans un scĂ©nario oĂč elles restent plus Ă©levĂ©es, il approcherait 0,4 °C. Les chercheurs donnent toutefois une marge d’incertitude d’environ 0,2 °C autour de ces estimations.

Le pergĂ©lisol permet de comprendre pourquoi le phĂ©nomĂšne peut durer. Ces sols gelĂ©s depuis trĂšs longtemps renferment de la matiĂšre organique. Lorsqu’ils dĂ©gĂšlent, des microbes peuvent la dĂ©composer et libĂ©rer du dioxyde de carbone ou du mĂ©thane. Le processus ne s’arrĂȘte donc pas nĂ©cessairement dĂšs que les Ă©missions humaines cessent d’augmenter.

Les zones humides et les lacs réagissent aussi à la température. Dans certains environnements pauvres en oxygÚne, des microbes produisent davantage de méthane lorsque les conditions deviennent plus chaudes. Les incendies constituent une autre source : ils libÚrent rapidement une partie du carbone stocké dans la végétation et les sols.

Ces phénomÚnes sont connus depuis longtemps, mais leur effet combiné reste encore absent ou incomplet dans de nombreuses projections climatiques.

MĂȘme aprĂšs l’atteinte d’émissions humaines nettes nulles, certaines de ces sources naturelles pourraient continuer Ă  agir pendant des dĂ©cennies. Les auteurs demandent donc de mieux les intĂ©grer aux futurs modĂšles climatiques et aux calculs des quantitĂ©s de carbone que l’humanitĂ© peut encore Ă©mettre pour limiter la hausse des tempĂ©ratures.