Des chercheurs ont réussi à vacciner des souris contre la grippe et la Covid-19 sans utiliser d'aiguille.
Les vaccins à ARN messager donnent à nos cellules des instructions temporaires pour fabriquer une protéine reconnue par le système immunitaire. Celui-ci apprend alors à se défendre contre le virus. Dans les vaccins habituels, l'ARN est transporté dans de minuscules particules grasses qui le protègent et l'aident à entrer dans les cellules.

Seringue.
Image d'illustration Pixabay
Une équipe de chercheurs américains et japonais a testé une autre méthode. Elle utilise un appareil qui propulse une très petite quantité de liquide dans la peau, grâce à un jet sous pression. Pas besoin d'aiguille : la vitesse du liquide lui permet de traverser la surface de la peau.
L'équipe a aussi choisi de se passer des particules grasses qui entourent normalement l'ARN messager. Cela simplifie la préparation, mais crée une difficulté : injecté seul, cet ARN déclenche une réponse immunitaire trop faible. Les chercheurs ont donc cherché comment aider l'organisme à réagir plus fortement.
Ils ont ajouté deux substances qui stimulent les défenses immunitaires, appelées adjuvants. L'une est à base de phosphate d'aluminium ; l'autre contient de courts fragments d'ADN. Séparément, elles apportaient peu d'amélioration. Ensemble, elles ont nettement renforcé la réaction du système immunitaire chez les souris.
Pour vérifier la protection, les chercheurs ont vacciné des souris, puis les ont exposées au coronavirus responsable de la Covid-19 ou au virus de la grippe. Dans les tests réalisés sur leurs poumons, la quantité de virus encore capable d'infecter des cellules est descendue sous le seuil de détection après trois doses de vaccin.
C'est un résultat encourageant, mais il faut le lire avec prudence. Ne plus détecter de virus infectieux dans un prélèvement ne signifie pas que chaque animal est entièrement débarrassé du virus.
Les chercheurs ont aussi comparé les réactions inflammatoires à celles provoquées par certaines préparations expérimentales utilisant des particules grasses. Leur méthode en a entraîné moins dans ces essais, sans que cela suffise à prouver qu'elle sera mieux tolérée chez l'humain.
Cette vaccination sans aiguille reste donc expérimentale. Avant d'envisager des essais chez des personnes, il faudra notamment vérifier son efficacité et ses doses chez d'autres animaux. La découverte montre surtout qu'il existe une autre façon d'administrer l'ARN messager.