Un trou béant à la surface de la Lune pourrait donner accès à une vaste cavité souterraine.
Cette ouverture porte le nom de Marius Hills Pit. Elle se trouve dans une région marquée par une ancienne activité volcanique. Depuis sa découverte par des observations orbitales, les scientifiques se demandent si elle correspond seulement à un effondrement local ou si elle ouvre sur un long espace creux sous la surface.

Une ouverture naturelle dans le sol lunaire, interprétée comme un possible accès à un ancien tube de lave souterrain.
Crédit : NASA/GSFC/Arizona State University, via ESA.
La seconde possibilité serait celle d’un tube de lave. Sur Terre, ce type de tunnel se forme lorsqu’une coulée volcanique se solidifie en surface, alors que la lave continue de circuler dessous. Lorsque celle-ci s’évacue, elle peut laisser derrière elle une galerie vide. Des phénomènes comparables ont pu se produire sur la Lune.
Pour savoir ce qui se cache réellement sous Marius Hills, la NASA a sélectionné le projet GIMLI. Des instruments doivent être déposés directement dans la région. L’objectif n’est donc plus seulement d’observer le trou depuis l’espace, mais de sonder le sous-sol lunaire à proximité.
Plusieurs méthodes seront combinées. Un radar enverra des ondes sous la surface et enregistrera leurs réflexions. Des capteurs mesureront aussi la propagation de vibrations dans le sol. Enfin, un gravimètre recherchera de très petites variations de la gravité.
Des caméras examineront également la surface et les parois visibles de la fosse. Si une cavité se prolonge sous le sol, l’ensemble de ces mesures doit permettre d’en estimer les dimensions. Les scientifiques pourront alors déterminer si le trou constitue réellement une entrée vers un ancien tunnel volcanique.
Une telle cavité intéresserait aussi les futures missions habitées. La surface lunaire est directement exposée aux rayonnements et connaît de très fortes variations de température. Une épaisse couche de roche au-dessus d’un tunnel pourrait offrir une protection naturelle, même si l’utilisation d’une telle cavité comme habitat resterait à étudier.
Le projet garde cependant un intérêt scientifique même si aucune grande grotte n’est découverte. Les parois de Marius Hills exposent des couches de lave et de poussière habituellement enfouies. Leur étude peut retracer une partie de l’histoire volcanique locale et préciser la manière dont la fosse elle-même s’est formée.