En géométrie, un objet est convexe si pour toute paire de points { A , B } de cet objet, le segment [AB] qui les joint est entièrement contenu dans l'objet. Par exemple, un cube plein, un disque ou une boule sont convexes, mais un objet creux ou bosselé ne l'est pas.
Un objet est concave s'il est le complémentaire d'un objet convexe.
Cette notion concrète a été généralisée dans le cadre des espaces vectoriels et a débouché en analyse sur la notion de fonction convexe.
Le terme convexe est également utilisé :
en optique. Voir à ce sujet l’article sur les lentilles.
en finance. Voir à ce sujet l’article sur le gamma et la convexité.
Ensemble convexe
Une partie convexe.
Une partie non convexe (localement concave).
On désigne ici par E un espace vectoriel réel ou complexe. On définit la notion de convexité pour des sous-ensembles de E.
Quels que soient x et y éléments de E, on appelle segment d'extrémités x, y le sous-ensemble de E ainsi défini :
[x,y]={z∈E/∃t∈[0,1],z=tx+(1−t)y}
Un sous-ensembleC de E est dit convexe si, pour toutx et y dans C, [x,y]⊂C. La partie vide est convexe.
Plus généralement, soit un système {v1,v2,…,vp} de vecteurs de E. Un vecteur w de E est une combinaison convexe de ces vecteurs s'il existe p réels positifs ou nulsλ1,λ2,…,λpde somme égale à 1 tels que w=∑k=1pλkvk.
Un sous-ensemble de E est convexe si et seulement s'il est stable par combinaison convexe, c'est-à-dire que toute combinaison convexe de vecteurs de C appartient à C. Cette caractérisation se démontre par récurrence sur le nombre de vecteurs.
Propriétés élémentaires
Une partie convexe est connexe.
L'intersection d'une famille quelconque de sous-ensembles convexes de E est un sous-ensemble convexe de E. Ce n'est pas le cas en général pour une réunion.
Si C est un ensemble convexe, il en est de même de son adhérence et de son intérieur.
Enveloppe convexe
Étant donnée une partie quelconque A de E, il existe au moins un sous-ensemble convexe de E contenant A, à savoir E lui-même ; alors on peut définir l'enveloppe convexe Conv(A) de A : c'est l'intersection de tous les sous-ensembles convexes de E contenant A.
C'est donc le plus petit sous-ensemble convexe de E contenant A, caractérisé par les deux propriétés suivantes :
Conv(A) est convexe et A⊂Conv(A) ;
si C est un sous-ensemble convexe de E contenant A, alors Conv(A)⊂C.
Si x, y sont deux points de E, l'enveloppe convexe de la paire {x, y} est le segment [x, y].
**L'enveloppe convexe d'un ensemble A est l'ensemble des combinaisons convexes de A. **
Démonstration Soit B l'ensemble des combinaisons convexes de A. Toute combinaison convexe de A appartient à Conv(A) (cf. ci-dessus). Donc B⊂Conv(A). D'autre part l'ensemble de toutes les combinaisons convexes de A est un convexe (facile) contenant A et donc Conv(A). Ainsi Conv(A)⊂B. Donc B=Conv(A).
Théorème
L'enveloppe convexe d'un ensemble A équilibré est équilibrée
**Démonstration **Soient {v1,v2,...,vp} une partie finie de A et λ un scalaire vérifiant ∣λ∣≤1. Tout w∈Conv(A) s'écrit w=∑k=1Nαkvk avec αk≥0et ∑k=1Nαk=1. Alors λw=∑k=1Nαkλvk. Mais pour tout kλvk∈A puisque A est équilibré. Il en résulte immédiatement que λw∈Conv(A).
Exemples
Les sous-ensembles convexes de l'ensemble R des nombres réels sont les intervalles de R.
Étant donnés n intervalles I1,…,In de R, leur produit cartésienI1×⋯×In est un sous-ensemble convexe de Rn.
Dans un espace vectoriel (réel ou complexe), tout sous-espace vectoriel est convexe ; il en est de même de tout sous-espace affine.
Dans un espace vectoriel normé (réel ou complexe), toute boule est convexe, qu'elle soit ouverte ou fermée.
Jauge d'un ensemble convexe
Soit K une partie convexe de E contenant l'origine. On appelle jauge de K (relativement à l'origine) la fonction pK de E dans R+∪{+∞} définie par
(ii):Soient 2 vecteurs u et v quelconques. Le résultat est évident si pK(u)=+∞ ou pK(v)=+∞
Sinon: α≥pK(u) équivaut à α−1u∈K β≥pK(v) équivaut à β−1v∈K . En utilisant la convexité, la conjonction de ces 2 propositions entraîne: (α+β)−1(u+v)=α+βαα−1u+α+βββ−1v∈K, ce qui équivaut à α+β≥pK(u+v). Donc pK(u+v)≤infα≥pK(u)α+infβ≥pK(v)β=pK(u)+pK(v)
Théorème
**Si l'espace E est réel, la jauge d'un convexe symétrique K (par rapport à 0) et absorbant est une semi-norme sur E. **
**Si l'espace E est complexe, la jauge d'un convexe K équilibré et absorbant est une semi-norme sur E. **
Démonstration Tout d'abord K étant absorbant il en résulte immédiatement que ∀v∈EpK(v)<+∞. De plus, en utilisant le théorème précédent il suffit de vérifier que ∀λ∈KpK(λv)=∣λ∣pK(v)
Si l'espace E est réel, la symétrie de K montre immédiatement que pour λ<0pK(λv)=−λpK(v)=∣λ∣pK(v).
Si l'espace E est complexe.
Ecrivons λ=∣λ∣eiθ . K étant équilibré, pour tout μ>0μ−1∣λ∣eiθv∈K équivaut à μ−1∣λ∣v∈K puisque ∣eiθ∣=∣e−iθ∣=1. Il en résulte l'égalité des bornes inférieures, c’est-à-dire pK(λv)=pK(∣λ∣v)=∣λ∣pK(v).
Projection sur un convexe fermé d'un espace de Hilbert
Soient H un espace de Hilbert sur R ou C et M un ensemble convexe fermé (non vide) de H. Si v désigne un vecteur quelconque de H, le problème minw∈M∣v−w∣ admet une solution unique w∗. On note alors ∃!w∈M∣v−w∣=minw∈M∣v−w∣.
Cette solution est caractérisée par l'inéquation variationnelle :
∀w∈MRe(w−w∣v−w)≤0
De plus la projection : pM:v⟶w∗ est 1-lipschitzienne et par conséquent uniformément continue.
Articles de mathématiques en rapport avec la convexité