Après s'être intéressé à l'adhérence d'un convexe, il est naturel d'examiner son intérieur. Or il apparaît ici une désagréable dissymétrie : alors que le remplacement d'un convexe C par son adhérence conserve une partie significative de l'information sur la forme de celui-ci (ainsi, du moins en dimension finie, l'adhérence n'est qu'exceptionnellement l'espace ambiant E tout entier, en fait dans le seul cas dégénéré où C = E) le remplacement par l'intérieur peut effacer toute information (l'intérieur étant souvent vide).
On a le choix entre deux solutions, plus ou moins adaptées selon le cas, pour contourner cet obstacle : l'une est de se restreindre dans les énoncés à des convexes dont l'enveloppe affine est l'espace ambiant tout entier —mais dans certains contextes, ce n'est guère pratique, par exemple si on veut évoquer les faces d'un polyèdre— ; l'autre est d'introduire un vocable supplémentaire :
Définition — L'intérieur relatif d'un convexe non vide C dans un espace vectoriel topologique E est l'intérieur de C relativement au sous-espace affine engendré par C.
Comme pour l'adhérence, on a :
Proposition — Dans un espace vectoriel topologique, l'intérieur et l'intérieur relatif d'un convexe sont convexes.
En dimension finie tout au moins, et contrairement à l'intérieur, l'intérieur relatif d'un convexe non vide n'est jamais vide :
Proposition — En dimension finie, l'intérieur relatif d'un convexe C non vide n'est pas vide, et a la même dimension que C.
En guise de résumé de cette section, on peut faire un bilan rapide, C désignant un convexe non vide d'un espace affine réel E de dimension finie, on a l'alternative suivante :
- ou bien dimC=dimE, dans lequel cas intérieur et intérieur relatif sont un même convexe, qui engendre affinement E ;
- ou bien dimC<dimE, dans lequel cas l'intérieur ordinaire est vide, mais l'intérieur relatif est lui un convexe non vide, qui engendre affinement le même sous-espace affine que C.