Un trou noir de notre Galaxie envoie l’un de ses jets presque droit vers nous, une orientation rarement observée à cette échelle.
Le système s’appelle IRAS 18293−0941 et se trouve à environ 12 000 années-lumière. Il contient une étoile massive et un objet compact identifié comme un trou noir. Les deux tournent l’un autour de l’autre en 11,38 jours.

Vue d’artiste d’IRAS 18293−0941. Le système associe une étoile massive et un trou noir dont l’un des jets relativistes est orienté presque directement vers la Terre.
Crédit : B. Marcote (JIVE/ASTRON) / Martà et coll. 2026 — CC BY 4.0.
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Le trou noir attire de la matière provenant de son étoile compagne. Cette matière forme un disque très chaud autour de lui. Une partie finit par tomber vers le trou noir, mais une autre est expulsée par les pôles sous forme de deux jets opposés.
Ces jets sont extrêmement rapides. Les observations indiquent une vitesse proche de 75 % de celle de la lumière. Surtout, l’un d’eux est dirigé presque dans notre direction. Cette orientation change fortement la façon dont nous le voyons depuis la Terre.
Lorsqu’un jet se rapproche de nous à une vitesse aussi élevée, son rayonnement paraît beaucoup plus intense. Le jet opposé, qui s’éloigne, devient au contraire bien plus difficile à détecter. C’est cette configuration particulière qui conduit les chercheurs à parler de « microblazar ».
Un microblazar est la version miniature d’un blazar. Dans un blazar classique, un trou noir supermassif situé au centre d’une galaxie envoie lui aussi un jet presque vers la Terre. Ici, le trou noir est beaucoup plus petit et appartient à un système binaire de la Voie lactée.
Pour étudier IRAS 18293−0941, les chercheurs ont combiné plusieurs types d’observations, notamment en ondes radio, en rayons X et en rayons gamma. Elles montrent que le jet ne se limite pas aux environs immédiats du trou noir. Il semble s’étendre sur une distance d’environ 100 années-lumière.
À l’une de ses extrémités, ce jet rencontre une région plus dense de gaz. La collision chauffe et ionise cette matière, ce qui produit une zone brillante.
Malgré son orientation, ce jet ne représente aucun danger pour la Terre. Le système est bien trop éloigné. Son intérêt vient justement de cette position presque idéale : elle amplifie ce que nous recevons et permet d’observer plus clairement un phénomène habituellement étudié dans des galaxies très lointaines.
Les prochaines observations devront préciser ce qui se passe là où le jet frappe le gaz environnant. Elles permettront aussi de vérifier s’il peut réellement accélérer certaines particules jusqu’à des énergies parmi les plus élevées connues dans la Voie lactée.