Abbaye de Silly-en-Gouffern

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Introduction

Abbaye de Silly-en-Gouffern
Latitude

Longitude
PaysFrance
RégionBasse-Normandie
DépartementOrne
VilleSilly-en-Gouffern
CulteCatholique romain
TypeAbbaye
Localisation

L’abbaye de Silly-en-Gouffern, ou abbaye Notre-Dame de Silly, était une abbaye qui fut fondée par les prémontrés avant 1151, en Normandie.

Histoire

Située entre les deux parties actuelles de la forêt de Gouffern, l'abbaye de Silly-en-Gouffern fut fondée avant 1151 par un gentilhomme angevin au service de l'impératrice Mathilde, le chevalier Drogon, « qui s'y fit chanoine et y mourut ».

L'abbaye de Silly est mentionnée dans de nombreuses chartes des XII et XIII siècles, dans lesquelles elle est appelée abbaye de Sainte-Marie de Gouffer (ou Gouffern). Elle fut très richement dotée dès l'origine, par l'impératice Mathilde, puis par son fils Henri II et son petit-fils Richard Cœur de Lion, ducs de Normandie et rois d'Angleterre, et ensuite par Philippe le Bel, roi de France.

En 1187, une colonie de chanoines de l'abbaye de Silly allèrent fonder l'abbaye de l'Isle-Dieu près de Rouen.

L'abbaye de Silly dépendait de l'évêché de Séez, et c'est d'ailleurs là que se fit enterrer, en 1228, l'évêque de Séez Gervais I de Chichester, également abbé-général des Prémontrés.

Au cours de la guerre de Cent Ans, l'abbaye fut détruite par les anglais. Elle fut reconstruite à partir de 1386.

En 1630, les religieux embrassèrent la réforme de l'ordre des Prémontrés, dite aussi « Réforme de Lorraine » ou de « l'antique rigueur », consistant à ramener les Prémontrés à l'observance (de la règle) primitive du XII siècle, équivalent chez les Prémontrés du mouvement de « l'Étroite observance » dans l'Ordre cistercien.

En 1759, M. Drouet indique à l'article « Silly » de sa version du Grand dictionnaire historique, réédition augmentée de l'ouvrage de Louis Moreri (1643-1680) dans lequel cet article n'existait pas : « Les religieux, qui y sont toujours au nombre de douze à quatorze, se proposent de renouveler entièrement leurs bâtiments, en très mauvais état, et ils ont déjà commencé. »

L'abbaye fut en grande partie détruite à la Révolution. L'église abbatiale Notre-Dame, avec nef servant d'église paroissiale Saint-Laurent, avait été décrite en 1701 : construite en carreau de Fel, avec chœur vouté, longue de 135 pieds, large de 53, avec clocher à 4 cloches. Elle fut détruite à la Révolution et reconstruite sur un plan réduit après 1806. Les bâtiments conventuels furent détruits. Il reste toutefois un logis abbatial remanié portant la date 1731.

Plusieurs évêques de Séez et plusieurs princes de sang furent enterrés à l'abbaye de Silly.

Abbés de Silly

Au cours des siècles, on sait qu'au moins 45 abbés se sont succédé à l'abbaye de Silly.

On compte parmi eux, successivement :

  • Alain, premier abbé qui sortait du chef de l'ordre des Prémontrés.
  • Richard de Pelvel, visiteur de la province de Normandie (en 1320).
  • Jean Ier (en 1386), qui commença la reconstruction de l'abbaye.
  • Jean III Le Cordier (en 1420), originaire d'Exmes.
  • Guillaume Le Cordier (pendant 19 ans, jusqu'en 1444), qui fut transféré à l'abbaye de Saint-Martin-de-Séez.
  • Jean IV Le Cordier, frère du précédent, qui passa ensuite à l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives.
  • Maurice de Magny, de 1454 à 1480.
  • Guillaume VI Paris, dernier abbé du monastère composé de chanoines réguliers, décédé en 1545.
  • Louis de Bailleul, doyen de Lisieux et abbé de Lonlay, qui assiste en 1576 à l'échiquier d'Alençon. (33e abbé)
  • Nicolas Le Forestier, dominicain, confesseur du duc d'Alençon. (34e abbé)
  • Thomas Loisel, chanoine de Carrouges. (35e)
  • Jean le Veneur, fils de Jacques le Veneur, comte de Tillières, qui était aussi abbé de Fontaine-Daniel, et qui réforma Silly en 1614. (36e)
  • Jacques le Veneur, frère du précédent, qui fut nommé abbé commendataire de Silly, et se retira en 1637 au profit de son neveu. Il était aussi abbé des abbayes de Fontaine-Daniel, de Fontaine-le-Comte et de Ferrières, conseiller et aumônier du roi, comte de Carrouges et baron de Beauvais et de Bécon. (37e)
  • François le Veneur, fils de Tanneguy II, comte de Tillières, également abbé commendataire de Fontaine-Daniel et de Fontaine-le-comte, mort en 1667. (38e)
  • Henry Du Mont, maître de la musique du Roy, abbé de Silly de 1667 à 1684. (39e)
  • Bertrand de Bortaris de Tournefort, nommé en 1684. (40e)
  • Dominique Barnabé Turgot, évêque de Séez, en 1727, décédé la même année. (41e)
  • Louis François Néel de Christot, à partir de 1728, date à laquelle il était conseiller-clerc au parlement de Normandie et vicaire-général de Rouen. (42e)
  • M. du Barail, aumônier du Roi, nommé en 1733. (43e)
  • M. de Pradel, aumônier de Monsieur, à partir de 1776. (44e)
  • M. Hennebert, chapelain ordinaire de Madame, à partir de 1783. (45e)

L'abbaye aujourd'hui

Les vestiges de l'abbaye figurent à l'inventaire général du patrimoine culturel français. Ils sont constitués d'une église (reconstruite en 1806 sur un plan réduit), d'une grange, d'un logement abbatial remanié portant la date 1731, d'une croix monumentale du XVIII siècle de 6,45 m de haut, d'une fontaine datant de l'antiquité, restaurée en 1897, et d'une cour.

Divers objets figurent aussi à cet inventaire, dont :

  • un ensemble classé Monument historique constitué du retable de l'abbatiale de Silly-en-Gouffern exécuté par Jacques Restout de 1684 à 1686 et remonté dans l'église paroissiale lors de sa reconstruction au tout début du XIX siècle, d'un autel et d'un tabernacle, ces deux derniers étant du premier quart du XIX siècle.
  • 4 vitraux fin XIX siècle, du peintre-verrier Henri Dumont, inscrits Monuments historiques.

L'église sert toujours aujourd'hui en tant qu'église paroissiale de Silly-en-Gouffern.

Autre abbaye de Gouffern

L'abbaye de Silly, ou abbaye de Silly-en-Gouffern, ne doit pas être confondue, ainsi qu'elle l'est parfois, avec l'abbaye de Saint-André-en-Gouffern, parfois appelée « abbaye de Gouffern », qui se situe sur la commune de La Hoguette, dans le Calvados près de Falaise, jusqu'où s'étendait jadis la forêt de Gouffern. L'abbaye de Saint-André-en-Gouffern fut fondée en 1130 ou 1143 par Guillaume de Ponthieu, qui s'y fit enterrer.