đŸ’« Un trou noir supermassif errant surpris en train de dĂ©vorer une Ă©toile

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Un trou noir supermassif Ă©loignĂ© du centre de sa galaxie a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© grĂące Ă  la destruction d’une Ă©toile. Cette observation fournit un indice direct sur une population d’objets longtemps supposĂ©e, mais difficile Ă  dĂ©tecter. Le phĂ©nomĂšne s’est manifestĂ© par une brusque Ă©mission de lumiĂšre et de rayons X.

L’évĂ©nement, nommĂ© AT2024tvd, correspond Ă  une rupture par effet de marĂ©e. Une Ă©toile s’est approchĂ©e trop prĂšs du trou noir, puis les forces gravitationnelles l’ont Ă©tirĂ©e et disloquĂ©e. Une partie de sa matiĂšre a formĂ© un disque trĂšs chaud, visible depuis la Terre.

Cette illustration représente une rupture par effet de marée, un phénomÚne qui se produit lorsqu'une étoile passe dangereusement prÚs d'un trou noir supermassif. Les fragments de l'étoile en fusion s'échauffent en tourbillonnant autour du trou noir, créant une lueur visible depuis les confins du cosmos, pendant que le trou noir éjecte un jet relativiste dans l'espace.
Image NRAO/AUI/NSF/NASA

La particularité du signal vient de sa position. Le trou noir se trouve loin du noyau lumineux de sa galaxie hÎte, alors que les trous noirs supermassifs connus occupent généralement les régions centrales. Cette localisation inhabituelle a été confirmée grùce à plusieurs observatoires, dont le satellite Swift de la NASA.

Les chercheurs estiment que l’objet possĂšde environ un million de masses solaires. Il pourrait ĂȘtre non pas le trou noir supermassif de la galaxie observĂ©e, mais celui d’une petite galaxie absorbĂ©e. Lors de cette fusion, les Ă©toiles de la galaxie satellite auraient Ă©tĂ© dispersĂ©es, laissant son trou noir dĂ©river dans le halo galactique.

Les trous noirs errants sont difficiles Ă  recenser, car ils n’émettent presque rien lorsqu’ils n’absorbent pas de matiĂšre. La destruction occasionnelle d’une Ă©toile agit alors comme un signal temporaire. Ces flambĂ©es permettent d’identifier des objets autrement invisibles et d’estimer leur masse.

La galaxie WISEA J014656.04-152214.7, située à environ 750 millions d'années-lumiÚre dans la constellation de la Baleine, avant et aprÚs qu'un événement de rupture par effet de marée ait été repéré sur son bord extérieur en novembre 2025.
L'image de gauche a été prise par le DESI (Dark Energy Spectroscopic Instrument) Legacy Survey et celle de droite provient du télescope Lowell Discovery.
Image TĂ©lescope Lowell Discovery / Étude Legacy / Robert Stein

Cette dĂ©couverte pourrait amĂ©liorer les modĂšles dĂ©crivant la croissance des galaxies. Les simulations prĂ©disent qu’un grand nombre de trous noirs dĂ©centrĂ©s subsistent aprĂšs des fusions successives. Leur abondance rĂ©elle reste cependant mal connue, notamment dans les galaxies lointaines ou peu lumineuses.

Le futur observatoire Vera C. Rubin devrait dĂ©tecter davantage d’évĂ©nements similaires grĂące Ă  ses relevĂ©s rĂ©guliers du ciel. Le tĂ©lescope spatial Nancy Grace Roman pourra ensuite rechercher des cas plus lointains. Ces instruments pourraient transformer ces dĂ©tections isolĂ©es en vĂ©ritable recensement cosmique.