Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

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Introduction

Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives
Vue générale de l'édifice
Nom localAbbaye de saint-Pierre
Latitude

Longitude
49° 01′ 12″ Nord

00° 01′ 58″ Ouest / 49.02, -0.03278
PaysFrance France
RégionNormandie
DépartementCalvados
VilleSaint-Pierre-sur-Dives
CulteCatholique romain
TypeAbbaye
Rattaché àBénédictines
Début de la construction1067
Fin des travauxXVII siècle
Style(s) dominant(s)style roman / style gothique
ProtectionMonument historique
Localisation


Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

L’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives est une abbaye bénédictine, fondée au XI siècle à Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados. C'est un des ensembles les plus complets de l'architecture monastique en Normandie.

Histoire

Vue de l'abbaye de saint-Pierre-sur-Dives au XVIIe siècle

La fondation

Au hameau de L'Epinay, premier nom du village, existait déjà une église sous le patronage de saint-Pierre, pillée par les Vikings.
L'abbaye est fondée par la comtesse Lesceline, femme de Guillaume, comte d'Eu, frère du duc de Normandie Richard II. Elle y installe des religieuses bénédictines puis les transfère à Saint-désir, près de Lisieux en 1046, et installe des moines bénédictins sous la direction d'Ainard, le premier abbé. Lesceline meurt à l'abbaye en 1058. Sa dépouille est enterrée dans l'église abbatiale ; elle s'y trouve toujours.

La première église est consacrée le 1 mai 1067 en présence du nouveau roi d’Angleterre, Guillaume, duc de Normandie, neveu de la comtesse qui avait placé son établissement sous sa haute protection. Elle est brûlée en 1106. Elle est reconstruite, puis quasiment achevée sous l’abbatiat de l’abbé Haimon à la fin de la première moitié du XII siècle.

De l’édifice originel d'Haimon, il ne reste que la tour Saint-Michel.

XIII siècle

Des travaux sont, réalisés au cours du XIII siècle car l'abbaye se développe. Les religieux font bâtir une halle à Saint-Pierre-sur-Dives afin d'y établir des foires et des marchés. Ils se heurteront souvent avec les seigneurs de Tancarville qui tiennent le marché de Mézidon et les concurrencent fortement. Déjà en 1191, par un accord passé avec Henri de Nonant, seigneur d'Ecots, l'abbaye se trouvait associée à la gestion de la foire de Saint-Georges-en-Auge et en percevait une partie des revenus .

XIV siècle

Les marchés sont l'objet de procédures pendant encore cinquante ans. En 1337, devant le bailli de Rouen, l'abbé Jean finit par trouver un accord avec Jean de Orlévy, seigneur de Tancarville. L'intégralité de cette accord nous est parvenu sous forme d'une copie collationnée le 23 novembre 1616 à partir d'un original détenu par les religieux de Sainte-Barbe.

XVI siècle

Au XVI siècle, l'église, en très mauvais état, est complètement reconstruite par l’abbé Jacques de Silly. L'abbaye possède de nombreuses, terres et des moulins, gère des dîmes et reçoit des donations de propriétaires et nobles de la région. Il nous est parvenu une archive mentionnant une clameur de haro lancée en 1527 par Jacques de Silly, abbé de Saint-Pierre-sur-Dives à l'encontre de religieux du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge qui contestaient les droits sur le marché et la foire de Mézidon détenus par sa communauté. L'abbaye doit rappeler l'accord de 1337 pour justifier de ses droits de revenus.

XVII siècle

En 1642, les religieux de Saint-Pierre-sur-Dives obtiennent du roi le droit de tenir dans leur bourg quatre nouvelles foires. Deux d'entre elles étant un peu trop proche dans le temps de foires qui se tenaient « d'ancienneté » à Falaise, l'abbé Alexandre de Breauté est amené à s'accorder avec les bourgeois et habitants de la ville concurrente, pour que leurs dates soient sensiblement modifiées. Ainsi, pendant plusieurs siècles, les différentes abbayes de la région (dont celle de Troarn), les bourgeois des villes concernées et les seigneurs locaux doivent souvent négocier les dates de marchés afin de protéger leurs intérêts.

les bâtiments conventuels ainsi que le carré du cloître sont reconstruits dans le style classique, à partir de 1667. Les travaux s'étaleront jusqu'au XVIII siècle.

XVIII siècle

Au XVIII siècle, le cloître est à nouveau partiellement démoli.

Révolution française

À la Révolution, la mise en vente provoque le morcellement des bâtiments conventuels et leur transformation en appartements.

XX siècle

En 1987 s'est ouvert, dans les bâtiments conventuels, le musée des techniques fromagères, comprenant une bibliothèque et un centre de documentation, des salles d'expositions temporaires, des salles de conférences et de projections. La salle capitulaire, restaurée, abrite des expositions.

Aujourd'hui

Depuis quelques années, la ville procède au rachat progressif des bâtiments conventuels, partagés entre plusieurs propriétaires depuis la révolution. Une partie a déjà été rénovée et abrite la bibliothèque et l’office de tourisme.

Visite

L'exposition des techniques fromagères, l'abbatiale et le cloître se visitent de 9h30 à 12h et de 14h30 à 18h. L'église ne se visite pas pendant les services religieux.

Architecture

Abbatiale

Nef

Abbaye bénédictine de saint-Pierre-sur-Dives. Tour Saint-Michel et cloître côté sud.

Pinacle d'un contrefort de la nef. Une restauration est visible.

Église abbatiale Notre-Dame 11ème/13ème (MH). XIV au nord et percée d'une verrière XV, nef avec collatéraux 12ème/13ème à élévation à trois étages voûtée fin XV, transept avec bases XI.

Chœur 13ème/14ème avec stalles XVI siècle, où l'on peut voir les armes de l'abbé Jacques de Silly, qui les fit construire : « d'hermine à la fasce vivrée de gueules, surmontée en chef de trois tourteaux de même ». À l'entrée du chœur, plaqués sur les piliers du carré du transept, obélisques ornés en bas relief des attributs de la liturgie et de la musique.

Autel bénédictin avec antependium en bois sculpté et doré fin XVII siècle, console bois et marbre XVIII siècle, Christ en bois polychrome, six chandeliers en bronze, stalles et boiseries début XVI siècle.

Des vitraux modernes relatent l'histoire de Saint-Pierre-sur-Dives.

Dans l'abside à cinq pans rayonnent cinq chapelles :

  • Dans la chapelle axiale : retable en pierre fin XVII siècle, Vierge à l'Enfant XVII siècle dite Notre-Dame de l'Epinay.
  • À droite de la chapelle axiale, chapelle avec retable XVII siècle orné de cariatides et restes de peintures murales XVI.
  • Chapelle avec retable XVIII siècle avec statue de saint Roch en terre cuite et ensemble de boiseries XVIII siècle.

Dans le déambulatoire : deux toiles naïves XVII/XVIII (le Miracle de saint Wambert et Procession de reliques devant l'abbatiale).
Transept : le Songe de Jacob début XVII siècle, Christ XVIII siècle, armoire et confessionnal XVIII siècle.
Autel du transept nord : bas-relief (deux angelots tenant un cartouche orné du Christ portant sa croix en pierre début XVI, classé à l'inventaire des monuments historiques en 1907) et la Vierge et saint Jean statuettes en pierre polychrome XVI siècle, chaire XVIII siècle, tambour de porte XVIII siècle (classé à l'inventaire des monuments historiques en 1862).

À l'extérieur statue de Vierge XVI siècle.

La façade, entre les deux tours, comporte une porte en bois à deux vantaux posée en 1719.

Particularité : dans une plaque de cuivre remplaçant un des carreaux, est percé un trou, le «gnomon ». Il laisse passer les rayons solaires qui, à midi, éclairent selon l’époque, tel ou tel signe zodiacal.

Les premiers classements à l'inventaire des monuments historiques datent de 1862.

Cloître

(MH) Le cloître ne présente plus qu’une travée d’arcades datant du milieu du XVIII siècle. Une autre travée, du côté ouest est couverte depuis une période récente.

Salle capitulaire

(MH) Du XIII siècle. Belle construction gothique de type ogival, cette ancienne salle du chapitre date de la première moitié du XIII siècle. Les moines s'y réunissaient pour les affaires conventuelles. Trois colonnes cylindriques reçoivent les arceaux des voûtes au milieu de la salle. Elle a été entièrement restaurée en 1991 et 1999 et protégée par des baies vitrées. Des pavage en céramique émaillée du Pré-d'Auge y ont été transférés depuis l'église, pour une meilleure conservation. Ils sont constitués d'une rosace coupée en quatre parts égales par deux bandes en pierre calcaire et représentent des cerfs, fleurons, fleurs de lis, aigles à deux têtes, lions, chimères ; figures noires sur fond jaune ou jaunes sur fond noir.

Tour-lanterne

Abbaye bénédictine de Saint-Pierre-sur-Dives. Nef. Mise en évidence de l'éclairage apporté par les baies de la tour-lanterne.

Les bases de la tour-lanterne sont du XI siècle. Elle s’élève sur deux étages de baies justifiant son nom par la lumière qu’elle apporte à l’édifice. Elle fut restaurée plusieurs fois au cours des siècles.

Tour Saint-Michel

Clocher XII siècle située au sud de la façade, avec quatre étages d’arcatures. Le dernier niveau présente sur chaque face, une baie à arc brisé entourée de quatre oculi. Elle ne servit jamais de clocher, les moines l’utilisaient comme pigeonnier et comme donjon. La flèche, recouverte de tuiles, est du XIII siècle.

Tour nord

Elle fut construite à la fin du XIII siècle dans le style gothique. Elle se distingue par les proportions imposantes de ses baies flamboyantes.

Bâtiments conventuels

(MH) Les logis conventuels ont été construits par les maristes aux XVII et XVIII siècles, sur l'emplacement des premiers bâtiments médiévaux dégradés depuis la guerre de Cent Ans, dont seules les parties basses et les caves voûtées ont été conservées. Les voûtes et les chapiteaux à colonnettes des anciens celliers (MH), vestiges du XIII siècle, témoignent encore de la sculpture gothique de cette époque. Malgré la transformation et le percement des façades après la vente des bâtiments à la révolution française, la composition architecturale de la fin du XVII et du début du XVIII siècle reste lisible.Les bâtiments conventuels sont les derniers à avoir bénéficié d'un classement en monument historique, par arrêté du 12 septembre 2006.

Parc

Un jardin conservatoire des espèces potagères, d'une surface de 600 m², a été installé dans ce qui reste du parc de l'abbaye, côté sud.