Architecture
Plan bénédictin
Le plan est en grande partie déterminé par la nécessité liturgique. L’église doit être fonctionnelle. Un vaste chœur et la partie centrale du transept permettent de rassembler toute la communauté : la nef accueille la population et les pèlerins. L’autel est placé dans le chœur. De part et d’autre de l’abside, les absidioles abritent des chapelles. Les bas-côtés et les bras du transept sont disposés de manière à ordonner de déroulement des processions et le cheminement des pèlerins vers les reliques. Le plan est aussi symbolique. En forme de croix, il évoque la mort du Christ et contient une image de l’homme : les bras ployés dans le transept, le chœur au point central, sa tête est orientée à l’est, vers le soleil levant qui dissipe les ténèbres de la nuit.
Ici, les désaxements sont dus sans doute aux vestiges gallo-romains qui ont gêné les constructeurs romans. Quant à l’intérieur de l’église, il a été gravement défiguré par les restaurations, mais un mobilier remarquable y est encore conservé. Une grande partie de l’édifice a perdu son aspect roman. Cependant, le chevet, construit en deux étapes, est entièrement de cette période. Quant au portail nord, il est un peu plus tardif, de la fin du XII siècle.
Église
L’absidiole sud, datant du XI siècle, est la partie la plus ancienne de l’église qui est remarquable extérieurement, par son aspect composite – le transept doté au sud d’un pignon gothique a l’allure d’une seconde église, transversale – et par les beaux tons roses des pierres du chevet. À l’intérieur, derrière le maître-autel, se présente une vaste mosaïque du XI siècle : le décor du panneau central, oiseaux et scènes de chasse, rappelle certains motifs de l’art hispano-arabe du Moyen Âge.
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Le maître-autel, de la forme d’un tombeau, date de 1784 et provient de l’atelier des frères Mazzetti. Il est fait de dix sortes de marbres polychromes. L’œuvre est tardive mais très soignée.
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La stalle des moines date du dernier quart du XVIII siècle. Elle fut démembrée au XIX siècle et dispersée dans l’église.
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Un ensemble de trois clôtures basses en fer forgé, datant du dernier quart du XVIII siècle, servait de table de communion.
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Une crédence (table où l’on pose les objets nécessaires au culte) en fer forgé date de la même époque.
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Une statue de la Vierge à l'Enfant en bois date sans doute du XVIII siècle mais est recouverte d’une polychromie récente.
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La dalle funéraire de l’abbé Vincent de Caste est faite de marbre blanc. En 1679, il affilia l’abbaye à Saint-Maur et rédigea peut-être son histoire en 1677.
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La chaire à prêcher du XIX siècle en chêne est de style néo-gothique.
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Un sarcophage monolithe sans couvercle et découvert en 1960 lors de fouilles se présente devant le portail septentrional.
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La sacristie présente un mobilier en chêne datant du dernier quart du XVIII siècle : meubles fixes, porte, cheminée, réunis entre eux par un haut lambris.
Logis des Abbés
Le bâtiment, flanqué d’une tour d’escalier polygonale, fut construit sur les ruines de thermes romains des III et IV siècles. D’une galerie d’observation intérieure, la vue plonge sur les restes du système hypocauste et sur de très importants fragments de mosaïques.
Monastère bénédictin
Des autres bâtiments abbatiaux détruits pendant les guerres de religion, restaurés au XVIII siècle, ne subsistent que des pans de murs envahis par la végétation. De la terrasse et de la galerie, belle vue sur le gave d’Oloron.
Un évangile de pierre
La sculpture participe aux récits des prédicateurs qui en utilisent les symboles et les figures allégoriques pour évangéliser la population. Dans ces évangiles de pierre, les croyants, ne sachant pas lire le latin, s’initient à l’Ancien Testament et à la vie de Jésus.
Malgré les réfections des peintures au XIX siècle, quelques sculptures du XII siècle ornent encore l’arc d’entrée des absidioles. Ce sont quelques frises de billettes mais surtout de quatre chapiteaux fortement restaurés. La plupart des têtes notamment sont en plâtre. Malgré les restaurations, le style rappelle le chapiteau de la décollation de saint Jean-Baptiste à l'abbaye de Saint-Sever.
Dans l’absidiole nord, il y a opposition entre une scène de la passion du Christ et l’évocation de son triomphe. Au nord, c’est l’Arrestation du Christ, mains liées, tenu par un soldat, en présence de Judas et d’autres soldats. En haut du tailloir orné de palmettes, une inscription facilite l’interprétation. Au sud, le triomphe du Christ est évoqué par celui de Daniel dans la fosse aux lions, bénissant le Livre. La aussi, en haut du tailloir où une tête renversée crache des rinceaux, on voit un texte explicatif.
Dans l’absidiole sud, deux scènes de l’enfance du Christ ornent les chapiteaux. Au sud, la Vierge, encadrée par des anges, sert de trône de majesté à l’Enfant Jésus. Le tailloir est décoré de rinceaux. Au nord, c’est la présentation au temple : la Vierge remet l’Enfant Jésus emmailloté au vieillard Siméon agenouillé pendant que deux anges les poussent l’un vers l’autre. Les colombes rappellent l’offrande faite au temple. Le tailloir porte des masques crachant des rinceaux.
Les mosaïques
L’art au Moyen Âge proposait une vision colorée de l’intérieur et même parfois l’extérieur des églises : pavements en mosaïque, peintures murales et vitraux polychromes. La mosaïque fut en particulier très utilisée par les romains puis par l’art byzantin et enfin par l’art roman.
Situées derrière le maître autel, les mosaïques de l’abbaye datant de la fin du XI siècle et du début du XII pavaient entièrement l’abside, tout comme à Saint-Sever. Elles avaient dû être dissimulées au XVII siècle et furent redécouvertes à l’occasion de réparations en 1869.
Elles sont composées de huit panneaux inégalement restaurés. Cinq d’entre eux comportent des variations sur les thèmes des rinceaux de feuillages – tels les acanthes ou la vigne – ou bien des cercles contenant des fleurs. Sur un panneau, des rectangles remplis de nœuds d’entrelacs sont entourés d’une tresse. Un autre est composé d’une grande rosace géométrique, formée à partir de cercles et de demi-cercles, délimitant quatre compartiments garnis de groupes d’animaux : deux paires de félins dos à dos, les queues entrelacées, une paire d’aigles aux ailes déployées et un chien poursuivant un lièvre.
Il est probable que les mosaïques de Sorde et de Saint-Sever proviennent du même atelier. La technique et la composition sont identiques et les thèmes semblables, imitation de motifs antiques. Elles s’apparentent également à celles de Lescar, Moissac et Layrac.